‹ Économie socialeChapitre 21 sur 82 · INTRODUCTIO.N. XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTIO.N. XXXIII

(l'aînesse réservnit pour un seul (1). Mais il entraîne, en outre, une foule de nihux qui lui sont propres. Le père de famille prévoit que son œuvre ne lui survivrst- pas, que l'industrie ou le (îoinmerce qu'il a créé sera liquidé le lendemain de sa mort, que le champ «i* qu'il a cultivé de ses mains sera vendu pour • être partagé, sous forme d'argent, entre ses héritiers. Il ne connaît plus le sentiment si doux et si fort à la fois qui inspira le vers charmant du poète : Mes arrière-neveux me devront cet ombrage; car vraisemblablement cet ombrage abriterait des étrangers. Qu'arrive-t-il alors bien souvent? C'est cju'il se décourage et ne plante pas. Rien de stable, en»effet, rien de colitinu dans l'eû'ort des générations. Du monument que chacune élève, la suivante ne recueille que les débris, et tDut est sans cesse à recommencer. Nul moyen d'échapper à cette ruine périodique, que par la stérilité relative des mariages, c'est-à-dire, si l'on se place au point de vue moral ou national, par un mal pire encore. Plus de traditions, puisque la mort, eu dispersant les familles, rompt les liens qui les attachaient au sol. Plus d'initiatives, car, chacun comptant sur la succession paterneUe, le riche ne travaillera guère, et l'héritage, trop faible pour nourrir le pauvre, suffira souvent pour le

(1) « Le droit tl'ainesse, disait Jolmson, a l'avautage de ne l'aire qu'uu sot par famille. »

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