‹ Écrits philosophiques et morceaux propres a donner une idée générale de son systèmeChapitre 51 sur 69 · DES SYSTÈMES PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

DES SYSTÈMES PHILOSOPHIQUES

paraître au sens commun , n’est arrivé réellement à quelque chose d’absurde ; qu’ainsi , sur chaque question possible en philosophie, une réponse générale aussi est possible; car on voit, dès-lors, que la raison ne peut proposer une question à laquelle il n’ait déjà été répondu au fond. — De môme que d’un germe rien ne peut se développer qui n’ait déjà été contenu en lui , de même, dans la philosophie, rien ne peut naître ( par l’analyse) qui ne soit auparavant dans l’esprit humain (la synthèse primitive). Par conséquent, un esprit commun pénètre tous les systèmes particuliers qui méritent ce nom , et les domine. Chaque système particulier n’est possible que comme déviation du modèle général dont tous se rapprochent plus ou moins. Mais ce système général n’est pas une chaîne descendante où chaque anneau s’attache à un autre, c’est un organisme dans lequel chaque membre particulier, par rapport à tout autre, est alternativement principe et conséquence, moyen et fin. Ainsi, tout progrès dans la philosophie n’est qu’un progrès par développement ; chaque système particulier qui mérite ce nom peut être considéré comme un germe qui, lentement et successivement, il est vrai , mais sans interruption , croît dans toutes les directions en développements les plus variés. Celui qui a une fois trouvé un pareil point central pour l’histoire de la philosophie est seul capable de l’écrire véritablement cl conformément à la dignité de l’esprit humain.

Dans une pareille histoire de la philosophie, on

PHILOSOPHIE

doit ensuite, sans doute, poser en loi que les esprits originaux seuls y trouvent place , ceux qui , dans la philosophie, traitent les choses à fond, nullement celui qui a entrepris la tâche mercenaire de confirmer des opinions antérieurement adoptées, par de nouvelles preuves , de donner d’anciennes erreurs sous un nouvel aspect, grâce à des subtilités philosophiques. 11 s’entend aussi de soi-même qued’une télle histoire sont exclues ces prétendues philosophies qui se forment extérieurement et fraçjmenlairemenl par un entassement sans ordre, non par un principe intérieur et suivant des lois organiques. Sans doute, ildoityavoir dans la raison humaine même un point qui réunisse et concilie tous les points extrêmes de notre science. Mais ce point ne peut être trouvé par des combinaisons arbitraires qui ne doivent leur origine qu’à des associations d’idées, à la convenance ou au caprice d’un chef de doctrine. De ce procédé , en effet , ne naissent que des rapsodies , dans lesquelles, à la vérité , les doctrines les plus diverses des philosophes anciens et modernes sont juxta-posées sans se combattre, mais aussi sans s’accorder ; car elles ne se contredisent qu’autant qu’un point commun les réunit toutes , et réciproquement.

( filtrait du Journal philosophique de Fichte et de Niethammer , 1797. )

RELIGION

Période» de l’Histoire dn monde.

Destin. Mature» Providence.

( Pour servir d’appendice à la huitième leçon des Etudes académiques. )

Nous pouvons admettre trois périodes dans cette manifestation (de Dieu) , et par conséquent aussi trois périodes dans l’histoire. Le principe de cette division nous est fourni par les deux opposés, le destin et la providence, entre lesquels se trouve la nature qui est la transition de l’un à l’autre.

HKL1GION .

La première période est celle où domine encore le destin, où, comme force entièrement aveugle, il jette, froidement et sans conscience, la perturbation dans ce qu’il y a de plus grand et de plus noble. A cette période de l’histoire, que nous pouvons appeler tragique, appartient la décadence de la splendeur et des merveilles du monde ancien, et le bouleversement de ces empires dont le souvenir s’est à peine conservé, et dont les ruines nous font présumer la grandeur : la décadence de l’humanité la plus noble qui ait jamais fleuri sur la terre et dont le retour est l’objet d’un vœu éternel.

La seconde période de l’histoire est celle dans laquelle ce qui, dans la première, paraissait comme destin , c’est-à-dire comme force complètement aveugle, se révèle comme nature, et où la loi obscure, qui dominait dans celle-là, paraît se transformer en une loi naturelle, sous laquelle la liberté et le libre arbitre sont forcés de plier, pour servir à un plan de la nature, ce qui introduit dans l’histoire une conformité au moins machinale à la loi. Cette période pa raît commencer depuis l’extension de la république romaine, qui , dans sa passion de domination, unit, pour la première fois , les peuples d’une manière générale, les uns avec les autres , mit en contact les peuples isolés, forcée, sans en avoir conscience et contre sa volonté, de concourir à un plan de nature dont le développement complet doit faire naître l’unioü universelle des peuples et l’Étal universel. Tous les évé-

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