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temporaine et celle du passé concourent également à la détruire. C'est, en effet, la foi religieuse qui communiciue aux races les plus robustes la sève et la vie dont nous les voyons animées. C'esfr elle qui inspire aux Russes, nonobstant l'infériorité intellectuelle et morale de leur clergé, cette sérénité dans la souffrance et cette résignation devant la mort, qui est le trait le plus remarquable du caractère moscovite. En inculquant au peuple le respect de l'autorité paternelle; elle le façonne à la discipline et le rend apte aux grandes entreprises de la conquête et de la colonisation.
L'Angleteri'e est trop politique pour n'être pas religieuse. Ce sont avant tout, peut-être, les considérations temporelles qui l'attachent au chr-istianisuie. 11 y passe' universellement pour le fondement "de la vie privée et le principe de la stabilité publicpie. Intolérantes au xvi^ siècle, devenues sceptiques vjers la fin du xvii^ sïèclc et pendant tout le siècle suivant, les classes dirigeantes se sont peu à peu réformées. Grâce à l'esprit positif qui les distingua toujours, elles comprirent, à la vue des maux déchaînés par la Révolution française, les périls ciuo l'irréligion fait courir à l'ordre social , D'autre part, bien qu'elles aient maintenu l'union de rÉglise et de TÉtat, le sentiment des conditions nouvelles qu'exigeait le soin de la paix publique leur conseillait la tolérance. L'émulation c[ue celle-ci a suscitée entre les diverses conununions
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chrétiennes n'a pas été stérile : dissidents, catholiques, fidèles de l'Église établie ont redoublé d'efforts et de générosité pour gagner les âmes. Enfin, mieux que tous leurs l'ivaux, les Anglais ont su concilier la religion et la science, respecter la Bible en même temps qu'ils mutipliaient chez eux la richesse et qu'il."! se répandaient au loin sur le globe pour Tassujettir et le transformer.
Intolérante en Russie, tolérante mais liée a l'État en Angleterre, la religion, sous le drapeau étoile de l'IJnion américaine, ne possède et ne réclame que la liberté. Sans doute le temps n'est plus où Tocqueville écrivait que si « la loi permet au peuple américain de tout faire, la religion l'empêche de tout concevoir et lui défend de tout oser » (1), mais, puisque l'affaiblissement de celle-ci a marqué le déclin des mœurs, elle a démontré par là même l'utilité bienfaîsant-e de son action. Encore aujourd'hui, d'ailleurs, elle est, aux États-Unis, la seule souveraineté qui fasse ' contre-poids à celle -de l'or. Les catholiques, entre tous, stimulés par leur petit npmbre et préservés de l'alliance compromeltante des pouvoirs publics, y fourjiissent de beaux modèles de ferveur évangélique et de dévouement à la patrie. Le même spectacle nous est offert par le Canada, où le clergé seconde la population de toute sou énergie, pour défendre
(1) Tocqueville, La démocralic en Amérique, I, cii. .VYII.