ANGOULESME. EMTRAGUES COMTE D'AUVERGNE
neuil un honorable Dauphin. Mais revenons au comte d'Auvergne,
' Il n'en fut pas quitte cette lois à si bon marché comme le plus dangereux et le plus habile. Il demeura à la Bastille tant qu'Henry lY vescut et six années au delà. La Reine Margueritte establie lors à Paris, depuis longtemps revenue d'Dsson, n'avoit jamais aimé le comte d'Auvergne et profila du temps. Elle luy intenta un procès sur les dons à luy faits par la Reine Catherine de Médicis sa mère substitués par le contract de mariage de Catherine à ses filles au défaut de ses fils et de leur postérité. Elle le gaigna pour le Comté de Lauraguais au Parlement de Tolose, et le gaigna au Parlement de Paris pour le Comté d'Auvergne, tous biens maternels, et ces Cours n'eurent point d'égard aux créanciers de Catherine ny aux prétentions de l'Archiduchesse, fille de la sœur de cette Reine, comme estant estrangère. Tellement que le comte d'Auvergne se trouva despouillé de ces deux terres, et continua cependant à porter le nom de comte d'Auvergne jusqu'à ce qu'il fust duc d'Angoulesme quatorze ans après.
Il demeura à la Bastille jusqu'en juin 1616, que le mareschal d'Ancre ayant tout souslevé contre luy et voyant les Princes et les plus considérables seigneurs ligués contre luy et en armes, ne sceut mieux faire que de persuader à la Reine qu'il goUvernoit de tirer le comte d'Auvergne de prison et de l'opposer aux mescontents à la teste de son armée. Cette guerre ne fut pas longue. La mort du mareschal d'Ancre tué à l'entrée du Louvre le matin du 25 avril 1617, fit à l'instant mesme tomber les armes des mains sans condition ny traitté à ceux qui les avoient prises et les ramena tous à la Cour, qui par là par le rapel des anciens ministres d'Henry IV et l'esloignement
Î52 DUCHÉS VÉRIFIÉS ESTEINTS.
de la Reine et des siens, prit une face tranquille et entièrement nouvelle.
Le comte d'Auvergne en plus de dix ans de prison avoit eu le temps^ de faire des réflections sur soy mesme. 11 avoit passé sa vie dans des agitations continuelles et fort périlleuses, pouvant en mener une honorable et tranquille. Il avoit par deux fois frisé l'eschaffaut; il avoit esté longtemps pressé par Henry lY d'aller passer trois ans à Coiistantinople et de n*en revenir que par sa permission, avant de l'estre de se rendre à la Cour, sur son refus constant de ce lointain voyage qu'Henry lY ne désiroit que pour s'en défaire sans le perdre. Toutte la recomandation d'Henry III mourant à Henry lY, la considération de ses premiers services, celle du Connestable son beau père qui estoit infinie, celle enfin de sa perfide sœur mais toujours aimée, tout cela ensemble n'avoit fait que commuer sa peine de mort en prison perpétuelle qu'il avoit veu prolonger bien des années après la mort d'Henry IV ; et il avoit quarante trois ans quand la conjoncture de l'embarras du mareschal d'Ancre le tira de prison, despouillé d'une partie de son bien et de son gouvernement sans espérance de retour. Tout cela enfin le rendit sage pour le reste de ses jours. 11 fut en 1619 dans cet inintelligible rang des huit premiers de cette promotion dont il fut le septiesme et qui est discuttée tiltre (de Vendosme; et Diane bastarde d'Henry vcfve sans enfans du mareschal duc de Montmorency, fils et frère des deux derniers Connestablcs de ce nom, estant morte à quatre vingts ans, 11 janvier de cette mesme année, on luy donna ce qu'elle n'avoit eu qu'à vie, sçavoir Cognac, le duché d'Angoulesme, le comté de Ponthieu et d'autres terres qui le desdomagèrent plus que magnifiquement de celles que la Reine Marguerilte luy