‹ Économie socialeChapitre 22 sur 46 · COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE LA VIENNE · texte numérisé non relu

COMITÉ DÉPARTEMENTAL DE LA VIENNE

Le mémoire du comité départemental de la Vienne est intitulé : Mémoire sur F agriculture^ l'industrie et le commerce du Poitou {{200-1189) et du département de la Vienne (1789-1889).

C'est un document du plus grand intérêt, auquel le Jury aurait été heureux de décerner une haute récompense s*il avait répondu au programme de Tenquéte» mais qu'il a fallu classer à part et honorer simplement d'une médaille d'argent, parce que Tauteur, au lieu de se borner à Tétude des efTorls sociaux des agriculteurs» industriels et ouvriers du département, et de faire connaître les institutions sociales de la région en en précisant, dans le passé, l'origine et le sens et, dans le présent, l'action sur les mœurs ouvrières, a tracé un tableau de ce qu'on pourrait appeler l'Aîs/o^'re économique du Poitou,

Le mémoire est un manuscrit de 625 pages, avec une Introduction, un Avant-propos et une table détail* lée des matières. Il est l'œuvre de M. Puisa y, commis au bureau du secrétariat de la mairie de Poitiers, secrétaire adjoint du comité départemental. L'introduction est de M. Thézard, doyen de la Faculté de droit de Poitiers, qui, dans un morceau substantiel et bien

écrit, a résumé avec beaucoup de sens le mémoire de M. Puisay et fait ressortir ce qu*il y a de particulier dans l'état géographique, agricole, industriel et moral du département; nous en reproduisons plus bas les passages principaux.

M. Puisay a réuni un très grand nombre de documents sur les mœurs, l'agriculture et le caractère des Poitevins, et a joint à son travail un album de photographies contenant 150 spécimens de types et de costumes poitevins. Ces photographies représentent des paysans, des paysannes, des ouvriers, des bourgeois ; il y en a une qui offre, d'après l'indication de l'album, le type d'un « jeune homme de Poitiers, classe moyenne ». C'est le portrait de M. Puisay lui-même. Ce portrait représente bien un jeune bourgeois, plein de courage, ardent au travail, ayant en lui-même une grande confiance, ce qui est une condition de succès, et un peu amoureux des titres honorifiques ou autres. 11 est, c'est lui qui se plait à le dire, commis au bureau du secrétariat de la mairie (7* année), secrétaire adjoint du comité départemental d'économie sociale de la Vienne, collaborateur au journal le Mémorial du Poitou (3* année), lauréat et membre de la commission de collaborateurs à la Reoue littéraire moderne, vice-secrétaire du syndicat des agriculteurs de, la Vienne (5* année), trésorier de la 48* section des Prévoyants de l'avenir (Poitiers, 5* année), fondateur de cinq sec-

lions de Prévoyants de l'avenir dans le département (!,iOO membres), commissaire délégué pour les départements de la Vienne et circonvoisins lors de l'exposition des lauréats de France à Londres en 1885, membre de TAlliance française, de la Société de tir de Poitiers, etc. Nous sommes heureux de pouvoir ajouter à ces titres la mention de la médaille d^argent que le Jury de l'Exposition de 1889 lui a décernée.

M. Puisay est un travailleur et un chercheur. Il a découvert beaucoup de pièces curieuses du xui* au xvin* siècle ; il connaît à fond Thistoire et les historiens du Poitou : il a lu les auteurs de sa région et n*ignore aucune des enquêtes administratives, agricoles; commerciales et industrielles faites depuis trente ans: son dossier est très complet. La bibliographie des ouvrages qu'il a consultés est intéressante ; peut-être, avec un peu plus de critique, aurait-elle pu être modifiée. Elle se compose de 21 numéros, y compris le Dictionnaire de Larousse : 1** Manuscrits des anciennes archives municipales de Poitiers ; 2** Histoire duPoitoUy parThibaudeau; 2** Histoire de l'ancien Poitou et de sa capitale, par Dufour; A^ Les populations agricoles de la France, par Baudrillart; 5** Voyages en France, 1787- 1788-1789, par Arthur Young; 6** État du Poitou sous Louis XIV, par Dugast-Matifoux ; 7* Correspondance des anciens contrôleurs généraux des finances ; 8^ Mémoires manuscrits des anciens intendants du Poitou ;

9° Cymbalum mundi, de Bonaventure des Périers; 10^ Archives départementales; ii« Almanachs et anciens annuaires du département; 12'^ Statistique du départementyjy^LV Alfred Barbier ; 13** Enquête agricole du Ministère, 1869 ; 14'' Statistiques agricoles ; 15^ Affiches du Poitou, 1772-1789; 16* Lesongines de la France contemporaine j par Taine ; 17** Histoire des Français des divers États, par Monteil ; 18** Archives municipales de Poitiers, 1789-1889; 19° Dictionnaire du xix'stècfe, de Larousse ; 2** Œuvres complètes de Bernard Palissy ; 21o Proverbes français, de Leroux de Lincy.

Des ouvrages qu'il a consultés, M. Puisay a fait de nombreux extraits, parfois môme de trop longs extraits, comme par exemple ceux qu'il a tirés des enquêtes administratives. 11 en résulte une grande difficulté de lecture et une certaine confusion. Avec le dossier primitif qu il a eu à sa disposition, M. Puisay a écrit son mémoire qui est comme un second dossier plus maniable que le premier, mais encore encombré, qui aurait pu servira écrire un troisième ouvrage plus condensé et en même temps plus précis, dont le lecteur aurait pu tirer plus aisément des conclusions.

Introdaction an mémoire du comité départemental de la Vienne, par M. Léopold Thézard, président, doyen de la Facnlté de droit de Poitiers.

Le président de la commission, en accompagnant ici cet

envoi de quelques pages d'introduction, se propose avant tout d'appeler l'attention sur le travail remarquable de M. Puisay, qui, en quelques mois, a su extraire de documents très divers, dont plusieurs inédits ou très rares, une masse imposante de renseignements historiques, économiques et statistiques sur le département de la Vienne et les réunir en un ensemble précis et méthodique.

Il n'y ajoutera que quelques observations générales qui seront, ou bien la synthèse des résultats consignés dans le travail de M. Puisay, ou bien le résumé d'une observation personnelle, mais faite bien plutôt d'impressions que de documents statistiques, et qui lui semble correspondre à la physionomie morale et économique du département de la Vienne.

La situation géographique, l'histoire du pays, les auteurs de ses juridictions, le caractère des communications possibles avec les contrées voisines, le tempérament moral des habitants sont les principales données dont la résultante se trouve dans sa situation économique actuelle.

L'axe du département de la Vienne, jusqu'à, son confluent avec le Clain, près de Chàtellerault, puis par la vallée du Clain jusqu'à quelques lieues au sud de Poitiers, etenfin par le plateau qui sépare le bassin de la Vienne de celui de la Charente, forme une partie considérable de la grande voie historique signalée par M. Elisée Reclus et qui va de Paris à la frontière d'Espagne.

Le département a ainsi une place bien distincte. A Test se trouve la contrée du Berry et du Limousin, dont il était autrefois séparé par des espaces stériles. A l'ouest, les départements actuels des Deux-Sèvres, de la Vendée, bien qu'appartenant aussi à la province du Poitou, étaient plutôt attirés vers la Bretagne ou vers la mer et formaient^ sous le nom de bas Poitou, une région toute différente.

Cette place, si nettement déterminée sur une voie nalu-

relie et facile pour le passage des peuples du Nord aa Midi, a eu une influence profonde sur la destinée historique du pays. Il s'est trouvé marqué comme la limite naturelle des conflits entre le nord et le midi de Tancienne- Gaule.

Les environs de Poitiers ont été le théâtre de quelquesunes des luttes de César contre les parties de la Gaule encore insoumises (guerre de Dumnacus), puis delà bataille de Clovis contre Alaric (507), plus tard de la victoire de Charles Martel contre les Sarrasins ("781); le Poitou fut ensuite la province la plus septentrionale de la dot d'Aliénor d'Aquitaine, et dans la guerre de Cent ans y vit se livrer la bataille de 1356 et commencer la mission de Jeanne d'Arc (1429).

Il n*est pas jusqu'aux guerres de religion du xvi" siècle, qui n'aient trouvé là un de leurs principaux centres, dans le siège de Poitiers par Coligny et dans la bataille de Montcontour.

Dans cette région atteinte plus qu'aucune autre par toutes les luttes où s'est constituée la nationalité de la France et où s'est décidé son avenir, les souffrances devaient être plus vives: aussi les famines, les disettes y furent-elles fréquentes; les énormes variations des prix de toutes choses en sont le témoignage. Mais aussi le tempérament des habitants devait-il prendre un caractère spécial d'énergie et de résistance passive plutôt qu'agissante, de réflexion et de déOance.

On n'y trouve point une hostilité de parti pris contre les progrès et les changements, mais un profond désir de sécurité, de stabilité, domine tout; nulle réforme n'est admise qu'après une assez longue expérience; les faits accomplis sont accueillis sans enthousiasme, mais sans révolte, et un esprit patiemment observateur essaye de s'en accommoder au mieux de ses intérêts.

La charte communale de Poitiers, octroyée par Aliéner d'Aquitaine (après un soulèvement inutile sous Louis le Gros), fut la copie de celle de Rouen; mais aussi était-elle de celles qui garantissaient le plus complètement l'autonomie communale, et jusqu'à l'époque de Louis XIV, où disparurent toutes les franchises communales, elle semhle avoir été pratiquée avec une prudence et une fermeté qui assurèrent autant que possible la propriété et l'indépendance de la ville.

Ce caractère de prudence et de circonspection se trouvait en accord avec les modes d'activité que permettait à notre région la nature de son sol et de ses produits, ainsi que les voies de communications avec les autres contrées de France.

Le régime agricole de la Vienne est en général, peut-on dire, celui de la propriété moyenne, bien qu'il y ait un assez grand nombre de grands et de petits propriétaires. Pour les petits propriétaires, la culture n'est assez souvent qu'un accessoire; quant aux grandes propriétés, elles sont presque toujours (sauf les forêts et la réserve du mattre) divisées en un certain nombre de fermes indépendantes, et d'une exploitation séparée.

Les syndicats, qui pourraient assurer à la petite et à la moyenne propriété quelques avantages de la grande, sont à peu près inconnus; ils ne semblent guère praticables d*ailleurs que pour Famélioratien des prairies naturelles situées près des cours d'eau; il serait désirable de voir étendre en ce sens les essais faits jusqu'à présent sur quelques points.

Le progrès lent qui s'opère dans notre agriculture évolue à travers des formes économiques diverses, exploitation directe par le propriétaire, bail à ferme, colonage partiaire.

Le col nage partiaire, qu'on s'est peut-être trop hâté de condamner comme une forme surannée, ne semble pas avoir produit dans notre département de mauvais résultats. 11 a pu ralentir certains progrès, mais aussi éviter des crises que font naître les alternatives de la surproduction et de la disette. En associant le propriétaire et le colon, en les obligeant l'un et l'autre à compter sur la variation des revenus, il est favorable à l'esprit de prévoyance et d'épargne ; il partage les souffrances des mauvaises années comme la prospérité des meilleures. Il n'est pas d'ailleurs, comme on Ta dit, exclusif des améliorations; il porte seulement à les faire d'abord sous forme d'essais partiels; la convention, en réglant les initiatives du propriétaire et du colon, en assurant une durée suffisante au bail, peut en faire sortir tous les avantages des autres modes d'exploitation.

C'est peut-être grâce à la modération ordinaire des prix de ferme d'une part, et au régime de colonage partiaire d'autre part, que la Vienne, bien qu'éprouvée par la crise agricole, l'a cependant traversée sans ruines et sans misères exceptionnelles.

Par là même, la question du crédit agricole ne sïmpose pas dans la Vienne avec la môme acuité qu'elle peut avoir ailleurs, et nolamment dans les pays d'agriculture intensive et industrielle.

Le crédit au fermier vient ici principalement des propriétaires, qui font acte d'intérêt bien entendu en même temps que d'humanité en prolongeant les termes dans les temps de crise. Ce système suppose un propriétaire en état d'attendre, et un fermier de bonne foi et de bonne volonté; disons, à la louange de nos populations, qu'il est très usité et sans inconvénient.

A nos yeux et d'après l'expérience locale, les facilités d'emprunter données aux agriculteurs ne seraient pas sans

140 ËGONOMIE SOCIALE.

inconvénient dans ce pays ; les uns (heureusement les moins nombreux) emprunteraient pour tout autre chose que les besoins de Tagriculture ; les autres, poussés par cet amour de la terre, si vif chez nos paysans, n'emprunteraient que pour acheter, et les revenus ne couvriraient pas les intérêts; les uns et les autres iraient à la ruine.

Les opérations de crédit en général ont d'ailleurs dans le département une sphère bien limitée. A Ghâtellerault seulement, c'est-à-dire dans la ville la plus industrielle de toutes, deux ou trois maisons de banque ont pu se faire une place importante. Dans le reste du département, et à Poiliers même, les tentatives pour fonder des banques locales ont successivement échoué. Il n'y a place que pour deux sortes de maisons : I® la Société générale qui ne fait d'avances que sur un ensemble de garanties strictement établies par ses règlements; 2° comme établissements purement locaux, quelques maisons d'escompte aux opérations très peu étendues, mais dont la sécurité et la , probité sont assurées.

Le département n'a pas de Mont-de-Piété, mais seulement, et depuis peu de temps, un commissionnaire correspondant du Mont-de-Piété de Bordeaux.

La plus grande partie des opérations qui s'accomplissent reposent en déAnitive sur des marchés au comptant ou sur des combinaisons de crédit purement civil. Aussi, malgré le nombre assez considérable des transactions, les tribunaux de commerce de Poitiers et de Ghâtellerault, et les tribunaux civils des autres arrondissements jugeant commercialement ont-ils très peu d'affaires à décider.

En résumé, après comme avant l'extension des voies de communication et des moyens d'échange, la situation économique du département de la Vienne est restée celle d'un pays qui se suffit à lui-même et qui a été seulement amené à compenser par une heureuse surabondance de sa

^ prodaction agricole les quelques sources d'industries qui se sont taries par impuissance de lutter contre la concur-

• rence du dehors.

Après avoir parlé surtout des campagnes et de leur ' physionomie morale, nous ne saurions oublier de signaler Texistence du mouvement intellectuel qui s'est maintenu au chef-lieu sans interruption depuis des siècles.

Poitiers a bénéficié à ce point de vue de sa position sur une des grandes voies historiques et juste à la limite de la France du Nord et de celle du Midi.

Son université, fondée en 1432, sous Charles VIII, a été, au xvi' siècle, une des plus florissantes de France ; elle a produit encore au xvu^' et au iviii^* siècle des jurisconsultes remarquables: dans notre siècle, les noms de Boncennes, de Bourbeau et de Pervinquière, y ont maintenu le lustre de la science juridique. La création de la faculté des

• lettres en 1842, de la faculté des sciences en 18o5, ont complété Je centre d enseignement supérieur. Le lycée de Poitiers, dont plusieurs élèves ont laissé un nom dans notre histoire contemporaine, ses autres établissements

• d'instruction, ses sociétés consacrées à Tétude de Thistoire et de Tarchéologie, ou au développement scientifique de Tagriculture, donnent au chef-lieu de l'académie une physionomie particulière de ville savante.

Dans Tordre intellectuel comme dans Tordre matériel, Je progrès se poursuit incessamment, sans manifestations bruyantes, sans tentatives audacieuses.

Dans les hommes comme dans le sol lui-même, se soutient une activité qui prépare les éléments du progrès.

Si dans Tarmée de la production française, le département de la Vienne ne forme pas une avant-garde, il en est une des réserves les plus solides, les mieux disposées à entrer en ligne au moment voulu. Ce qui déjù. y a été

accompli pour Tagriculture et pour la science représente une large part dans la prospérité générale du pays.

Manufactures de Gh&tellerault au XVIII'' siècle.

m 4. Avis donné par les maîtres sergetiers et manufacturiers des villes et bourgs du département de Poitou, en exécution d'une ordonnance de M. Richebourg, intendant de la généralité, sur le perfectionnement des fabriques et la réforme des abus qui s'y étaient glissés.

L'inspecteur commença sa tournée à Chàtellerault et y reçut les déclarations des fabricants. Leur corps de métier était composé d'environ quatre-vingts maîtres tenant boutique. Ils remontrent que depuis quinze ans la misère du temps, la cherté et la rareté des laines, le peu de débit de leurs marchandises avaient fait tomber la manufacture de leur ville de telle sorte que sur cinquante fabricants qui restaient il n'y en avait plus que vingt qui fissent travailler ; qu'ils manquaient de laine de bonne qualité et que le pays n'en fournissait pas assez abondamment pour établir une grande manufacture ; que les jurés ne mettaient pas toute l'attention convenable pour ne marquer que les étoffes de bonne qualité, etc. Outre sa fabrique de serges et d'étoffes de laine, la ville de Chàtellerault faisait un commerce considérable de cuirs, dont elle était redevable à Colbert, mais cette branche d'industrie avait été presque anéantie par les impôts mis sur les cuirs, au point qu'il ne restait que quatre tanneurs, de cinquante qui prospéraient vingt ans auparavant. Le lendemain i^^ février, l'inspecteur convoqua les principaux manufacturiers de Poitiers ; suivant leur déposition, il y avait en cette ville trente métiers en activité pour la fabrication des pinchina, draps, camelots, étamines et autres étoffes de cette espèce, mais on y manquait de fonds et de crédit, et en ce moment chômaient

ÉCONOMIE SOCIALE. , i43

plus de soixante métiers dont les ouvriers étaient à Ja mendicité. En marge du procès- verbal est écrit : « Les ouvriers de Poitiers sont pauvres et fainéants; leur impuissance les porte à s'adonner à travailler pour les bourgeois de la ville, croyant que cela les dispense de se conformer k ce qu'il leur est prescrit par les règlements pour les largeur, qualité et marque. Les maîtres dudit lieu ont essayé plusieurs fois du travail, les avances qui leur furent faites ont été consommées et mangées mal à propos. Il est nécessaire de contraindre les fabricants, pour qui que ce soit qu'ils puissent travailler et en si petite quantité qu'ils en puissent monter sur leurs métiers, de se conformer à ce qui est prescrit par les règlements pour la qualité, la largeur, le nom, les visites et la marque au bureau. »

Les fabricants de Lusignan demandent la construction de deux moulins à foulons pour apprêter leurs serges.

L'inspecteur continua sa tournée dans les villes et bourgs de Niort, Saint-Maixent, la Mothe-Saint-Héraye, Melle, Givrai et Charron, Parthenai, Bressuire, Moncoutant, Thouars, Breuil-Barret, la Châtaigneraie et Fontenai. A Civr.ii comme en la plupart des autres lieux les habitants se plaignaient de l'état de souffrance de leur industrie et disaient que leurs métiers ont beaucoup déchu depuis sept à huit ans, qu'il ne se présentait plus d'apprentis et que la misère du temps ne leur permettait de faire aucune entreprise, d'autant que les laines étaient extrêmement chères; qu'elles valaient 26 à 27 sous la livre, et qu'ils ne pouvaient vendre leurs étoffes que 20 à 22 sous l'aune ; qu'ils n'avaient d'espérance que dans des temps plus favorables pour le rétablissement de leur manufacture.

On pourrait citer avec avantage un grand nombre de passages du mémoire de la Vienne, mais il est nécessaire de se borner.

iU ÉCONOMIE SOCIALE.

Le Jury a voulu récompenser celle œuvre considérable et a décerné une médaille d'argent au Comité DÉPARTEMENTAL DE LA VIENNE, et dcux médailles d'argent de collaborateurs, Tune à M. Thézard, président, «et l'autre à M. Pdisay, secrétaire du comité départemental.

Page 1