‹ Économie socialeChapitre 32 sur 82 · LU INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU INTRODUCTION

par une année d'inspecteurs, c'est pure chimère. Ce que l'État ne saurait accomplir, l'association ouvrière parviendra-t- elle à le réaliser? 11 n'est pas question d'examiner si celle-ci, sous quelque forme qu'elle se présente, sociétés de secours mutuels, sociétés coopératives de production ou de consommation, syndicats professionnels, etc,, doit rendre, dans certains cas; aux ouvriers de très utiles services. Nul de l'a jamais mis en doute. 11 s'agit de savoir si l'association est appelée à transformer le régime industriel et à y prendre, dans l'avenir, la place de l'action individuelle et du patronage. On l'a espéré, en France, après la révolution de 1848. On se prit à rêver alors la dépossession des patrons par des communautés d'ouvriers. L'Assemblée constituante affecta une somme de 3 millions à la dotation d'associations ouvrières. 11 s'en fonda de la sorte cinquante-six, dont trente à Paris, avec l'aide de l'État. Presque toutes échouèrent ; en 18G4, elles étaient réduites au nombre de six; quelques autres s'étaient établies à côté d'elles par leurs seules ressources, mais celles-ci comme celles-là ne pouvaient vivre qu'en salariant des auxiliaires étrangers, c'est -à-dire en dérogeant aux principes du régime qu'elles se flattaient précisément de substituer au patronage (1).

(1} D'après une statistique produite par M. d'Haussou- \iUe daus la Revue des Deux Mondes {Le Combat contre la misère), il existait, en 1885, à l'aris 74 sociétés coopératives de production, comprenant 4,930 membres. Toutes

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