‹ Écrits philosophiques et morceaux propres a donner une idée générale de son systèmeChapitre 16 sur 69 · I.XXIX · texte numérisé non relu

I.XXIX

privée de sens -, elle est en outre multiple et variable. C’est la forme sans le fond. D’autre part , l'universel pur, c’est l’essence sans la forme, c’est-à-dire une abstraction logique. En réalité, l’essence n’existe pas plus sans la forme que la forme vraie sans l’essence qui la pénètre et la vivifie. La substance éternelle elle-même ne peut se concevoir sans des attributs qui la déterminent. C’est l’erreur commune des philosophes d’avoir admis séparément ces deux termes. Aussi , ji’ont-ils pu passer de l’un à l’autre et combler l’intervalle. C’est la pierre d’achoppement de tous les systèmes.

Toute connaissance véritablement absolue repose donc non sur l’opposition ou la distinction , mais sur l’identité de ces deux termes qui ne se différencient que dans leur développement. Telle est l’idée absolue de l’absolu lui-même. Toutefois , celui-ci ne se confond pas avec l’un ou l’autre des deux termes et ne s’y absorbe pas ; il est leur essence commune; il se manifeste en eux , mais leur reste supérieur. Il s’y manifeste de deux manières , sous la forme du réel dans la nature, sous celle de V idéal dans l’homme ou dans l’histoire ; de là le monde réel et le monde idéal. Et ces deux mondes conservent le même ordre de priorité et de prédominance que les deux termes eux-mêmes.

Mais, sans sortir du monde réel ou physique, nous trouvons déjà l’identité des deux termes et l’absolu lui-même dans deux existences qui en offrent un dou-

PRÉFACE

ble reflet, l 'espace et le temps, et dans les lois mathématiques qui mesurent l’étendue et la durée.

L’espace, en effet, est une existence dont on peut dire qu’elle est à la fois abstraite et concrète , idéale et réelle, infinie et finie, indivisible et divisible. Invariable, fixe, immobile, on ne peut mieux le désigner et le définir qu’en disant qu’il e»t; l’être épuise son idée. C’est donc l’absolu dans le monde matériel et visible.

Dans le- monde idéal ou de l’histoire, où les événements se succèdent sans laisser aucune trace, où tout nous offre une instabilité perpétuelle, rien n’est à proprement parler, tout se succède et se développe. Qu’elle est donc l’idée qui répond à celle du temps? celle de l’activité continue. Le temps c’est donc l’activité pure, comme l’espace immobile est l’être pur. Aucun être comme tel n’est dans le temps , mais seulement les modifications de l’être , les changements qui apparaissent comme des manifestations de son activité, mais n’épuisent jamais le fond permanent de sa substance. Aussi dans le temps, tel que les sens et l’imagination le conçoivent, la cause, il est vrai , précède l’effet , le possible le réel , mais , aux yeux de la raison , les deux termes encore se confondent et s’identifient.

De cette manière de concevoir l’espace et le temps, Schelling tire cette conséquence relativement aux mathématiques :

Si dans la pure intuition de l’espace et du temps

DU TRADUCTEUR

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