XXVIII INTRODUCTION
la foi, la Jongue et les mœurs de la vieille France.
La France contemporaine présente un tableau bien différent. Loin d'y considérer la religion comme la base indestructible de l'ordre social, on l'y regarde trop souvent comme une institution surannée. Déjà, sous les derniers Valois, l'hoi'reur des guerres civiles, qui s'autorisaient de son nom, la corruption de la cour, de la noblesse et du clergé avaient frayé les voies au scepticisme de Montaigne et de Charron. Henri IV et Louis XIII, par la sagesse de leur gouvernement et par la pratique de la tolérance, restaurèrent l'influence amoindrie du christianisme. Alors s'épanouit, avec une vigueur incomparable, le génie religieux de notre race ; alors brillèrent les Du Perron, les François de Sales, les Jeanne de Chantai, les Olier, les Vincent de Paul, les Pascal, les Nicole, les Arnault, les Bossuet, les Fénelon. Louis XIV dissipa ce magnifique héritage. Gâtées par l'exemple du souverain et par le séjour de Versailles, les mœurs de la noblesse ne connurent plus de frein. La révocation de l'édit de Nantes, en affranchissant les catholiques d'une émulation salutaire, refroidit leur zèle. Le gouvernement et le clergé s'entendirent pour étouffer tout murmure, et si le ressort de l'esprit national préserva la France de l'abaissement où tombèrent l'Espagne et l'Italie, il ne put empêcher les caractères de fléchir et les