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sur la portée des intelligences de cet âge , suivre le développement des facultés humaines. Il importe surtout de ne franchir aucun degré essentiel. Il n’y a que le génie qui ait ce privilège , et encore ce pri. vilége n’est-il qu’une marche plus rapide. II est d’ailleurs des sciences qui ne peuvent se comprendre que quand l’esprit est capable de saisir un ensemble, et qu’il a été préparé à leurs hautes généralisations. Les enseigner trop tôt, c’est risquer de le faire sans succès et d’en inspirer le dégoût, ou de favoriser le demi, savoir, pire que l’ignorance.
Schelling caractérise peut-être l’enseignement secondaire d’une manière insuffisante par le mot de connaissances, qu’il oppose à la science proprement dite, comme renfermant seulement la partie mécanique et technique, et s’adressant principalement à la mémoire. Ceci , pris à la lettre , serait en contradiction avec tout ce qui précède , et doit être jugé par ce qui suit. II entend par là les notions élémentaires des sciences , telles que les premières opérations du calcul etde l’algèbre, etc. Mais, surtout, il veut que la base de ce système d’éducation soit Y élude des langues anciennes et modernes , qui seule peut ouvrir un accès aux principales sources de l’instruction et de la science , et est l’exercice le plus propre à développer, à cet âge , toutes les facultés de l’esprit. Si l’espace nous le permettait, nous ferions remarquer l’unanimité de tous les grands écrivains de l’Allemagne sur cette question. Les poètes parlent ici comme les
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philosophes, Goethe (I) et Schiller, comme Scheüing et Kant, et presque dans les mômes termes. Schelling, en particulier, témoigne le plus grand mépris pour les modernes faiseurs de théories sur l’éducation , qui veulent substituer à l’étude des langues des connaissances positives dans les sciences naturelles ou abstraites. II insiste sur ce qui a été tant de fois répété depuis , c’est que rien n’est plus propre à développer les facultés naissantes, la sagacité, la pénétration , l’invention , que l’étude des langues , et principalement des langues anciennes , que l’analyse de ce merveilleux mécanisme du langage, qui reproduit l’organisme de la pensée , avec ses tours , ses nuances et ses délicatesses les plus subtiles. C’est, d’ailleurs, une logique appliquée et concrète, éminemment propre à exercer le raisonnement ou la faculté de deviner les possibilités logiques : utile préparation à toutes les sciences, qui donne à l’intelligence plus de force et de souplesse, et la développe de la manière la plus conforme à sa nature, puisqu’elle lui présente, comme dans un miroir, sa propre image, et lui fait reconnaître, dans une langue morte, l’esprit vivant qui l’anime, et qui a passé, en partie, dans nos langues modernes.
Ce que Schelling dit ensuite des rapports de la
(1) « L’étude de ta littérature grecque et romaine doit rester toujours la base delà haute culture intellectuelle » ( Goëthe , Maximes et Réflexions , 6* part . )
Dit TRADUCTEUR.