‹ Économie socialeChapitre 37 sur 82 · INTRODUCTION. LIS · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LIS

La réponse est bien simple. S'ils ont cessé de coloniser, c'est principalement parce C[u"ils ont cessé de se multiplier. Ils sentent que le régime du pai'tage forcé les oblige de choisir entre une famille nombreuse et l'aisance; ils préfèrent l'aisance, et, tandis que, chez leurs descendants du Canada, la population double tous les vingtcinq ans, les statistiques attestent qu'elle diminue au pays d'origine. Ce qui est vrai de nos provinces normandes s'applique jilus ou moins à la France entière. La colonisation languit, faute d'émigrants ; l'émigration est faible, parce que la population ne s'accroît C{ue d'une manière insignifiante; le nombre des naissances diminue'parce que notre loi successorale pousse à le restreindre, et, comme il est naturel, la même cause qui ralentit à l'intérieur le développement de la famille arrête au dehors l'expansion de la race (1).

(1) «De tous les témoignages accusateurs de notre état social, la statistique des naissances est le plus écrasant... La cause primordiale de l'arrêt de la population n'est pas à chercher, elle est évidente. Avant 1789, les familles étaient aussi nombreuses en France qu'ailleurs. Dans sou grand ouvrage de V Ailministratioa (Us financi's, pul)lié en Î7t<4, Necker évalue à 182,000 l'excédent annuel des nais- 'sances sur les décès; c'est à peu près la proportion conservée par les principaux États européens, et que nous avons perdue. Le fait ineontcstaljle, c'e.st que la France, avant le partage égal, suivait une progression régulière, et que sa population n'a cessé de croître normalement que depuis lu partage égal. S'il n'y a pas l.'i une co'i'ncidence équivalant à la certitude mathématique, il faut avouer qu'elle on

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