‹ Économie socialeChapitre 4 sur 82 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

Lanjuinais. Ils convinrent que Le Play fournirait les éléments de la réforme, mais demeurerait étranger à la politique proprement dite ; il comptait, en effet, aussitôt sa lâche accomplie, reprendre sa liberté d'action pour travailler à l'achèvement d'un ouvrage considérable qu'il avait déjà poussé fort loin, et qu'il devait intituler : L'art métallique au xix" siècle.

Sur ces entrefaites éclata la révolution du 24 février 1848; quelques mois après, les barricades se dressaient de nouveau et le sang coulait à flots dans Paris. Le Play comprit alors les salutaires avertissements qu'apportent avec elles de grandes catastroi^hes nationales. » Le mouvement d'union le plus admirable que j'aie observé dans mon pays, écrit-il, se produisit spontanément à ce terrible spectacle (1). » Les faits, en confirmant ses prévisions, prêtaient à sa parole un surcroît d'influence. Ses amis des divers partis politiques se resserrèrent autour de lui. Montalembert, Lanjuinais, François ^Arago, Jean Reynaud, Thiers avec plus d'insistance encore que tous les autres, l'adjurèrent d'abandonner définitivement la chaire de métallurgie qu'il occupait à l'École des mines, pour se dévouer exclusivement à l'œuvre du salut public. Ils réclamèrent de lui, non plus seulemcut qu'il leur procurât les matériaux de la réforme sociale, mais qu'il en exposât les condilions dans un livre f|ui porterait sa signature. C'était un chan-

(l) Lea Ouvriers européens, 2' édition, I, 4:!1.

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