‹ Économie socialeChapitre 36 sur 82 · LVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVIII INTRODUCTION

bien paternel est divisé, et chaque famille essaie ■de vivre sur la parcelle qui lui est échue, mais celle-ci ne produisant pas la subsistance nécessaire, rémigration dev-ient tôt ou tard inévitable. On s'embarque alors pour l'Amérique sans argent et sans appui, car ceux qui restent ne sont guère moins malheureux que ceux qui sen vont. CVst rémigration pauvre; c'est la misère au-delà de l'Atlantique comme dans la mère patrie.

11 y a, au contraire, d'autres régions de l'Allemagne, telles que le Hanovre, où les tra- <litions ont perpétué le régime de la transmission intégrale. Là, l'émigration ne suit pas le l)aupérisme, elle le prévient. Tous ceux qu'attire la vie active quittent le pays, munis, par la partie de la famille • que l'exploitation du domaine a retenue, des ressources indispensables pour s'établir au loin. C'est l'émigration riche, -et la foi'tune du colon généralement assurée.

Quant à la France, elle s'est assujetti en Afrique et en Asie de vastes territoires, mais, si elle est assez forte pour conquérir, une cause particulière seuible la rendre impuissante à coloniser. Et pourtant il ne saurait être question d'uue incapacité organique. Ce sont nos hardis normands qui, du xvi" au xviu<= siècle, occupèrent le Canada, la Louisiane et les Antilles. D'où vient donc qu'ils ont perdu l'aptitude qui ilistinguait leurs pères et que les Anglais, issus de la même souche, ont conservée?

Page 1