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COMMENT SERA RESTAURÉ LE RESPECT DU PÈRE

Sous tous les régimes, chez toutes les races, les peuples qui ont montré, de nos jours, la plus grande force d'expansion ont fondé cette prospérité sur l'autorité paternelle. Ce fait est fort apparent, sous un dur régime de contrainte, chez les paysans russes ; il ne l'est pas moins, sous divers régimes de liberté, parmi les Anglais et les colonies anglo-saxonnes des deux hémisphères. Au contraire, les peuples qui voient décliner leur ascendant ont tous commis la faute d'amoindrir l'autorité des pères de famille.

11 est aisé de saisir ici le rapport immédiat qui existe entre le fait et la cause. Les enfants, nés

au sein d'une civilisation perfectionnée, ne sont pas plus enclins que ceux des races sauvages à gagner leur vie par le travail, ni à respecter la Coutume de l'atelier paternel. Abandonnés à leurs instincts naturels, ils tomberaient directement dans la situation de ces races dégradées. Mais il en est autrement quand les enfants sont soumis à la discipline de l'éducation. Il ne se montrent pas inférieurs à leur devanciers, si l'ignorance native et le vice originel ont été domptés en eux par l'amour et la sollicitude des parents, si l'action stimulante et répressive de ces derniers a été acceptée avec respect et obéissance. Mais ces sentiments ne sont pas non plus naturels à l'enfant. L'esprit de rébellion commence à poindre avec les premières lueurs de l'intelligence : il cède rarement à l'appel affectueux des parents ; presque toujours il doit être, une première fois, réprimé par un châtiment qui donne à l'enfant l'idée de sa faiblesse (1). Toutefois l'autorité du père, fondée d'abord sur un

(I) La folie est liée au cœur de l'enfant, et la verge de l'éducatiou l'en chassera. {Prou., xxii, 15.) - Henri IV écrivait à M°>' de Montglat, gouvernante du Dauphin, alors âgé de six ans : « Je me plains de vous, de « ce que vous ne m'avez pas mandé que vous aviez fouetté « mon fils ; car je veux et vous commande de le fouetter « toutes les fois qu'il fera l'opiniâtre ou quelque chose de « mal, sachant bien par moi-même qu'il n'y a rien au <i monde qui lui fasse plus de profit que cela : ce que je u reconnois par expérience m'avoir profité; car. étant de u son âge, j'ai été fort fouetté. »

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judicieux emploi de l'affection et de la force, ne reste durable que si elle prend bientôt pour bases la crainte de Dieu et les conseils de la raison. Tel est le cas des peuples prospères que je viens de citer. Chez eux, le i"^ commandement du Décalogue impose aux enfants le respect du père, comme un devoir qui assure le salut dans la vie future. En même temps la liberté testamentaire laisse au père l'autorité qui lui appartient ; et celui-ci en fait usage pour inculquer aux enfants cette conviction, que l'acquisition du bien-être est, dans la présente vie, subordonnée à l'accomplissement du devoir.

La prospérité d'un peuple est attaquée dans son principe même quand l'autorité des pères n'a plus cette double garantie. L'ancien régime eu décadence et la révolution, en détruisant les croyances et en abolissant le testament, ont causé à notre race un dommage qu'aucun effort n'a pu encore réparer. Pour reprendre le cours de ses hautes destinées, la France doit d'abord reconnaître le danger des passions et des préjugés qui l'égarent. Elle doit ensuite restaurer l'autorité paternelle, en lui donnant une double sanction : en pratiquant, dans l'ordre rebgieux, le 4" commandement; en restituant au père, dans l'ordre civil, la liberté testamentaire (I).

(1) L'article 371 du Code civil prescrit diins les termes suivants le respect de. l'autorité paternelle : « L'enfant, à. « tout âge, doit honneur et respect à ses père et mère. » Mais cette prescription n'est ici qu'un précepte de philoso-

d92 LE RETOUR AU BIEN, OU LA RÉFORME. COMMENT SERA RESTAURÉ LE RESPECT DE LA FEMME.

Le Décalogue prescrit par trois commandemeuts le respect dû au double caractère de la mère et de la femme. Chez les peuples prospères, ces prescriptions sont placées au premier rang des devoirs sociaux ; et elles ont également une double sanction, l'une religieuse, l'autre civile. Chez ces mêmes peuples, l'observation indique également un rapport immédiat entre la pratique du devoir et la prospérité publique.

Comme mère de famille, la femme contribue, autant que le père, à transmettre aux enfants les qualités physiques, intellectuelles et morales de la race. Il est même vrai de dire qu'à plusieurs égards elle remplit un rôle prépondérant dans l'œuvre commune de l'éducation. Cette supériorité est frappante en ce qui concerne l'enseignement de la langue maternelle, qui imprime à chaque race sou trait le plus caractéristique. Elle se trouve également dans cet ensemble d'habitudes que les enfants contractent au foyer domestique, et qui émanent de l'affectueux dévouement et delà grâce sans pareille de la femme.

phie : car clic est annulée, en fait, par les articles qui refusent au père le pouvoir d'assurer la conservation de la Coutume dans l'atelier de travail qu'il a fondé, et qui autorisent ses enfants à en dissiper la valeur en jouissances égoïstes.

A la vérité l'homme, comme chef de maison, doit donner à sa femme et à sa famille la direction indiquée par les rapports qui l'unissent aux autres familles, au gouvernement local, à la province et à l'État. Mais cette supériorité, qui est partout sanctionnée par la loi, a pour contre-partie dans les mœurs la'fiaute influence que la femme exerce parmi les grandes races européennes; et j'ai indiqué que cet ascendant règne chez notre race depuis un temps immémorial. Par l'attrait de sa grâce incomparable, la femme récompense, en choisissant sou époux, 'te talent et te vertu chez les jeunes homme? qui aspirent au mariage ; et elle préside ainsi, avec une sorte de souveraineté, à l'élection et au classement social des chefs de famille.

Mais l'action que la. femme exerce comme mère et comme fiancée n'est réellement efficace que chez les races qui tiennent en honneur la chasteté. Les peuples prospères s'appliquent avec une sollicitude spéciale à conserver cette vertu ; et, à cet effet, ils s'aident de deux moyens principaux. Ils gravent dans les cœurs la loi morale exprimée dans le 6^ et le 9^ commandement ; et ils lui donnent pour sanction une loi civile qui érige la séduction en délit, et qui eu fait retomber exclusivement sur l'homme la respon- -abilitg. , . • : . .♦ -« —

La France, après avoir réagi contre la corrup* tion des derniers Valois, s'éleva à la prospérité et aux grandeurs morales du xviic siècle en re-

venant à la pratique de ces principes. Depuis lors, leur abandon a marché- de front avec la décadence de l'ancien régime. Louis XIV, le Régent et Louis XV, tout en corrompant les classes dirigeantes, avaient nominalement conservé les principes : la révolution les a formellement abolis ; et elle a propagé le mal dans toutes les classes de la société. Aujourd'hui, la préoccupation principale du nouveau régime, le nivellement des conditions, n'a encore produit qu'un résultat très apparent, l'égalité dans le vice. La chasteté ne se trouve guère plus fréquemment chez le pauvre soumis au labeur quotidien que chez le riche livré à une perpétuelle oisiveté. Les étrangers qui, au temps de Louis XIII, adoptèrent la France comme modèle, la citent aujourd'hui comme un foyer de contagion. Ils redoutent également les enseignements de sa littérature et le désordre de ses mœurs. Ils lui reprochent surtout, en termes amers, la désorganisation du foyer domestique, l'exil des enfants dans les pensionnats et la corruption précoce qui en résulte, l'habitude des mariages d'argent et l'ascendant social des courtisanes. Cette décadence des mœurs s'est aggravée depuis l'époque du programme de Bordeaux : elle ne saurait se perpétuer sans compromettre tout, jusqu'à cette prospérité ma-, térielle qui devient aujourd'hui le but exclusif de presque tous les talents.

Heureusement le remède est clairement in-

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