‹ Écrits philosophiques et morceaux propres a donner une idée générale de son systèmeChapitre 20 sur 69 · XCI · texte numérisé non relu

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mouvement philosophique dont il s’est fait le promoteur. Faire partout cesser le dualisme , rétablir l’harmonie, l’identité dans toutes les sphères de la pensée et de la réalité, dans la nature, l’histoire, la religion et l’art , fonder ainsi le règne définitif de l’absolu , tel est le problème général qu’il pose à la philosophie moderne dans la seconde phase de son développement, et dont le système de l’identité absolue offre la première solution.

Septième leçon. Scheiling excelle à saisir le côté faible ou ridicule d’une opinion et à lancer le sarcasme. Aussi ne laisse t-il échapper aucune occasion d’attaquer sous cette forme les préjugés qui ont leur racine dans les tendances de l’époque ou dans des systèmes différents du sien. Or, si le principe même de sa philosophie lui fait un devoir de lever partout la contradiction qui paraît résider au fond des existences, il ne doit pas décliner la lâche, beaucoup plus facile, de faire voir combien sont vaines les oppositions extérieures qu’une manière de voir superficielle établit souvent entre des choses nécessairementharmoniques quoiqu’indépendantes : telles que \zscience et la morale , la religion et la philosophie, la philosophie et la poésie.

L’opposition de la science et de l’action a déjà été appréciée dans la première leçon. Ici , les critiques portent spécialement contre la philosophie Kantienne qui a contribué à propager cette fausse opinion par sa célèbre distinction de la raison théorique et de la

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raison pratique . Schelling rétablit, en peu de mots, la vérité au point de vue de son système, c’est-à-dire l’unité et l’identité du savoir et de l’action, comme découlant du môme principe etdevanty remonter. La sagesse n’est autrechoseque l’effort pour ressembler à Dieu. Par là s’établit l’union intime de la morale et de la science, non par un lien de subordination, mais sur le piedde l’égalité, comme constituant deux mondes distincts, mais rattachés l’un à l’autre parle principe qui leur sert debase commune. Ainsi, la morale n’est pas moins une science spéculative que la philosophie théorique; chaque devoir correspond à une idée; de même que chaque espèce, dans la nature, a son archétype auquel elle tend à ressembler. Et ce n’est pas seulement la morale privée qui est une science théorique, mais aussi la morale sociale. L’organisation morale de la société repose également sur des idées spéculatives. Là où ces idées manquent, ou ne sont point fortement empreintes dans les cœurs et gravées dans les esprits, il n’y a pas de vie publique; comme un gouvernement ferme et sage est impossible si elles ne sont pas présentes à la pensée detl'homme d’état et du législateur. La ruine des idées entraîne celle des mœurs ou produit leur énervement. La peur de la spéculation a pour suite la mollesse dans l’action, comme elle rend la science superficielle. En un mot, l’étude d’une philosophie sévèrement théorique familiarise avec les idées, et les idées donnent seules à l’action de l’énergie et un sens moral. — Tout cela

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dans sa généralité, nous parait aussi vrai que fortement pensé. Mais nous maintenons ce qui a été dit plus haut.

Le scepticisme religieux, qui était la conséquence du rationalisme kantien , devait contribuer à fortifier cet autre préjugé : que la philosophie, c’est-à-dire la réflexion, ramenant l’hommesur lui-même, lui apprend à connaître sa pensée, sa nature subjective, mais ne peut le faire sortir de lui-même , le conduire à rien d’absolu , par conséquent à Dieu. Ou l’homme ne peut retrouver Dieu exclu de sa conscience , qu’en substituant à la réflexion le sentiment. Il y a donc , entre la religion et la philosophie, la même opposition qu’entre le sentiment et la réflexion. Tel est , comme on sait, le fond de la doctrine de Jacohi. La réponse est facile. La raison n’est point contenue tout entière dans la réflexion , pas plus que dans le raison, nement. L’acte primitif de la raison est intuitif. La raison , celte faculté supérieure , saisit l’absolu par une opération immédiate de la pensée, par l’intuition intellectuelle. C’est dégrader la raison que de l’abaisser au niveau du sentiment. En vain dira-t-on que cette opération de la pensée est encore réfléchie, le sujet se distinguant toujours de l’objet dans la conscience qu’il a de lui-même et de sa propre pensée. — C’est l’attribut de la pensée de se savoir. Vouloir le lui ôter c’est détruire l’intelligence humaine et lui ravir sa prérogative 5 c’est prêcher la supériorité de l’instinct sur la raison , élever la brute au-dessus de

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l'homme. Ce sentimentalisme religieux qui bannit l'idée de Dieu de la raison , cache au fond l'athéisme. A la tête d’un de ses écrits, en réponse à une accusation d’athéisme portée contre sa doctrine par Jacobi, Schelling place comme épigraphe cette phrase de Spinosa , * Proh dolor! res eb jam pervenit ut qui aperle falenlur se Dei ideam non liabere et Deum nullo modo cognoscere , non erubescanl phxlosophos atheismi accusare. Ici, il fait remarquer que ce mépris de la science et de ses formes sévères pourrait bien servir aussi de prétexte à l’impuissance et à la paresse qui se réfugient dans la religion pour échapper aux hautes exigences de la raison. 11 maintient , toutefois , la distinction de la pensée religieuse et de la pensée philosophique. 11 ne veut pas que l’une cherche à supplanter l’autre-, ce qui, dit-il , ne peut se faire sans Fin égal danger pour toutes deux. On regrette que ces points ne soient pas développés et n’aient provoqué ici que de brèves atlîrmations. — D’autres, enfin, établissent une opposition entre la philosophie et la poésie. Schelling n 'épargne pas plus ce sentimentalisme poétique. 11 semoque du dilettantisme des artistes et des poètes qui , dédaignant les hautes méditations de la philosophie , croient pouvoir aborder l’art et ses idées éternelles après avoir vaguement contemplé la nature, ou étudié le monde dans les salons ; sans compter ceux qui , sans aucune expérience de la vie, inondent la littérature de leurs pitoyables vers. — Il se résume en disant qu’au point de vue le plus éle-

vé de la science , tout s’accorde, tout se confond , la nature et Dieu , la science et l’art, la religion et la poésie. L’ignorance, l’empirisme et le savoir superficiels des amateurs peuvent seuls chercher à maintenir leur opposition.

Ici se terminent les considérations relatives à la philosophie. Dans les leçons suivantes, Schelling doit passer en revue les autres branches de l’enseignement des Universités. Il trouve une division toute failedans les Facultés dont elles se composent; mais cette division , pour ne pas être arbitraire , doit reposer sur une base philosophique. Il la déduit de son propre système, dont il trace auparavant brièvement l’esquisse. La science absolue est une, et cette unité se reproduit dans la philosophie , son image. Mais, en se réalisant et se développant, la science se divise; elle donne lieu alors aux sciences particulières. Celles-ci, quoique distinctes, forment un tout organisé, expression extérieure de l’organisme intérieur de la science absolue elle-même. Or, ce type le voici. Au sommet ou au centre est l’absolu , base sur laquelle s’appuient les deux termes de toute existence et de toute pensée , l’idéal et le réel. Au sein de l’être absolu, ces deux termes sont eux-mêmes identiques ; mais, en se développant, ils se dédoublent et se différencient sans perdre leur identité. L’un, le réel, apparaît comme Le développement de l’unité dans la pluralité, de l’inOni dans le fini : c’est la nature. L’autre, l’idéal, se manifeste comme le retour de la variété à l’unité,

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du fini à l’infini ; c’est le règne de V esprit , le monde moral ou de l'histoire. La science offrira donc trois divisions correspondantes : son organisme se compose de trois sciences distinctes et réunies par un lien intérieur. La première est la science de l’être absolu ou de Dieu , la théologie. La seconde, qui répond au côté réel de l’existence , est la science de la nature , dont le but et le point le plus élevé est la connaissance du corps humain, la médecine. La troisième, qui représente le côté idéal, est la science de la société civile , dont la base est l’idée du droit; c’est la jurisprudence.

Or, ces trois sciences obtiennent une existence positive et publique par l’État et dans l’État, où elles deviennent, sous le nom de Facultés , des puissances ayant chacune son organisation propre et sa mission particulière. Quant à leur ordre hiérarchique, la théologie, comme science de l’être absolu, occupe le premier rang. L’idéal étant une puissance plus haute que le réel , le monde social plus élevé que le monde physique, la Faculté de droit doit passer avant celle de médecine. Pour ce qui est de la philosophie, par cela même qu’elle est tout ,ou mêlée à tout, elle ne peut être quelque chose de particulier et n’a point de place distincte. Si elle doit se rattacher à une faculté spéciale , ce doit être celle des arts libéraux. Les autres sciences préparent à un service public; la philosophie, comme l’art, est libre de tout but et de tout intérêt positif; elle ne prépare à rien de déterminé, mais elle développe l’esprit et le rend plus apte à

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lout comprendre. Schelling prétend que partout où la philosophie a été envisagée autrement , elle a joué un rôle ridicule , et, au lieu de la considération dont elle doit jouir, n’a été qu’un objet de plaisanterie générale.

Huitième leçon. Les deux leçons sur la construction historique du Christianisme et sur l’Etude de la Théologie ne peuvent manquer d’exciter vivement l’attention, bien qu’elles ne contiennent que des vues générales sur la religion et le Christianisme. Elles servent comme d’introduction au système religieux que Schelling a développé dans d’autres écrits et dont le cours qu’il professe actuellement à Berlin doit présenter une face nouvelle.

L’idée fondamentale est celle-ci : le Christianisme, c’est l’histoire du monde; donc, pour le comprendre, il faut se donner le spectacle de l’histoire tout entière et ne pas s’arrêter à un point particulier du temps , à une époque déterminée. D’où il suit encore que le point de vue historique est essentiel à la théologie; l’histoire est la clé de la théologie, ou , pour mieux dire, la vraie théologie n’est autre que l’histoire envisagée de son point de vue universel : c’est la plus haute synthèse de la religion et de l’histoire. D’un autre côté, comme ce que la religion développe, sous une forme qui lui est propre, est aussi le fond delà philosophie, les points de vue religieux historique et philosophique sont inséparables

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Le Christianisme est essentiellement historique; en effet, 1° la religion est traditionnelle; son origine est uu enseignement divin dont nous sommes redevables à des natures supérieures. Scheiling ne s’explique pas sur le mode de cette révélation primitive; 2° nous ne pouvons connaître les formes diverses qu’a revêtues le Christianisme que par l’histoire ; 3° enfin, le caractère fondamental du Christianisme, c’est que le monde y est considéré comme un empire moral et, par conséquent , comme objet de l’histoire. Cette idée est développée dans un parallèle que Scheiling établit entre le Polythéisme et le Christianisme. Selon lui , la religion n’a revêtu que deux formes réellement distinctes : le Polythéisme qui représente la manifestation du principe divin dans le monde physique , l’infini identifié avec le fini, et le Monothéisme chrétien, où l’infini n’est qu’exprimé par le fini , s’en distingue et le ramène à lui. Les divinités païennes sont des divinités de la nature; elles recèlent bien l’infini, mais absorbé dans le fini , figures fixes , invariables comme les lois du monde physique. Le Christianisme , au contraire, manifeste l’infini en soi, dégagé du fini, apparaissant sous sa véritable forme. Aussi la nature, le monde des existences fixes, invariables et finies, ne peut le contenir ni l’exprimer. Les symboles ici ne sauraient être tirés que de ce qui est indéfini, soumis au changement, de ce qui tombe sous la loi du temps, c’est-à-dire du monde moral ou de l’histoire. Ce ne sont pas même de véritables symboles. Dans lePoly-

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ihéisnic, le principe divin reste caché, enveloppé dans la nature; exotérique par la forme, il est ésotérique par l’idée. Dans le Christianisme, le voile tombe, le divin rejette toute enveloppe. L’histoire est la révélation des mystères du royaume de Dieu.

Schelling reproduit, en la modifiant, sa division, développée ailleurs, de l’histoire en trois époques, où dominent successivement la nature, le destin, la providence, idées qui, malgré leur diversité, cachent une identité. Il les explique, comme cequi précède, àl'aide des termes sur lesquels roule son système: le réel et l’idéal , le fini et l’infini , la nécessité et la liberté. L’époque de la nature est celle où régne la nécessité éternelle, où les deux termes de l’infini et du fini , non encore distincts, reposent au sein du fini; c’est l’époque la plus florissante de la religion et de la poésie grecques. — L’époque du destin marque la décadence et la fin du monde ancien. Ici, les deux termes , la fatalité et la liberté , se séparent et s’opposent ; l’homme se détache de la nature ; le monde nouveau commence par une sorte de péché originel. A cette opposition des deux termes, doit succéder leur réconciliation , leur harmonie ; l’unité doit être rétablie à un degré supérieur. Cette réconciliation est exprimée dans l’idée de la providence; le Christianisme inaugure ainsi dans l’histoire l’idée de la providence. Telle est la grande direction historique du Christianisme et le principe pour lequel la science de la religion est inséparable de l’histoire*

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— Nous nous abstiendrons sur ce point , comme sur ce qui suit, de toute réflexion. De telles questions ne peuvent se discuter dans une préface. C’est au lecteur à juger si ces abstraites et vides formules, que l’auteur ne prend pas la peine de justifier, expliquent réellement l’histoire et les principaux dogmes du Christianisme. — L’histoire, poursuit Schelling, n’est donc point une simple succession d’événements déterminés parle hasard, ni un enchaînement extérieur de causes et d’effets soumis seulement à des lois nécessaires. L’histoire, comme la nature, est déterminée par une cause unique et universelle. Comme elle, elle procède d’une unité éternelle; elle manifeste l’absolu par une de ses faces , le côté idéal. Or, ce qui est vrai de l’histoire, en général, l’est, à plus forte raison, de l’histoire de la religion ; elle est fondée sur une nécessité éternelle; on peut donc la construire philosophiquement. Le plan en est facile à saisir ; il est donné par la division du monde en deux parts , par l’opposition du monde ancien et du monde moderne. Le monde ancien , on l’a vu , est le côté naturel de l’histoire; il représente l’infini retenu, enveloppé dans le fini. Il cesse lorsque le véritable infini descend dansle fini, non pour le diviniser, mais pour l’immoler et le réconcilier avec son principe. L’idée première du Christianisme est le Dieu fait homme, le Christ comme sommet et fin de l’ancien monde des dieux; il revêt l’humanité dans sa bassesse et non dans sa grandeur. De plus, il ne reste pas au sein du fini;

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manifestation passagère dans le temps , il retourne dans le monde invisible et laisse à sa place le principe idéal , l'esprit, qui ramène le fini à l’infini et est la lumière du monde nouveau.

Telles sont les idées principales qui sont indiquées plutôt que développées dans celte leçon. On y reconnaîtra facilement le germe de plusieurs doctrines plus récentes où l’on a cherché àexpliquer les principaux dogmes du Christianisme et sa place dans l’histoire. En négligeant les points particuliers que l’auteur a plusieurs fois modifiés , nous ferons remarquer que , comme toute opposition dans ce système , celle du monde ancien et du monde moderne, qui sert de base à la construction historique du Christianisme , recouvre une identité et un développement continu. Ainsi , dès le commencement , si Schelling ne parle pas de la religion indienne, c’est que, dit-il , elle ne forme pas, sous ce rapport, une opsition avec le Christianisme, bien qu’elle ne s’accorde pas avec lui. D’un autre côté, le Christ est à la fois le sommet et la fin de l’ancien monde des dieux. Un monde intellectuel était enfermé dans les fables grecques qui, en se dépouillant de son enveloppe, a dû passer dans le symbole chrétien. D’ailleurs, à côté de la religion populaire, une religion idéale, spiritualiste, existait dans les mystères. La mythologie était le côté exotérique de la religion grecque, les mystères le côté ésotérique. On trouvera le développement de cette idée dans le morceau sur

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les mystères de l’antiquité ( p. 333), que nous avons donné comme éclaircissement ( voyez aussi p. 217). La leçon suivante la reproduit d’ailleursd’une manière non équivoque dans la critique du point de vue contraire.

Neuvième leçon. Après avoir posé ces principes , Schelling, les appliques l'étude de la théologie, ci il fait la critique des diverses manières dont celte science est traitée et enseignée.

Il combat d’abord celle qui présente le Christianisme comme un évènement isolé dans le temps, comme une œuvre particulière de la providence divine. Selon lui, non seulement le Christianisme se lie à l’histoire entière du monde , mais il en est la suite , le développement. De plus, son origine s’explique naturellement, ce qui ne lui ôte pas son caractère divin. Les esprits étaientpréparésà recevoir la religion nouvelle par le malheur des temps, par la satiété des jouissances matérielles, par la corruption portée à son comble. D’ailleurs, le Christianisme préexistait à lui-mème et en dehors de lui-même, dans le judaïsme, dans les mystères de la Grèce, dans les antiques religions de l’Orient. 11 affirme l’identité des dogmes chrétiens avec ceux de la religion indienne, alors peu connue, d’après des analogies plus extérieures que réelles. Il distingue dans l’histoire deux tendances : l’une sensualiste, qui se développe dans le polythéisme; l’autre idéaliste. Les cultes de l’Inde, de la Perse, de l’Égypte,

les mystères de la Grèce , le pythagorisme, le platonisme, lui paraissent former la chaîne qui unit le Christianisme aux temps les plus reculés. Et ainsi se trouve établie sa thèse : L’histoire du Christianisme c’est l’histoire universelle. •

Ces idées, qui ont été développéesdepuis dans une foule d’écrits en Allemagne et en France, et qui forment encore aujourd’hui le sujet le plus ardent de la polémique religieuse, n’étaient pas alors précisément nouvelles, mais elles recevaient un aspect nouveau du principe fondamental du système de l’identité. Elles offraient le côté spéculatif ou métaphysique combiné avec lecôté historique, ce qui avait manqué aux systèmes précédents. Aussi, est-ce de ce côté que Schelling dirigesa polémique. Non seulement, dit-il, la théologie ne peut sepasser de l’histoire envisagée au point de vue universel; mais elle ne peut non plus s’isoler de la philosophie, qui a pour objet les plus hautes idées sur l’essence divine , la nature et l’histoire dans leur rapports naturels et avec Dieu. Seulement, il s’agit ioi d’une philosophie vraiment spéculative , qui applique à ces sublimes objets, non les règles ordinaires de l’expérience et du raisonnement, mais la faculté supérieure de l’intelligence qui conçoit l’éternel, l’absolu et les idées médiatrices entre l’homme et Dieu.

Il passe ensuite en revue les diverses méthodes suivies dans l’enseignement de la théologie. Les principales qui sont incriminées sont : celle du rationalisme kantien, la théologie protestante , la méthode

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