‹ Écrits inédits de Saint-SimonChapitre 19 sur 58 · ESTOUTTEVILLE. ADRIENNE ET FR. DE BOURBON · texte numérisé non relu

ESTOUTTEVILLE. ADRIENNE ET FR. DE BOURBON

sa belle mère pour le duché de Piney. Et il n'est pas doutteux que la maxime en droit et en fait est certaine que la vente et Tachapt d'un duché en esteint la Dignité, non quelquefois pour la terre, et c'est suivant l'érection, mais toujours et sans exemple contraire pour que personne en puisse recueillir la Dignité érigée. Or ce fait de vente et d'achapt d'Ëstoutteville est si constatté et si peu caché qu'il fait aujourd'huy la première partie du procès de M. de Creuilly contre M. de Monaco. Onseroit trop longàs'eslendre davantage, et ce qui vient d'estre développé suffit pour faire entendre quelle peut estre la plus qu'étonnante prétension de M. de Creuilly, et qu'il en résulte qu'elle est sans ombre d'apparence y farce que le duché d'Ëstoutteville n'est point femelle, et qu'il s'est esteint par la mort de François de Bourbon second duc d'Ëstoutteville à l'aage de dix ans en 1546. 2"* Parce que par impossMe le supposant femelle, sa durée ne peut s'estendre à plus d'une; ainsy esteint avec la Maison de Longueville. 3^ Le supposant durer au delà il ne peut estre sans bornes, et il les surpasseroit touttes si la prétension pouvoit avoir lieu, i?^ Parce que, quelque durée que l'on suppose^ il faut au moins estre le premier des hoirs appelles pour recueillir. 5® Parce que nul ne pouvant faire un duc que le Roy, nulle cession d'un hoir plus prochain à un plus éloigné ne peut opérer la transmission de la Dignité en luy, 6° Parce que quelque droit qu'on eust à la Dignité, elle est inséparable de la possession de la terre érigée. 7° Parce que cette possession n'opère quand à la Dignité en faveur de qui en a le droit^ qu'en tant ^ue cette poêsesêion vient par âitécté et naturelle succession, et ^'opère rien quand la terré Vient autrement. 8** Parce que la venté d'un duché emporte de droit son extinction quand à la Dignité; 9° et son dchdpt fait déchoir taJéquétéuir Au

128 DUCUÉS VÉRIFIÉS ESTËINTS.

droit quHl a par son érection à la Dignité^ ce qui se voit par fout ce qui s'est pratiqué en ces cas de proche à proche pour satisfaire lés créanciers et masquer l'acquisition de succession^ ce qui ne se peut icy depuis vingt trois ans qu'Estoutteville a esté vendue par la duchesse de Luynes, simple donataire, au comte de Mattignon devenu estranger à ce duché par Tarrest du Parlement. 10° Enfin parce qu'au droit prétendu par M. de Creuilly^ il est au mesme droit exclu par les ducs de Yilleroy et de Retz et tout ce qui en peut naistre, par le marquis d'Alincourt et tout ce qui en peut naistre, par la duchesse de Boufflers et tout ce qui en est né et à naistre, par la comtesse dePrade et tout ce qui en est né et à naistre, tous issus de la Longueville aisnèe ; qui sont cinq testes sans les enfans nés et à naistre, et encore ces cinq testes font quatre différentes branches. Et de la Longueville cadette dont M. de Creuilly tire son prétendu droit, il en est encore exclu par les aisnés de cette branche qui sont M. de Monaco, ses quatre fils, sa fille, tout ce qui peut venir d'eux et encore par la duchesse de Luxembourg et ce qui est né et peut naistre d'elle. Il y auroit encore bien des raisons et des observations à alléguer s'il n'estoit pas honteux de s'arrester plus longtemps à une telle et si effrénée chimère après l'avoir exposée elle mesme dans tout son jour. Mais pour ne rien laisser en arrière quand on a mis en principe comme il l'est en effet, que la cession d'un hoir plus prochain à un plus éloigné ne peut opérer la transmission de la Dignité, on n'a pu entendre du père au fils aisné, ny d'un frère à son plus prochain frère, quand l'aisné se met hors d'estat d'avoir jamais aucune lignée par son entrée dans les ordres sacrés ou dans Testât monastique, et ce sont en effet les seuls cas permis et les seuls dont il y ait exemple.

ISO

ESTEinT 1565 DIT DE BRETAGNE

Ce duc d'Estampes et sa femme Anne de Pisseleu dont il n'eut point d'enfans, donnent lieu à tant de curiosités historiques que ce tiltre en sera un peu grossi. C'estoit un homnae héréditairement persécuté de la fortune qui luy envioit les grands biens qui luy appartenoient et qui luy estoient trop puissamenl retenus, l'esprit avec lequel il estoit né et jusqu'à cette grande illustration d'origine qiii eust deu naturellement l'élever autant qu'il en fut abbattu ; et qui au désespoir d'une telle situation, se prit pour la changer à un fer rouge en espousant cette terrible et fameuse maistresse de François I, qui le rendit le plus, malheureux homme du monde et le plus mesprisé. La succession des ducs de Bretagne, celle de la branche de Blois de la Maison de Chastillon qui parvint un moment à ce Duché, les jalousies de la célèbre Diane de Poictiers maistresse de François I quittée pour Anne de Pisseleu, mais toujours puissante par estre devenue maistresse d'Henry II après Tavoir esté de son père, feront la matière principale de ces curiosités.

La Maison de Brosse, esteinte par la mort de nostre duc d'Estampes dernier masle de cette Maison, estoit grande déjà dès Fan H 75, puisque Bernard vicomte de Brosse qui vivoit alors avoit espousé Adelmodis vefve d'Amanjeu lY d'Albretet fille de Guillaume IV comte d'Angoulesme. Leur fils unique fut Bernard III vicomte de Brosse comme son

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