CHAPITRE III
dans lequel a est traité bu change, de quelques- unis des causes qui font varier
LE PRIX DES BIENS DE TOUTE NATURE; DU SYSTÈME DE M. LAW, DU COMME «CE ET DE LA NAVIGATION EN GÉNÉRAL, AINSI QUE DES OBSTACLES QUI RETARDENT LEUR PROGRES.
Articles I a VI ». — Du change.
On entend par change la négociation que font ensemble deux marchands qui se trouvent en .même lieu, par laquelle l'un des dettx se
• L'on a vu, dans l'introduction de Fourrage, que l'auteur des JtéflearioHé politiques sur Us finaneeê se proposait de démontrer, au eHàpitre m de son litre, par
charge à un certain prix des fonds que l'autre a dans un pays étranger quelconque, ou bien autrement.
On entend encore par change la remise réciproque que se font deux négociants, l'un Français, par exemple, et l'autre Hollandais, des sommes qui leur sont dues, au Français en Hollande pour le prix des marchandises qu'il y a transportées au delà de la valeur de celles qu'il en rapporte, et au Hollandais en France pour la même chose, afin d'éviter l'un et l'autre la peine, les risques, et les dépenses du transport de l'argent. D'où je tire ces principes fondamentaux.
I. Le change n'est qu'une compensation de valeur d'un pays à un autre.
II. Si notre commerce et notre dépense chez les étrangers sont égaux à leur commerce et à leur dépense chez nous , la compensation est égale : alors on dit que la balance de ce commerce est égale, et le change au pair; c'est-à-dire qu'on recevra dans le lieu du payement autant d'argent en poids et en titre qu'on en a donné. Ainsi, si le Français, pour chacun de ses écus actuels de 3 livres qu'il donne à Paris en espèces nouvelles, reçoit 54 1/23 deniers de gros argent courant, on 52 deniers de gros argent de banque en Hollande, et 29 1/2 deniers sterling à Londres , et si le Hollandais, pour ses 54 1/23 deniers de gros argent courant, ou pour ses 52 deniers de gros argent de banque, reçoit un écu de 3 livres à Paris, ils reçoivent exactement autant qu'ils donnent l'un et l'autre; s'ils reçoivent plus, ils gagnent, et s'ils reço vent moins, ils perdent. Qu'il me soit permis de faire ici une remarque à l'occasion de cette parité.
Deux sortes de monnaies sont l'âme et le mobile du commerce, Tune réelle et l'autre idéale.
La monnaie réelle est d'or et d'argent; elle fut introduite pour la facilité du commerce; elle fit succéder les ventes aux échanges, en devenant le prix et la mesure de tout ce qui entre dans le commerce parmi les hommes. Mais, comme le transport embarrassant de ces espèces faisait encore un obstacle au commerce, on eut recours aux lettres de change d'un pays ou d'une place sur une autre , et pour rendre les négociations et les calculs plus faciles , on imagina
l'examen du cours des changes entre la France, la Hollande et l'Angleterre depuis 4709 jusqu'à l'année 1754, que les mutations de monnaie n'étaient pas moins onéreuses au commerce qu'aux finances de l'État et à la fortune des particuliers. Tel est, en effet, le sujet auquel se trouve consacrée la plus grande partie de ce chapitre ; et les articles i à vi, formés avec 500 pages de chiffres, ne sont autre chose que des bulletins annuels des cours du change, qui prouvent qu'il a varié, à notre désavantage, chaque fois qu'on a haussé ou baissé les espèces. Mais l'on conçoit qu'aujourd'hui, surtout, les développements déjà donnés par l'auteur à la thèse de la stabilité de la monnaie rendent cette dernière démonstration parfaitement superflue. On s'est donc borné à extraire des six premiers articles du chapitre m, quelques notions générales sur le change, matière qui n'est pas sans gravité, quoique les premiers économistes lui en aient reconqu plus qu'elle n'efl comporte réellement,
des monnaies de compte ou de change, comme les livres, les sous, etlas écus en France; les deniers, les sous et les livres sterling en Angleterre, les deniers, les sous et les livres de gros en Hollande, etc. Cette dernière sorte de monnaie idéale ou imaginaire, et qui, à proprement parler, consiste en des noms collectifs, qui comprennent sous eux un certain nombre de monnaies réelles, sera nommée monnaie politique.
Ces deux sortes de monnaies nous fournissent deux sortes de comparaisons à faire, ou d'égalités et de rapports à considérer. La première, entre le poids, le titre, et la valeur des monnaies réelles d'un pays, et le poids, le titre et la valeur des monnaies réelles d'un autre pays; cette sorte d'égalité sera nommée