LA RÉFORME
cliqué par l'état de nos mœurs aux bonnes époques et par la pratique actuelle des peuples prospères. Il se trouvera surtout dans la con- 'traiute morale imposée par le 6^'«t le 9^ commandement, sanctionnée par des lois civiles réprimant la séduction.
LA RliFOR.ME, EN RÉSUME, DOIT SURTOUT RESTAURER LA RELIGION, RÉTABLIR LE TESTAMENT ET RÉPRIMliR LA SÉDUCTION.
En résume, la France doit opérer aujourd'hui trois réformes essentielles, dont la nécessité est démontrée par les alternances du bien et du mal pendant les quatres dernières époques de notre histoire.
Après la décadence gallo-romaine, la France a eu deux grandes époques de prospérité : la première, créée --lentement du v« au xiir siècle; la seconde, ramenée rapidement pendant la première partie du xvn" siècle, sous le règne des deux premiers Bourbons. Mais la décadence est revenue à deux reprises : une première fois, au xvi" siècle, avec les guerres religieuses ; une seconde fois, au xyiii"^ siècle, avec la monarchie absolue et la révolution.
Du'xiV au xvi'' siècle, le mal vint surtout des clercs et des gouvernants. Le Décalogue avait gardé sou empire sur les esprits, et la Coutume continuait à faire régner l'ordre moral et matériel dans la masse do la nation.
Mais celle-ci, privée de ses droits traditionnels par les empiétements de la monarchie, tenta sans succès de rétablir l'ordre moral par la guerre civile ; et elle n'aboutit qu'à ruiner l'ordre matériel. La réforme du xyii^ siècle fut l'œuvre de deux souverains absolus qui ne possédèrent qu'une paYtie des qualités indispensables à leur fonction, mais qui surent, l'un et l'autre, se compléter par la collaboration des plus grands hommes de leur temps.
Malheureusement le bien que la monarchie absolue avait produit, grâce à l'esprit judicieux de Henri IV et de Louis XIII, s'est trouvé délruit par l'incapacité et le vice de leurs successeurs. Depuis Louis XIV, le mal est revenu avec des caractères fort différents de ceux qui s'étaient montrés au xvi* siècle? te Décalogue' a penlu 'sou autorité sur les chefs de la société, et la Coutume est presque partout abanxlounée ; eu sorte que la corruption s'étend de plus eu plus à toutes les classes de la nation. Celle-ci, à la vérité, a reconquis parla révolution le droit de contrôler les pouvoirs sociaux ; mais elle a perdu, avec ses vieilles mœurs, la faculté d'en user utilement. Elle a pu conjurer le retour des scandales qui furent donnés par ses gouvernants sous l'ancien régime en décadence. Elle a même ramené ses clercs aux vertus du ix<= siècle, on les soumettant aux persécutions de la«Terreur, puis aux incessantes critiques du scepticisme. IMais, d'un autre côte, les classes les plus nombreuses.