U0 ÉCONOMISTES MODERNES
reculant chaque jour son domaine, imposant ses bienfaits, économe d'un sang généreux et laissant sur son passage, au lieu de ruines, les éléments de richesses méconnues ou enfouies. Tels étaient les conseils de M. Michel Chevalier, ou, si l'on veut, ses illusions; il supposait aux hommes plus de sagesse qu'ils n'en ont et aux leçons du passé une puissance dont les événements se jouenl ; il jugeait ces questions avec une philosophie mêlée d'imagination, c'est-à-dire en dehors et au-dessus des faiis; il ne voyait pas ce qu'elles deviennent dans le choc des rivalités et les enivrements de la gloire.
On a vu que cet écrit était adressé au comlc Molé. De la part de l'auleur, c'était un acte de reconnaissance. Parmi les personnages qui se partageaient alors l'exercice du pouvoir, M. Molé et M. Guizol étaient ceux qui avaient donné à M. Michel Chevalier le plus d'encouragements et de témoignages de bienveillance. Leur appui ne lui fit jamais défaut, et quand il songea à la carrière politique, ils lui en ouvrirent l'accès. Dès 1836, a. l'occasion d'une crise commerciale qui éclala aux Étals-Unis, une mission lui avait été confiée pour aller sur les lieux en étudier les causes, et juger les efTcls qu'elle pouvait avoir sur nos relations avec ce pays. Un incident fâcheux empêcha cette mission d'aboutir. Trois jours après son arrivée à Londres, comme il revenait une nuit d'une séance du parlement dans la voilure de M. de Bourqueney, alors