YALENTINOTS. DIANE DE POICTIERS
archevesque de Sens. Paul lY CarafTe y résista longtemps et Youloit au moins qu'il quittast les sceaux qu'il estimoit peu compatibles avec la pourpre, mais à la fin il fallut céder. La mort d'Henry II fut la fin de sa place. Il fut chassé avec sa bienfaictrice et Olivier restabli. Il mourut à Yenise en 1560 revenant de Rome en décembre; et le chancelier Olivier estoit mort à Amboise 30 mars de la mesme année, auquel Michel de l'Hospital succéda. Il ne faut pas oublier qu'au commencement de la mesme année le cardinal Bertrandi avant d'aller à Rome s'estoit trouvé auxEstats d'Orléans qui sans la subite mort de François II auroient esté si funestes aux Bourbons. Ce cardinal devoit trop aux Guises pour leur manquer dans une occasion aussy décisive.
Pour revenir à nostre Diane on a veu, tiltre d'Aumale^ [tome y 9 page 118] quelle fut sa disgrâce, la force et la fierté de son courage et ce qu'elle devint j usqu'à sa mort en 1571 à soixante et onze ans, qui esteignit ce Duché de Yalentinois dont l'érection n'estoit que pour sa seule personne et qui dura vingt deux ans.
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Charles ix. ROANNOLS POUR CLADDE GODFFIER
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Gouffier est un nom que le mérite, la vertu, la faveur, les plus brillants emplois, les offices de la Couronne ont rendu fort illustre, et dont Talliance et Tappuy en a élevé et illustré d'autres, comme il Ta esté luy mesme par les siennes. Il est pourtant vray qu'avant Charles YIII on ne voit chez les GoufBer ny alliances que très communes, ny terres que des morceaux, ny emplois. On ne les connoist guère que depuis 1340 qu'Aymonet Gouffier estoit chevalier, et que Jean son neveu, en 1371, fut restabli par le prince de Galles dans sa terre de Bonnivet, qu'ils ont toujours conservée et dont ils ont illustré le nom en le portant, quoyque peu considérable. La femme de ce Jean Gouffier estoit Jeanne de Chardonchamps. Leur fille espousa Tibault Maveau ; leur cadet fut escuyer d'escurie du Roy et du duc de Bourbon, et de Jeanne de Néez laissa un fils qui n'eut ny suitte ny emplois. L'aisné fut :
Jean II Gouffier estoit chevalier et servit aux guerres d'Espagne sous le connestable du Guesclin. On> n'en sçait que cela et qu'il estoit mort en 1414. Ils prétendent qu'il espousa une AUsigny , mais le nom de cette femme est incertain. Les enfans qu'il en eut n'eurent ny emplois ny alliances. Il espousa en secondes nopces Jeanne Fretard dame de Pusse. Leur fils aisné servit Charles YII avec quatorze escuyers en 1418. Il espousa deux femmes. De Jeanne Chauderon il n'eut que deux filles qui, apparem-
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ment, espousërent les deux frères, car leurs maris s'appeloient Arch. et Guillaume Prouvereau. La seconde femme fut un peu plus estoffée. Elle estoit vefve de Jean de Roffignac et fille d'Amaury sieur de Liniëres chevalier, et dame de Bouquen et de Linières. L'aisné de ce mariage fut eschanson du Roy et ne se maria point, et fut unique. Ses sœurs espousërent Jean Frétard sieur de la BafTatriëre, et Jean Briant sieur d*Orval.
Le fils aisné du premier mariage de Jean II Gouffier fut Aimery» dont on ne connoist aucun employ ny possession, non pas mesme le nom de sa femme. Son fils fut plus heureux que ses prédécesseurs. Il s'appela :
Guillaume Gouffier, qui espousa à Tours, 8 avril 1450, Louise fille de Pierre d'Amboise seigneur de Chaumont et d'Anne de Bueil et sœur du cardinal d'Amboise qui fut depuis premier ministre de Louis XII, mais il falloit qu'il y eust une grande disproportion d'aage entre la sœur et le frère, puisque celuy cy ne nasquit que dix ans après ce mariage, et Louis Xn, sous qui il fit une si grande figure et la fit faire aux siens, douze ans et ne parvint à la Couronne que quarante huit ans après ce mesme mariage, et trois ans après la mort de ce marié. De ce mariage il eut un fils tué à la bataille de Marignan, 1515, sans avoir esté marié, et une fille qui la fut avec René le Roy seigneur de Chauvigny, chambellan de Louis XI.
Il espousa en secondes nopces Ph. vefve de Charles de Melun seigneur de Normanville et de Nantouillet grand maistre de France décapité, 1468. Elle l'a voit espousé 1465, la mesme année qu'il fut grand maistre, et n'en eut point d'enfans, mais il en laissa de sa première femme qui estoit la Rochefoucauld. Celle cy sa vefve, qu'espousa notre Guillaume Gouffier en secondes nopces, 1463, estoit fille
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de Jean de Montmorency grand chambellan de France, et de Margueritte d'Orgemont dame de Chantilly sa seconde femme. De sa première femme dame de Fosseux il eut deux fils, les seigneurs de Nivelle et de Fosseux [voir le tiltre de Montmorency y tome V, page 128], qui suivirent malgré luy le party de Bourgogne. De cette seconde il eust l'espousede nostre Guillaume Gouffier; celle de N. d'Anglure seigneur de Bourlaimont, mariée 1471 et morte 1498 dix huit ans avant sa sœur; et Guillaume, père du Connestable Anne de Montmorency, lequel Guillaume eut tous les biens de son père situés en France (ses aisnés déshérités et maudits du père), et qui fut toujours si bien auprès de Charles VIII, Louis XII et François I, qui l'honorèrent de plusieurs emplois considérables ; il mourut en 1531. Nostre Guillaume Gouffier fut seigneur de Boisy baron de Roannois et de Maulevrier, acquit plusieures terres, entre autres Bonnivet, d'un autre Gouffier, fut séneschal de Saintonge, chambellan de Charles VU, et à la mort du seigneur de Villequier premier chambellan il eut sa charge. A la mort de Charles Yll fut désappointé de tout, comme la pluspart des serviteurs particuliers de ce Roy, et se retira mesme vers le duc de Bourgogne. Il fit après si bien sa paix que la pluspart de ses charges luy furent rendues, 1465, avec le gouvernement de Touraine. 11 obtint en don plusieures terres et biens des Rois par confiscation et autrement. Ce qui est extraordinaire est qu'il demeure incertain s'il fut gouverneur de l'oncle ou du neveu, du duc de Guyenne ou du Roy Charles VUI. Il mourut à Amboise, 1495, trois ans avant que Louis XII parvînt à la Couronne. S'il sceut s'aider de la faveur des Montmorency père et frère de sa seconde femme, les enfans qu'il laissa s'en servirent encore mieux. Les voicy :
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Artus Goufiier sieur de Boisy, grand maistre de France.
Adrien Gouffier^ cardinal de Boisy, grand aumosnier de France.
Guillaume Gouffier seigneur de Bonivet, amiral de France.
Charlotte Gouffier femme, 1505, de René de Cossé sei< gneur de Brissac, gouvernante et luy gouverneur des enfans de France.
Louis Gouffier abbé de Saint-Maixant , chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris, protonotaire et conseiller au Parlement 1497, mort 1503.
Pierre Gouffier, religieux deCluny, abbé de Saint-Denis, de Saint-Pierre sur Dive^ et de Saint-Maixant après son frère. Mort 1516.
Aymar Gouffier, religieux et abbé de Cluny, de Saint* Jouin de Marne, et après son frère de Saint-Denis ; enfin évesque d'Alby 1523. Mort 1528.
Anne Gouffier femme, 1507, de Raoul Vernon sieur de Montreuil-Bonin et grand fauconnier de France, gouvernante du dernier fils et des filles de François I. Elle fut vefve 1516.
Une religieuse de Sainte-Claire à Saint-Pierre de Moulins,
Le grand maistre, le cardinal et l'amiral méritent bien d'estre traittés chacun à part avant de passer à la descendance. Mais il faut remarquer en passant que Guillaume leur père, qui commença la splendeur de sa Maison par ses deux alliances et par ses emplois et par les terres qu'il s'accumula en dons, obtint en 1470 le droit de justice du duc de Bourbon en la seigneurie de Boisy, et 1475, la haute justice en la seigneurie d'Oiron de Louis XI, laquelle encore aujourd'huy relève si cruellement de Thouars, que touttes et quantes fois sans limitation qu'il plaist au seigneur de Thouars, il fait abattre le nombre de toises des
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inurs du parc d'Oiron pour y entrer chassant avec ses chiens du costé qui luy plaist, aux despends du seigneur d*Oiron ; et que Bonnivet est une très médiocre terre relevante de Chastellerault et tout auprès. Venons maintenant aux trois célèbres fils de ce Guillaume qui Tout bien porté plus loin et plus haut que luy. Us estoient cousins germains du Connestable Anne de Montmorency, fils de la sœur de son père, qui vescut en continuelle faveur jusqu'en 1531.
Artus Gouffier sieur de Boisy s'intituloit comte d'Es' tampes que la Reine Claude de France mère d'Henry II luy donna à vie 1514; seigneur de Boisy, d'Oiron» de Haulevrier, de Bourgcharente , de Yilledieu que François I luy donna f514; de Casai Major, Valence et autres lieux du Milanois, que François I encore luy donna avec Caravas au mesme pais qu'il érigea en comté, et de Roannois dont la duchesse de Bourbon luy transporta tous les droits qu'elle y avoit et la moitié de la Chastellenie en 1515.
Il fut enfant d'honneur de Charles VIII qu'il suivit au voyage deNaples, 1495; et en 1499 Louis XII au voyage d'Italie, qui le fit un de ses chambellans 1512, estant dès 1503 bailly de Vermandois puis gouverneur de Chinon 1514, et le nomma gouverneur de la personne du duc de Valois, qui fut depuis le Roy François I, qui combla lu} et sa Maison. Il fut aussy bailly et gouverneur de Valois et surintendant des biens et affaires de ce prince^ héritier présomptif de la Couronne. Il le fut aussy de tout ce qu'avoit en France Marie sœur d'Henry VIU Roy d'Anglet* terre, qui ne fut mariée que trois mois à Louis XII^ qui n'en fut que trois mois vefve, et qui espousa à Paris, le dernier mars 1515, après Pasques, Charles Brandon duc
UOAN.NOIS. CUUDE GOUFFIEU. lUl
de Suffolck, avec qui elle repassa en Angletierre et y mourut 1534, à 37 ans.
C'est de M. de Boisy ce mot célèbre à son pupille qui avoit déjà pris Tessor. Il le rencontra qui alloit à un rendez voua d'Anne de Bretagne, et il le sçavoit bien, alors femme de Louis Xn, dont il estoit amoureux et aimé malgré la disproportion des aages. « Où allés vous, luy dit Boisy, vous faire un maistre et vous empescher de le devenir? 11 faut que vous soyés fou. » Ces sages paroles frappèrent si à propos le jeune prince qu'il ne passa pas plus avant, et qu'il ne les oublia jamais.
Il les luy rendit bien par la façon tendre et galante dont il le fit grand Maistre de France. Jacques de Chabannes sieur de la Palice l'estoit à la mort de Louis XII. A l'instant François I luy osta cet office en luy donnant celuy de mai*eschal de France, et ne dit mot. M. de Boisy peu après arriva et le saluant Roy luy embrassa la cuisse. Alors François I l'embrassa et luy dit : « Relevés vous, M. le grand Maistre » ; et ne cessa depuis de le combler de biens. Il fut en mesme temps gouverneur et capitaine d'Amboisc et capitaine de cinquante lances, ce qui estoit considérable alors, avec lesquelles il accompagna le Roy à la conqueste de Milan et se distingua à la bataille de Marignan que François I gaigna contre les Suisses» 1515. L'année suivante il fut choisy pour traitter le mariage d'Espagne (Charles Y) et de Louise flUe de François P', laquelle mourut un an après et qui ne faisoit que de naistre, et incontinent après gouverneur de Dauphiné avec don des 4000 ducats de rente que le Briançonnois payoit au Roy.
En 1918, ambassadeur en Allemagne pout* l'élection à l'Empire, où Charles V fut mieux servi et plus heureux. Ml de Boisy, lors dô la proposition du mariage de la Fill^
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de France d'un an qui ne pouvoit guères avoir lieu, avoit conclu un traitté à Noyon avec M. de Chiëvres. Tous deux avoient esté gouverneurs de leurs princes, tous deux comblés par eux, tous deux s'en estoient bien acquittés, mais le Flamand en avoit mieux profité. Tous deux avoient l'intime confience de leurs maistres et l'eurent toujours. Ces maistres n'estoient pas nés pour le repos du monde ny pour le leur propre. Il renaissoit toujours des divisions entre eux. Leurs gouverneurs se rassemblèrent à Montpellier pour y traitter la paix que tous deux souhaitoient et dont on se persuada qu*ils seroient venus à bout par leur autorité respective sans la mort qui surprit M. de Boisy à Montpellier, en may 1519, après une courte maladie et sans avoir eu la joye de recevoir ses lettres de Duc et Pair, qui n'arrivèrent qu'après sa mort à Montpellier, et qui n'ont point esté enregistrées. Il laissa une grande réputation et beaucoup de regrets. Le comte de Tende, frère bastard de la mère de François 1" et des ducs de Savoye, fut fait grand maistre de France après luy. Il mourut à la bataille de Pavie cinq ou six ans après, et son gendre luy succéda dans cette grande charge qui y en joignit après une plus haute. Ce fut le Connestable Anne de Montmorency.
Adrien Gouffier cardinal de Boisy fut abbé de Déols, Fescamp, Bourgueil, Cormery, Saint-Florent de Saumur, Saint-Nicolas d'Angers, évesque de Constances 1510, grand aumosnier octobre 1515 par la mort de François le Roy Chavigny, et trois mois après cardinal à la recommandation de François T' à son entreveue de Boulogne avec Léon X Médicis ; enfin légat en France, 1519, et évesque d'Alby. Il se démit alors de sa charge de grand aumosnier en faveur de François des Moulins dit de Rochefort, à la recom-
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mandation de la mère de François I, duquel il ayoit esté précepteur et esloit encore aumosnier, lequel fut nommé à révesché de Condom et ne put Tobienir. Le cardinal de Boisy mourut au chasieau de Villendren en Touraine, 24 juillet 1525.
Guillaume Gouffier, seigneur de Bonivet, admirai de France, beau, bien fait, adroit en tous exercices, spi* rituel, galant, audacieux, dangereux, fin et habile courT tisan, servit la mère de François I dans sa haine contre le malheureux Connestable de Bourbon, qui s'irrita comme d'une insulte de la magnificence du chasteau de Bonivet que Tadmiral bastit en veue de celuy de Chastellerault appartenant au Connestable duquel l'autre rele\oit, et encore plus des manières hautes et insolentes de favory à son égard qui comblèrent la mesure de la haine.
Bonivet se signala au siège de Gennes, 1507, et en la journée des Espérons, 151 3^ et fut mesié dans touttes les aflaires de la Cour et de l'Estat de son temps. Admirai, dernier décembre 1517, par la mort du célèbre Louis Malet de Graville sans postérité. Envoyé, 1518, aux Electeurs pour l'élection de François I à l'Empire où il ne fut pas heureux; puis, 1519, en Angleterre pour la paix et l'alliance, et fut la mesme année gouverneur du Dauphiné et désigné gouverneur de la personne du Dauphin lors aagé de deux ans, dont Charles Y d'une part et Catherine de Médicis de l'autre pour devenir Reine, furent soul>çonnés de s'estre sceu défaire par le poison que Sébastien Montecuculi luy donna à Tournon en 1536.
L'admirai moyenna l'entreveue de François I et d'Henri VIII entre Ardres et Calais en 1520, et fut l'année suivante gouverneur de Guyenne et général de l'armce de Navarre ^