XII INTRODUCTION
Les situations élevées qu'occupa Le Play ne le détournèrent en aucune façon du plan de réforme qu'il s'était tracé. Elles lui procui'aient, au contraire, par l'influence qu'elles lui permettaient d'exercer, de puissants moyens d'en préparer l'application. C'est ainsi qu'en 18G7, commissaire général de cette Exposition universelle où la savante beauté de l'ordonnance l'avit tous les regards, il conçut et réalisa la noble pensée de mettre sous les yeux de ce grand public, trop enclin à s'oublier dans l'admiration des merveilles de l'industrie, un objet plus digne encore de captiver son intérêt : à savoir, la condition matérielle et morale des hommes qui les avaient produites. Sur sa proposition, un nouvel ordi'e de récompenses fut institué en faveur des ate-
prince, dont les questions sociales excitèrent toujours la sollicitude, avait lu les Ouvriers européens et on avaitrecoramandé l'étude à ses familiers. Il e^saya même à plusieurs reprises de seconder les efforts de Le Play. Eu 1858, appuvé par M. de Morny, il fit au Conseil privé une déclaration favorable à, la liberté testamentaire. Sous son inspiration, un groupe de députés présenta au Corps législatif, en I860, une proposition tendant « à l'extension des droits du père de famille », qui réunit quarante-deux voix. Malheureusement le faible souverain se beurta toujours, sur ce point, à l'hostilité ou à l'inditlérence de son entourage. Il ne cessa du moins, jusqu'à sa cbute, d'inviter l'auteur des Ouvriers européens à tirer de ce gros volume, sous une forme plus accessible au public que celle d'un in-folio d'ailleurs très vite épuisé, les principes dont il aurait voulu faire le programme de son régne. C'est à celte pression bienveillante que siint dues la Réforme sociale, l'Organisation du travail, l'Orf/anisation de la famille.