I.XXVII
philologie et de la science de la nature , tient de plus près à son système , et mérite d’être remarqué.
Il distingue , d’abord , l’élude proprement dite des langues de la philologie , à laquelle il assigne un rang très-élevé dans la hiérarchie des sciences. Sa tâche étant la construction des œuvres de l’art et de la science, il la rattache à la philosophie de l’histoire. Or, cette science qu’ont illustrée les travaux des Wolf , des Heine, des Schlegel , des Creuzcr , des Humboldt, et qui fait la gloire de l’Allemagne, lui paraît avoir les plus grandes analogies avec l’étude de la nature. La nature est aussi un livre, une langue morte, un vieux monument, un auteur ancien par excellence. C’est un poème divin dont nous ne possédons que des fragments. Si Bacon appelle la méthode des sciences naturelles une interprétation de la nature , le mot est vrai dans le sens le plus élevé. L’esprit divin qui anime les êtres de la création , se manifeste , se révèle en eux. Les phénomènes de la nature sont des signes et des symboles ; ses lois des idées. Dans leur ensemble ils représentent le développement de la pensée divine. Donc , s’exercer à connaître ces phénomènes , à en découvrir le sens et la pensée cachée, à trouver la clé de ces hyéroglyphes gravés par la main de Dieu, c’est faire comme le philologue qui reconstruit les œuvres de la littérature par l’interprétation du texte ancien. Le naturaliste cherche à coordonner les fragments du poème de la nature , de celte épopée inachevée et écrite dans les
PRÉFACE
entrailles de la terre. Ainsi , le philologue et le naturaliste se correspondant, Wolf et Cuvier accomplissent la même œuvre. L’alliance des deux sciences se personnifiera dans les Humboldt. — Sans doute cen’est pas la première fois que plusieurs de ces expressions apparaissent dans la langue philosophique; mais elles n’ont pris cette signification et cette étendue que dans le système de l'identité.
Quatrième leçon. Après ces considérations générales , Schelling passe à l’examen des principales branches de l’enseignemeut académique. Dans l’ordre naturel se placent d’abord les sciences qui se rapprochent le plus de la science première ou absolue et en offrent le reflet le plus immédiat ; ce sont les sciences rationnelles pures, les mathématiques et la philosophie.
Pour démontrer ce rapport, il remonte à l’idée du savoir absolu tel qu’il doit se concevoir dans son système. Le savoir absolu est celui dans lequel les deux termes de la connaissance , l’universel et le particulier, l’idéal et le réel , le sujet et l’objet, conciliés , confondus et identifiés, se résolvent dans l’unité et l’identité , base et principe de toute pensée comme de toute existence. Sans entreprendre une démonstration en forme, il essaie de l’établir indirectement en montrant que toute connaissance qui ne porte que sur un des deux termes isolé de l’autre n’est pas le vrai savoir. Ainsi, d’un côté , la connaissance du particulier isolé du général , de l’universel , est vide et
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