‹ Économistes financiers de 18e siècleChapitre 62 sur 201 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Suite du précédent. — Les emprunteurs à la petite semaine.

Il ne faut point de preuves plus certaines de tout ce qu'on vient de dire, que l'exemple des marchandes de menues denrées de Paris, lesquelles s'enrichissent à emprunter de l'argent à cinq sous d'intérêt par semaine pour un écu, c'est-à-dire à plus de 400 pour O/O par an, le produit excédant quatre fois le capital ; car, bien qu'une pareille conduite, quand l'intérêt serait infiniment au-dessous de celui-là, ruinerait le plus riche homme du monde , cependant elle enrichit et fait vivre ces pauvres gens ; et la manière dont cela se fait est aisée à concevoir. C'est parce que cette marchande, ayant vendu pour quatre ou cinq écus de marchandise en une journée , sur laquelle elle a quelquefois gagné la moitié, elle retourne le lendemain de grand matin à l'emplette, et,

' La proposition est exacte, si, comme nous le pensons, Taiitcur entend parler non de dépenses stériles^ mais de dépenses productives, c'est-à-dire ne détniisant des capitaux sous une forme quelconque que pour les rétablir sous une nouvelle.

faisant cette manœuvre cinq à six fois la semaine, il lui est aisé de trouver et sa vie et de quoi satisfaire à ceux qui lui ont prêté ; et ce genre de commerce ne cesse que lorsque les pauvres journaliers, qui se fournissent uniquement chez elle, cessent de le faire , pour ne plus trouver leur journée , qui est anéantie à Paris comme ailleurs par des causes traitées une infinité de fois.

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