SUR LE RÔLE DU PROLÉTARIAT CONTRE LA GUERRE
pour le journal « Vorwaeris » (20 septembre 1905).
Je considère qu'il est du devoir de tout homme de répondre à une aussi grave question que celle que vous soumettez aux consciences.
L'intérêt économique ne suffit pas pour éteindre la violence dont le désir de domination des hommes nous fait souffrir. Il faut des raisons plus hautes que l'intérêt matériel, que les individus sacrifient journellement à leurs passions.
Le Prolétariat a un moyen immédiat de travailler à la paix du monde : c'est de renoncer à la correction brutale et à l'injure aux enfants. « Ne frappez pas, n'injuriez pas vos enfants », ces mots devraient être inscrits dans toutes les maisons. C'est dans la famille que se cultive la violence et que se prépare l'esclavage et la servitude du prolétaire.
C'est cette misérable hérédité d'un droit paternel sans contrôle, qui nous prépare à l'obéissance absurde et à la résignation des coups à l'école, à l'usine, à la caserne, et finalement à la boucherie en masse des champs de bataille.
C'est parce que les hommes aiment leurs enfants comme les bêtes aiment leurs petits, qu'ils les envoient aux abattoirs. Qu'ils les aiment et les estiment comme on doit aimer et estimer son propre avenir, sa pensée la plus haute, qu'ils les admirent même comme des consciences futures de temps plus justes, et ainsi leur consentement à mourir demandera des raisons aussi hautes que celles au nom desquelles ils auront vécu.
Depuis des siècles les hommes se rendent les coups qu'ils ont reçus enfants ; que l'homme individuel renonce à la brutalité et à l'injure près de lui, et il échappera aux violences collectives, résultat de l'injustice des individus.
DISC(3URS (i)
PRONONCÉ PAH EuGÈNK GaRUIKIŒ AU BANQUET QUI LUI
FUT OFFEHT It 20 décembre 1904.
C'est à un sentiment de modestie, à In conscience de la proportion de notre rôle dans TefTort commun que nous ramène une manifestation collective de sympathie. Chacun avec raison vient réclamer la part qui lui appartient dans l'approbation à nos tentatives d'expression et nous rappeler ce qu'une grande eslime comporte de responsabilité.
C'est dans la conviction profonde que rien n'est possible sans le secours de nos semblables, que je remercie les amis présents, les amis absents, et tous ceux qui m'ont témoigné au cours de ma vie de l'affection et de la sympathie.
Affection et sympathie sont les sources fécondes de l'énergie de l'ame humaine !
C'est par le premier geste de toute créature que nous est révélé le but de son existence. Oui ne se rappelle, tout enfant, combien était irrésistible l'élan
{\) Pour rétablisscmonl do ce texlo, deux manuscrits de la main de Carrière, présentant quelques variantes, ont été concurremment utilisés.
qui nous portait vers les êtres du même Age, le chagrin et létonnement d'être rebutés et la joie naturelle du bon accueil ?
Nous savons aussi combien il faut d'efforts et <le méthode pour nous séparer, nous initier à la méfiance, à l'intérêt personnel, enfin nous contraindre à la triste défensive qui fait le tourment des hommes.
Il faut franchir la barre de l'âge de l'optimisme systématique et stérile, du scepticisme, cette forme du désespoir, pour retrouver le geste primitif et le proclamer la vérité de la destinée humaine.
Aux luttes de revendication sociale, on se moque des hommes qui demandent du pain et s'en reviennent les mains vides, mais l'esprit plein de formules de fraternité humaine. Ils ne sont dupes qu'en partie. La souffrance la plus grave a connu l'espoir.
Mieux que personne l'artiste sait que l'homme ne vit pas seulement de pain : dans sa recherche de la gloire, ce qu'il demande surtout c'est d'être compté au nombre de ceux qui travaillent à la communion humaine. C'est nous faire tort à nous-mêmes que d'accuser l'homme aigri et chagrin de vanité et d'orgueil blessés : son but était plus haut et notre estime plus précieuse. La voie sacrée où surgit la figure passagère de l'homme que la Fortune favorise est faite de la cendre des martyrs.
Tout vit par la lumière et c'est justement qu'on appelle le silence l'obscurité. C'est une douleur qui ne connaît pas la consolation.
C'est pour me l'avoir épargnée que je dois remercier non seulement des artistes, mais tous les hommes qui représentent les formes dilîérentes d'expression de la pensée.
Jamais l'universalité de l'Ame humaine ne fut pressentie avec plus de ferveur qu'aux temps modernes. Nous avons reconnu nos ancêtres à travers les âges et dans toutes les races. Leur pensée écrite, leur forme plastique nous paraissent familières à nos recherches, d'accord avec l'enthousiasme de nosespoirs.
Les temps sont proches où les hommes n'accepteront plus qu'il existe une chose dans la nature qui leur soit étrangère.
Je salue avec une joyeuse confiance les temps nouveaux, tous ceux qui se préparent à cette belle aurore de la Fraternité humaine dans l'Égalité des hommes.
CONSTANTIN MEUNIER (i)
Un peuple en travail est évoqué. Des êtres s'adaptent à leurs instruments comme des bêtes à leurs défenses naturelles.
Une lisfue ferme traverse et oriente les fîèressilhouettes aux plans larges et pleins; une intelligente distribution des volumes, des modelés plats et précis : partout s'affirme le sens du grand sculpteur.
C'est par les formes extérieures de la nature que l'artiste nous renseigne sur la continuité de notre être dans l'univers.
C'est l'analogie de nos formes que nous révèle (Constantin Meunier dans cet être aux jambes lourdes, les pieds pris dans le sol comme des racines. Une irréductible ardeur anime son torse nerveux ou< puissant. Toute l'énergie de la sève terrestre apparaît dans les elTorts multiples pour maîtriser la matière^ continuer la lente et persévérante creusée du sol.
C'est l'histoire de l'homme et de la terre que nous dit l'Ame tendre et admirative de Constantin Meunier, sa passion pour la nature humaine consciente de son action, de sa souiTrance, de son amour.
(1) Publié dans lo numéro spécial de la Plume consacré à Constantin Meunier (janvier 11)0')).
CONTRE LES RESTAURATIONS (i)
Mon ciiKH TouDouzE,
Voici ma réponse :
Le projet de restauration du Partliénon doit provoquer les plus véhémentes protestations. Le Parthénon appartient au monde entier ; il n'est personne <]ui puisse se croire le droit d'y porter la main. Il est notre patrimoine commun, nous en devons compte à ceux qui viendront après nous.
Cette extraordinaire entreprise doit aussi remettre en question le vandalisme (^xercé, sous la protection des lois, par les restaurateurs de tous les temps et de tous les pays.
L'idée impie qu'un homme puisse ajouter une partie à l'œuvre d'art créée antérieurement à son temps, à une œuvre due à la lente préparation des Ages, au concours des circonstances historiques, des
(1) Publié dans la Réponse des Ecrivains et des Arlisles à la question posée par le Congrès archéologique international pour 1905. " Dans quel esprit et jusqu'à quel point convientil de restaurer les monuments antiques et en particulier le Parthénon ? >» (Publication spéciale du Musée, revue d'Art antique, mars 1905.)
formes de pcMisée ot d'aclivilé de Finslanl, est en accord avec toutes les preuves de barbarie qui nous lévèlent si cruellement l'état d'esprit des civilisations modernes.
Ce ne sont pas seulement de vénérables ruines, de vieilles pierres et la patine du temps que nous défendons. Que Socrate, que Phidias, tous les illustres penseurs de la Grèce se soient appuyés contre ces colonnes que touche notre main, c'est un souvenir trop émouvant pour que ces pierres n'en restent pour toujours sacrées. Mais prenant à part la seule question esthétique, l'impossibilité de la copie absolue d'une œuvre, on reniera la chimérique entreprise de la reconstitution de parties considérables disparues. bLst-il possible qu'il vienne à l'esprit de compléter un livre dont on ne posséderait qu'une page, une composition musicale dont il ne resterait qu'un fragment, un poème d'après quelques vers retrouvés? Ce qui paraîtrait dans ces cas l'absurdité la plus folle es! regardé comme une chose toute naturelle lorsqu'il s'agit des arts plastiques.
Malgré tant d'affirmations sur l'unité (tes créations de l'esprit humain, existe-t-il tant d'homm(»s qui ne peuvent se rendre à cette vérité? Cette inconcevable erreur nous fait comprendre comment de nombreuses générations ont pu se renouveler près des chefs-d'œuvre, les mutiler sans remords, sans conscience de leur signification.
La collection d'antiques au Louvre nous en donne de douloureux témoignages. C'est avec l'approbation
des pouvoirs publics, des académies, des commissions arlisliques, que d'adroils, mais inconscienis sculpteurs ont refait des moiliés de statues et de basreliefs, et souvent sur un simple fragment une slatue entière.
Le naturaliste, qui se base sur le caractère d'une vertèbre pour reconsliluer une espèce disparue, ne prétend pas recréer la vie, el c'est la vie même d'un passé qui nous paraît par son génie au-dessus des hommes, que des statuaires, dont quelques-uns célèbres, prétendent faire revivre, en ajoutant avec candeiu- le fruit de leur labeiu- empreint des convictions de leur époque, comme suite naturelle à l'expression héroïque de la suprême intelligence.
S'il ne restait de rares monuments à peu près intacts, quelques pierres mutilées, on ne connaîtrait rien de la force et de la grâce de la statuaire gothique. Les restaurateurs l'ont à peu près ensevelie sous leurs pavés informes.
C'est une explosion d'indignation, un cri formidable poussé par tous les hommes doués du sens de la beauté, qui doit répondre à la nouvelle entreprise du vandalisme moderne.
La réprobation contre la mise en exploitation de nos monuments doit exciter plus que des lettres individuelles, de courtoises protestations.
Il faut des réunions d'hommes unis dans un commun amour, qui ne veulent plus qu'on déforme ou qu'on détruise la pensée dont leur conscience a la garde. Des conférences devant les monuments, dans
les musées, doivent faire la preuve du crime contre l'art. Il faut établir la comparaison enlre les restes du chef-d'œuvre et l'injure grossière du restaurateur. Elle est facile à démontrer, elle est si flagrante. Seule, l'ignorance ou l'inattention lui permettent de se dérober.
Mais demandez à l'Ame croyante, à l'Ame amoureuse, si l'idole est sans souillure : elle vous dira clairement la preuve de l'injustice et sa douleur.
Ainsi les monuments, les musées sont souvent des lieux pénibles pour l'artiste. La souffrance et la colère paralysent son admiration.
Li^ où, seule, une sérénité admirative devrait dominer notre méditation, où le charme de la pensée de tous les temps devrait encourager l'homme à Tesl)oir, le viol du restaurateur vient inquiéter notre foi, nous dire le passager triomphe des moments d'équilibre de l'Ame humaine, nous faire douter de la possibilité d'un avenir harmonieux, mais aussi nous donner cette certitude, que cesser de lutter, c'est consentir à la défaite. Il faut que l'Ame humaine soit en constant effort d'augmentation afin de déjouer la ruse de la bète barbare et paresseuse qui nous guette en nous et hors de nous.
Je souhaite, mon cher ami, que tous les hommes se retrouvent dans la communion de la vérité, de l'amour.
C'est par l'ignorance que nous sommes si douloureux les uns pour les autres.
C'tîst en affirmant ma foi en l'avenir que je vous dis ma conviction et mon amitié.
FRAGMENT
NOTES SUI{ LES UESTAUH.VTIONS
Un pays est-il plus élevé dans l'ordio des lettres avec une instruction plus étendue parmi un plus grand nombre d'hommes que par la présence de quelques grands écrivains ? La pratique des arts plus répandue constitue-l-elle un sens d'art plus grand que l'expression par quelques grands artistes ? On peut continuer ces demandes, et les réponses, nous les savons.
Il est donc important que tous les efforts tendent à ce que les hommes doués, déjà préparés, puissent étendre et approfondir leur science, puisque c'est par leur qualité que celle de la mass(î s'élèvera.
Il est donc choquant que pour satisfaire un incertain désir de curiosité, on répare, en ajoutant des parties aux œuvres d'art mutilées par le temps. L'homme superficiel ou indifférent n'en reçoit aucune
leçon et l'homme sensible est déconcerté et souvent dévoyé .
C'est pourtant à ce désir de la popularité que nous devons à la fois l'indifférence et l'hostilité qu'on témoigne aux vrais créateurs, et cette inutile sollicitude pour imprégner les masses de formules abré-
gées et incompréhensibles pour elles, de vérités qirelles ne peuvent recevoir cpie par une plus grande intensité d'émotion, que recherchent dans leurs œuvres ces rares créateurs qui sont les seuls éducateurs du sens public.
C'est dans cette forme d'erreur que résident vraiment toutes nos déceptions. Ce sont les accumulateurs d'énergie et de pensée qu'il faut entretenir et f^xalter. lisse déverseront tout naturellement dans le [)opulaire en lui apportant de Tenthousiasme chaleureux et vivant. Tout autre système d'essai d'amener à leur compréhension par des raisonnements ou des explications, ne fait que rendre plus confuses les ((ucstions dont l'émotion sentimentale est seule compét(^nte.
Si je prends comme exemple de restauration les deux pieds de TAchille au Louvre, le premier, le plu*^ en vue est une restauration Louis XIV. Donc, rien de commun avec le reste de la figure. Le second, en retrait, a le gros orteil du môme restaurateur ; de ^orte que la vue, se portant sur le premier pied et ensuite sur le gros orteil du second, le pied original est tout à fait masqué. 11 faut une attention exercée [)0ur y voir le chef-d'œuvre qui est présent et tout renseignement qu'un artiste peut y trouver.
ALBERT HESNAUD
(paroles prononcées au banquet de « LA PLUME » DU l5 AVRIL 1905) (1)
Un genre paraît épuisé et démodé lorsque l'interprète fait défaut.
La tragédie paraît morte par l'absence du Tragédien.
Sans poète, il n'est point de poésie.
Mais ces facultés de l'ame humaine n'ont pas disparu ; il suffit d'un être prédestiné pour que notre .^âme se reconnaisse dans toute sa plénitude.
Il est dans la nature de l'homme de donner à ses vémotions des apparences visibles et durables.
Ayant prêté notre esprit aux choses, leur prêter notre propre image est une . suite logique au désir de nous retrouver dans les formes extérieiu'es. •C'est dans des apparences grossièrement déforiinées par la crainte que s'affirment les superstitions ; les hommes plus libérés veulent se reconnaître dans des images plus harmonieuses en rapport avec la conception de leur proportion morale dans le monde.
(1) Publiées dans la Plume, 1" raai 1905.
Avec une intelligence vive, une subtilité fine et pénétrante, d'admirables dons de dessinateur et de coloriste, ordonnés par une forte culture, Albert Besnard nous montre, cette année, Apollon, le mythe si souvent tenté, quelquefois exprimé, reprenant son immortelle fraîcheur. Nous gardions Apollon, le dieu de lumière, comme un souvenir qu'il n'était plus donné à personne de faire revivre. Et le voici qui apparaît jeune et glorieux sur le même char traîné par les mêmes coursiers, dans le décor identique aux maîtres, suivi par le même cortège que jadis, et tout ce qui paraissait usé, aboli, triomphe jeune et vivant par la volonté d'une âme passionnée de féconde admiration.
Nous reconnaissons ces arabesques que nos rêves de jeunesse ont si passionnément peuplées de figures entrevues. Le charme enivrant de la fantasmagorie des nuages, des caprices de la lumière, tous les multiples phénomènes qui font de la Chimère et de la Raison une unité joyeuse au cœur des' hommes.
L'homme se lasserait de la nature, s'il ne la sentait avec tant de force l'image prolongée de son berceau et de l'inévitable retour.
Imagination humaine, admirable faculté qui dépasse les limites d(^ notre présence !
Le passé, le présent et l'avenir lui sont égah^ment familiers Elle est la preuve de l'excellence de la nature de l'homme, le pressentiment de la justice des destinées futures. C'est elle qui créa Apollon, le vain-
qucur dos monstres, son image divine, son symbole de glorieuse inlelligence.
Glorifions les poètes de tous les arts, qui nous rapprochent des héros, et rendons à Albert Besnard l'hommage auquel il a droit.
CONCLUSIONS SUH l'aht d'aujourd'hui fl)
Qu'un enfant répète exactement le geste paternel, c'est une nouveauté dont on ne se lasse de s'émerveiller. Que la pensée humaine revienn(î toujours semblable à elle-même, c'est aussi l'étonnement et la joie des hommes. Que rien ne s'interrompe, en avoir la preuve tous les jours par le lendemain assuré, constitue pour Ihumanité la certitude de la légitimité de tous les espoirs. Ainsi nous apparaissent les expressions d'art de tous les temps, de toutes les races, diverses dans leurs apparences, identiques dans leur essence : témoignage formel de l'universahté de l'âme humaine.
Les instants de trouble et d'inquiétude sont des périodes de reconstitulion. Les éléments se sont séparés, ils retournent à la commune nature pour revenir au foyer commun où tout fusionne dans la flamme de l'enthousiasme, résultat de lentes et confuses préparations. Dans l'absence d'un art colleclif, le sens de l'art se continue chez les individus.
(1) Réponse à une enquête laite par M. Charles Morice [Mercure de France, sept. 1905).
BiBllOTKfiCA
Otttviens»!
Ils expriment isolément, jusqu'à l'instant où la communion des hommes exige l'unité des efforts dans une forme totale qui les représente tous C'est ainsi que se sont préparées toutes les grandes époques du passé. L'Assyrie, l'Egypte, la Grèce, le Gothique, etc., sont pleins de la sève de la vie naturelle. Le fruit glorifie la semence. Ce n'est donc pas une nouveauté que d'aller puiser aux sources mêmes de la nature. Mais le caractère d'une époque d'art consiste précisément dans la forme que donne à ces matériaux, produits de l'émotion admirative individuelle, un besoin impérieux chez les hommes de réunir toutes leurs vertus, toutes leurs conquêtes, pour édifier une figure définitive qui les représente dans la plénitude de leur conscience.
Tout se trouve donc lié dans le style d'une époque. xVinsi chaque individu est un témoignage de sa race et de sa propre personnalité.
Notre instant est admirable. Toutes les religions sont discutées, et jamais il n'y eut plus de Foi. Nous n'avons pas de style, et nous sommes riches d'artistes. Jamais la douleur universelle n'a tant ému l'âme humaine. Jamais l'homme n'a appelé l'homme d'une voix si pressante.
Les artistes d'aujourd'hui sont pleins d'ardeur. Leurs recherches sont souvent fébriles, mais vivantes.
Tout est pour nous source d'espoir. Lorsque les fleurs sont pleines d'abeilles, la ruche est proche.