‹ Écrits et lettres choisiesChapitre 6 sur 22 · SUR LA PEINE DE MORT · texte numérisé non relu

SUR LA PEINE DE MORT

La lente évolution de ma pensée m'amène à cette conviction : je crois que ie respect de la vie humaine doit être la base de l'éducation des hommes.

Le culte de la vie est le véritable sens de ce qu'on est convenu d'appeler le culte de la beauté.

Personne n'est complètement responsable ni pleinement irresponsable. Mais si une raison condamne le crime individuel, elle ne peut excuser le crime collectif, qui crée pour le premier un exemple.

L'homme n'a jamais le droit d'accomplir un acte irréparable. Le sentiment de sa perpétuelle faillibilité le lui défend.

L'abolition de la peine de mort est une conséquence inévitable et heureuse de la civilisation. Le soin que prend la science de prolonger la vie des condamnés à mort par la nature, des incurables, nous est un signe qu'avant peu on n'osera plus, dans aucun cas et pour aucun motif, abréger une existence humaine.

(1) Réponse à une enquête sur l'opportunité du maintien ou de la suppression de la peine de mort, faite au journal le Français par M. Charles Morice.

Que les êtres induits au meurtre par la déformation de leur cerveau soient mis dans des colonies spéciales En exigeant d'eux un travail utile à leurs semblables et non pas seulement à eux-mêmes, on éveillera l'humanité dans leur âme, on leur donnera la possibilité d'une conscience.

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