‹ Écrits inédits; (volume 2)Chapitre 24 sur 31 · G BOSSUET · texte numérisé non relu

G BOSSUET

triompha en plus d'une sorte de M. de Cambray sur le Quiétisme, et il mourut les armes à la main contre les Sociniens. 11 est prodigieux la quantité de volumes qu'il a écrits, et avec tant et de si continuels et de si divers travaux il ne laissoit pas d'estre un excellent évesque, visitant et preschant luy mesme son troupeau en mesurant ses instructions à sa portée.

Doux, humain, affable, de facile accès, humble, fort aumosnier, avec une maison et une table honorable et sans faste, mais bonne; et avec les évesques, les prostrés, les docteurs, comme l'un d'entr'eux, loin d'austère, de pédant, de composé, gay, poli, fort aimable, quoyque toujours et avec tous ce qu'il estoit et par son caractère et par sa vertu, et ne faisant jamais sentir aucune espèce de supériorité à personne.

En deux mots, il ne manque à ce grand évesque que quelques siècles d'antiquité pour estre un des plus illustres, des plus cités et des plus révérés Pères de l'Église. Cette grande lumière s'esteignit à Paris le 12 avril 1704, à soixante quatorze ans. Paris et la France pleurèrent, Rome mesme pleura avec la France, et Rome et Paris se disputlèrent d'obsèques et de panégyriques. Ce fut un deuil universel pour toutte l'Église et pour tous les vrais sçavants. Il est honteux à l'Église de France que personne encore n'ait osé entreprendre d'écrire la vie de ce grand homme.

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