‹ Écrits inédits de Saint-SimonChapitre 17 sur 58 · ESTOUTTEYILLE. ADRIENNE ET FR. DE BOURBON · texte numérisé non relu

ESTOUTTEYILLE. ADRIENNE ET FR. DE BOURBON

des impétrants de la transmettre à aucun des dénommés collatéraux à recueillir la substitution. D'où il se conclut que le duché d'Estoutteville est masculin et ne fut jamais femelle. Que si les ducs de Longueville ont pris les tiltres de ducs de Longueville et d'Estoutteville, ils estoient par eux mesmes Ducs et plus anciens qu'Estoutteville ; ainsy cette dénomination simple ne renferme ny prétension ny droit. Aucun d'eux n'a porté le nom de duc d'Estoutteville et n'a prétendu ny pu prétendre quoy que ce soit à ce tiltre. C'est si l'on veut un abus à le prendre esiroittement, mais abus qui ne blesse personne ny chose, qui depuis est devenu ordinaire à tous les Ducs qui se trouvent possesseurs d'un autre duché sans y estre appelles ny le prétendre ; abus enfin qui par la mesme raison qu'il n'emporte point d'inconvénient, a bien pris un autre essor par des ducs qui se font appeller ducs de lieux qui sont à eux mais qui n'ont jamais esté érigés en duché. On voit l'origine de cette dernière sorte d'abus au liltre (fEspemon [tome V, page 101]. On doit donc compter que les ducs de Longueville en qui estoit la possession du duché et des biens d'Estoutteville n'ont jamais cru qu'Estoutteville nefustpas esteint, et qu'il l'estoit en effet. Par impossible supposé femelle^ ne peut passer au delà de la première. Cette maxime longtemps contreditte ne reçoit plus de difficulté depuis bien longtemps, encore que des intéressés à la disputter l'ayent entrepris vainement. Le mareschal duc de Luxembourg et nombre d'autres y ont contradictoirement succombé ; elle a mesme tellement prévalu, que cette première femelle n'a souvent pas esté receue à faire son mary Duc que par de nouvelles lettres accordées au mary en faveur du mariage, comme il fut pratiqué mesme en la minorité de Louis XIV pour celuy de la duchesse héritière de Rohan avec M. Chabot,

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et encore avec changement de rang à la datte des lettres nouvelles, et cela s'est pratiqué bien antérieurement pour Nevers et plusieurs autres alors sans changer le rang d'ancienneté, mais avec expression qu'il ne changcroit pas. Si on considère la généalogie, il se trouvera une femelle Mattignon et encore cadette et non héritière, mère de M. de Creuilly, outre la fille de Longueville femme du fils du mareschal de Mattignon, aussy cadette et non héritière. Continuant la supposition femelle^ il faut an moins estre le premier appelle par droit du sang, d'aisnesse^ d'hoirie^ de succession naturelle^ et cela ne reçoit encore nulle difficulté. Il n'a jamais dépendu de personne de faire un duc ou une duchesse que du Roy seul par l'érection, et de la loy de cette érection par la transmission. Or cette loy appelle toujours les aisnés et en aucun cas ne leur préfère dés cadets. Geluy de Filtzjames est trop rare, récent et fondé pour oser l'alléguer, et encore l'exclusion de l'aisné y est elle expresse, nominale, unique et causée. A l'inspection de la généalogie, on verra une branche entière sortie de la Longueville belle fille du mareschal duc de Retz, sœur aisnée de l'autre Longueville belle fille du mareschal de Mattignon, de laquelle M. de Creuilly tire son prétendu droit, et cette aisnée une nombreuse subdivision existante, en sorte que supposé le droit, supposé encore qu'on y pust renoncer à quoy on viendra ensuitte, il faudroit avoir la renonciation du duc de Yilleroy, du duc de Retz son fils aisné, du marquis d'Alincourt son petit fils mineur, du duc K le Boufflers et de sa femme fille du duc de Yilleroy et de la comtesse de Prade ou de ses enfans qui sont en Portugal. En voilà certes un grand nombre et de gens qui ont des cadets aussy aises sans doutte d'estre ducs d*Estoutteville et d'en avoir les biens, à condition d'en porter le nom

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