PAR RAPPORT AUX ÉTATS VOISINS
Quoique la monnaie soit une affaire très-importante, pourtant elle est peu étendue; ceux qui ont écrit sur ce sujet, au lieu de l'éclaircir, l'ont rendu plus obscur. Les principes qu'ils établissent, et sur lesquels les États les plus considérables de l'Europe se gouvernent, sont faux ; c'est ce que je me propose de prouver.
Je divise ce Mémoire en quatre parties :
La première prouve que l'empreinte ne donne pas la valeur à la monnaie ;
La seconde, que la défense de transporter les espèces ou matières, est cause qu'une plus grande quantité est transportée ;
La troisième, que tout affaiblissement de monnaie est injuste, et porte préjudice à l'État;
1 Ce Mémoire est exU^ait des Recherches et considérations sur les finances de France, par Forbonnais, tome VL Édit. iii-i2. Liège, 1758.
Et la quatrième, que le prix des espèces de ditférentes matières ne doit pas être réglé par le prince.
Il paraîtra extraordinaire que je prétende condamner les principes parlésquels les États les mieux policés de l'Europe sont gouvernés, et que je trouve à redire à la conduite des ministres sur une matière si délicate.
Une personne qui donne toute son application à un même sujet, y peut faire un plus grand progrès qu'une autre d'un esprit supérieur, qui est obligée par de grands emplois à partager son temps entre plusieurs affaires différentes.