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COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE LA GIRONDE

La commission d'Économie sociale du Comité du département de Ja Gironde, présidée par M. A. Daney, a envoyé à l'Exposition un rapport qui, pour n'avoir pas les dimensions des rapports des comités du RhOne et du Nord, n'en a pas moins paru digne d'être consulté avec beaucoup de fruit.

ÉCONOMIE SOCIALE. lit

Un homme d'une haute distinction, M. Lescarret, secrétaire de la commission, professeur d'économie politique à la Chambre de commerce de Bordeaux, en a fait le plan. Il a par son activité personnelle cherché à vaincre Tinertie de ceux auxquels le programme de l'Exposition avait été communiqué; il a pu obtenir des réponses et réunir un certain nombre de monographies, mais il n'a malheureusement pas été secondé comme il l'aurait désiré par les industriels de la région. La multiplicité des aperçus dont chaque question se trouvait accompagnée embarrassait et effrayait ceux auxquels on s'était adressé.

Mais, ajoute le rapporteur, une autre cause plus générale a provoqué le refus ou Tabstention d'un grand nombre d'intéressés : cette cause tient à l'état troublé de notre industrie, aux grèves qui se produisent avec un caractère si menaçant dans la plupart des centres de travail. On s'explique que les industriels hésitent, dans cette situation, à attirer Tattention sur eux, à dévoiler la nature des rapports qui existent avec leur personnel.

Les sentiments que nous venons d'exposer se traduisent, d'une manière plus ou moins ouverte, dans un grand nombre de lettres qui nous ont été adressées en réponse à nos communications. Je n'en citerai qu'une c celle du Syndicat général du bâtiment, dont voici les termes :

« Monsieur le Secrétaire, le Syndicat général du bâtiment, composé des chambres syndicales de maçonnerie, charpenterie, couverture, menuiserie, plàtrerie, ferblanterie, zinguerie, plomberie, peinture et marchands de papiers peints, ne croit pas devoir donner son concours i

Tenquêle provoquée par la Section d'économie sociale pour l'Exposition de 1880.

K Le moment ne lui parait pas opportun pour Texamen de questions si complexes, alors surtout que les mesures et décisions prises en haut lieu suscitent de sérieuses préoccupations à tous les industriels du bâtiment.

<' En vous transmettant cette détermination, je ne puis qu'exprimer mes regrets que les circonstances ne nous permettent pas de vous donner une collaboration que notre sympathie pour vous nous aurait rendue agréable. »

A cette crainte si naturelle, est venu s'ajouter, par surcroît, le désappointement très vif éprouvé par les chefs d'industrie, au sujet du vote par la Chambre des députés de la récente loi sur la responsabilité en matière d'accidents. Ce sont toutes ces circonstances qui ont fait accueillir le Questionnaire avec peu de faveur dans le département.

Nous donnons ci-dessous quelques autres extraits du rapport et des monographies qu'il contient.

M. Le Thieur, entrepreneur de travaux publics, a comparé les salaires actuels avec ceux qui étaient payés il y a trente-deux ans, lorsqu'il est entré dans les affaires :

Les terrassiers se payent aujourd'hui de. 0'38 à 0^40 Theure.

Les maçons 50 à 60

Les tailleurs de pierre 50 à (îO

Les ravaleurs 60 à 70

Les manœuvres (garçons) 35 à 38

Les porte-pièces » 50

La journée est de dix à. onze heures; les heures supplémentaires se payent le même prix.

En supposant la journée de dix heures, le salaire des

auxiliaires de l'industrie du bâtiment s*établit par conséquent ainsi :

Les terrassiers gagnent de 3' 80 à 4^00 par jour.

Les maçons 5 00 à 6 00

Les tailleurs de pierre SOOâOOO

Les ravaleurs 6 00 à 7 00

Les maoœuYres (garçons) 3 50 à 3 80

Les porte-pièces » 5 00

Ces mêmes auxiliaires étaient payés, il y a une trentaine d^années :

Les terrassiers 2 50 à 2 75

Les maçons 3 75 à 4 25

Les ravaleurs 4 50 à 5 00

Les tailleurs de pierre 3 50 à 4 00

Sur ces bases, les salaires se seraient élevés, depuis environ trente ans, pour cette catégorie de travailleurs :

Pour les terrassiers De 50 p. 100

Pour les maçons De 37

Pour les tailleurs de pierre De 47

Pour les ravaleurs De 37

Dans Thuilerie Maurel et Prom, de Bacalan, qui occupe jusqu*à 548 ouvriers, dont 365 femmes, voici ce qui a été relevé par rapport aux salaires :

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