‹ Écrits philosophiques et morceaux propres a donner une idée générale de son systèmeChapitre 52 sur 69 · DESTIN, NATURE, PROVIDENCE · texte numérisé non relu

DESTIN, NATURE, PROVIDENCE

nements qui ont lieu dans cette période ne doivent donc être considérés que comme des résultats de la nature; de sorte que la chute de l’empire romain n’a ni un côté tragique ni un côté moral, mais, conformément aux lois naturelles, devait être nécessairement et proprement un tribut payé à la nature.

La troisième période de l’histoire est celle où ce qui , dans les périodes précédentes , apparaissait comme destin ou comme nature , se développera et se manifestera comme providence; de sorte que ce qui paraissait l’œuvre du deslin ou de la nature était déjà le commencement d’une providence qui se révélait imparfaitement.

Quand cette période commencera-t-elle? Nous ne pouvons le dire. Mais quand cette période sera, Dieu sera (1),

(Système d'idéalisme transcendent al, quatrième partie , 1800. )

(1) Dans les leçons sur la méthode des Éludes académiques, Schelling s’exprime autrement : cette troisième période est inaugurée par le christianisme. C. B.

RIXIG10M.

Dn Développement de l'humanité.

L’histoire est une époque composée dans l’esprit de Dieu. Elle offre deux parties principales : l’une représente l’éloignement de l’humanité de son centre jusqu’à sa limite extrême, l’autre représente son retour. L’une est en quelque sorte l’illiade, l’autre l’Odyssée de l’histoire. Dans la première est la direction centrifuge, dans la seconde la direction centripète. Le grand point de vue de l’univers entier s’exprime ainsi dans l'histoire. Les idées , les esprits devaient tomber de leur centre, se développer dans la nature la sphère générale de la chûte dans la particularité, afin, qu’ensuite, ils retournassent, comme particulier, dans l’identité et, reconciliés avec elle pussent exister en elle sans la détruire.

( Philotophie et Religion , 1804. )

DES MYSTÈBES DE l’aNTIQUITÉ. 333

Des Mystères <le l'antiquité

Si , d’après le modèle de l’univers, l’État est divisé en deux sphères ou classes d’êtres, celle des êtres libres qui représentent les idées , et celle des êtres non libres qui représentent les choses concrètes et sensibles , l’ordre le plus élevé, le rang suprême, reste encore non rempli par chacun d’eux. Les idées , par cela même que les choses sont leurs instruments ou leurs organes , passent dans le monde visible ; elles y entrent comme âmes. Mais Dieu , l’unité suprême, reste au-dessus de toute réalité. Son rapport éternel avec la nature n’est qu’un rapport indirect. Si donc l’État représente , dans l’ordre moral le plus élevé , une seconde nature , le divin ne peut jamais être avec lui que dans un rapport idéal et indirect , mais non dans un rapport réel.

La religion , dès-lors , dans l’État le plus parfait, pour se maintenir elle-même dans une idéalité pure et invariable , ne peut exister autrement que comme ésotérique, ou sous la forme de mystères.

Veut-on , cependant , qu’elle ait aussi un côté exotérique et public? on le trouvera dans la mythologie, la poésie et l’art d’une nation. La religion , proprement dite, en vertu de son caractère idéal , renonce à la publicité et se retire dans la sainte obscurité du mystère. L’opposition dans laquelle elle est avec la religion exotérique, ne fera préjudice ni à elle-même

RELIGION

ni à celle-ci , mais laissera d’autant mieux chacune d’elles subsister dans sa pureté et son indépendance. Si peu que nous connaissions des mystères grecs, nous savons cependant, à n’en pas douter , que leur doctrine était dans l’opposition la plus directe et la plus frappante avec la religion publique. Le sens pur des Grecs se montre précisément en ceci : qu’ils conservaient , dans son idéalité et son impénétrabilité , ce qui , de sa nature , ne pouvait être public et réel. Que l’on n’objecte pas que cette opposition des mystères et de la religion publique a pu consister simplement en ce que les premiers n’étaient communiqués qu’à un petit nombre d’initiés. S’ils étaient secrets , ce n’était pas parce que peu de personnes étaient admises à y prendre part , puisque cette participation s’étendait au-delà des limites de la Grèce ; mais leur profanation , c’est-à-dire leur translation dans la vie publique , était considérée comme un crime et punie. La nation ne montrait en rien autant de zèle qu’à faire maintenir les mystères dans leur absence de toute publicité. Ces mômes poètes , qui appuient toute leur poésie sur la mythologie, parlent des mystères comme de la plus sainte et de la plus bienfaisante des institutions. Partout , ceux-ci apparaissent comme le centre de la moralité publique. La tragédie grecque lui doit la plus haute beauté, et il ne serait pas difficile d’entendre dans les poésies de Sophocle un écho des initiations par où il avait passé. Si l’on n’avait pas toujours et uniquement tiré l’idée du pa-

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