INTRODUCTION , XLIII
elle-même demande à h'aute voix l'abrogation (1). Si grande que soit la mission de la femme, -celle du père l'est plus encore. Elle ne dérive pas des lois, elle leur est antérieure. Chargé de continuer l'œuvre de la création en reproduisant le seul être qui ait le sentiment de l'ordre moral et qui s'élève à la connaissance de Dieu, le père se trouve investi de la plus haute fonction sociale. AIais,pour qu'il soit en état de la remplir parfaitement, de protéger sa femme, de pour-
(1) « Le jury de Seine-et-Oise a acquitté une jeune servante de di\-l)uit ans, E... P..., qui, séduite par le fils d'un charcutier de Sèvres, R... L..., et abandonnée par son amant, enceinte, sans place et sans ressources, Ct feu sur lui un jour de marché...
M. le procureur de la République Chrolieu s'était, pour ainsi dire, associé à la défense en protestant contre la théorie qui prête au ministère public le rôle d'accusateur quand même... « 11 est regrettable, dit ce magistfat, que nos lois ne permettent pas, comme eu Angleterre et eu Allemagne, aux jeunes filles aussi odieusement abandonnées, de s'adresser à la justice pour obtenir une réparation pécuniaire u.
L'auditoire a applaudi, et E... P... a été mise sur-lechamp en liberté. »
(Journal des Débats, n' du 26 avi-il 1890.)
L'Académie de médecine, se plaçtînt à un autre point de vue, vient, à la suite d'une longue délibération, de .voter les conclusions que voici : «L'Académie appelle tout d'abord l'attention des pouvoirs publics sur celles de nus dispositions législatives qui peuvent entraver l'essor de notre population, en favorisant les restrictions volontaires qui diminuent notre natalité. Elle signale plus particulièrement celles qui concernent la trans/nission de la propriété, la réartition des impots ct la recherche de la palcrnite. » (Séance du 17 mars 1891.)