‹ Écrits philosophiques et morceaux propres a donner une idée générale de son systèmeChapitre 57 sur 69 · POLITIQUE · texte numérisé non relu

POLITIQUE

ne repose donc pas sur l’émulation des pouvoirs opposés, moyen de sûreté superficiel le que l’on a imaginé ; elle dépendra du bon vouloir de ceux qui ont en main le pouvoir le plus élevé. Mais rien de ce qui touche à la sûreté du droit ne doit dépendre du hasard. On ne pourrait rendre l’existence harmonique de cette constitution indépendante du bon vouloir, que par une coercition dont évidemment le principe ne peut se trouver dans la constitution , parce qu’il y aurait nécessairement alors un quatrième pouvoir auquel on donnerait la force en main , ce qui en ferait un pouvoir exécutif, ou qu’on laisserait impuissant; et, dans ce cas, son action dépendrait du simple hasard. Si le peuple, en effet, avait le droit de résistance armée, l’insurrection serait inévitable , et l’insurrection doit être aussi impossible dans une bonne constitution que dans une machine.

Il ne faut donc considérer comme sûre l’existence d’aucune constitution parfaite en théorie , si au-dessus de l’État particulier ne domine une organisation , une fédération de tous les États se garantissant réciproquement leurs constitutions respectives. Cette garantie générale et réciproque n’est pas possible; premièrement, avant que les principes de la vraie constitution de droit ne soient universellement répandus , de sorte que tous les États particuliers n’aient d’autre intérêt que de conserver la constitution de chacun d’eux; et, secondement, avant que les États ne se soient soumis à une seule loi commune , comme

d’u.NK CONSTITUTION DK DltOiT. 345

ont fait d’abord les individus, en formant des États particuliers; de sorte que les États particuliers appartiennent à un État d’États, et qu’il existe , pour les luttes des peuples entre eux , un aréopage général de tous les peuples , composé des représentants de toutes les nations civilisées, et qui dispose contre un état rebelle de la puissance de tous les autres États.

Comment une constitution de droit général, régissant ainsi tous les États particuliers , et au moyen de laquelle ceux-ci sortiraient de l’état de nature dans lequel ils sont demeurés jusqu’à présent dans leurs rapports réciproques, peut-elle être réalisée par la liberté qui, dans les rapports réciproques des États , joue aujourd’hui un rôle téméraire et sans frein ? Il est impossible de le comprendre , si , dans ce jeu de la liberté, dont le développement forme toute l’histoire, ne domine une nécessité aveugle qui ajoute objectivement à la liberté ce qui n’aurait jamais été possible par elle seule.

Nous nous voyons rejetés, par le cours du raisonnement, dans la question déjà proposée touchant le principe de l’identité entre la liberté, d’un côté, en tant qu’elle se manifeste dans le libre arbitre , et l’objectif, ou ce qui est régi par la loi , de l’autre, — question qui reçoit dès à présent une signification plusélevée , et qu’il faut résoudre dans sa plus grande universalité.

( Idéalisme transcendantal .}

HISTOIRE

Histoire. — Hé la notion de l'Histoire.

La production d’une constitution générale de droit, ne peut être abandonnée au hasard , et on ne peut en attendre une que du libre jeu des forces que nous apercevons dans l’histoire. D’où s’élève la question : Une série d’événements sans plan et sans but peutelle mériter le nom d’histoire; et n’y a-t-il pas aussi, dans la simple notion de l’histoire , la notion d’une nécessité sous laquelle le libre arbitre est contraint de plier?

Il faut, avant tout, nous assurer de la notion de l’histoire.

Tout ce qui arrive n’est pas , pour cela , objet de l’histoire. Les événements physiques, par exemple, n’ont droit à une place dans l’histoire que par l’influence qu’ils ont eue sur les actions humaines. Mais, ce qui arrive d’après une règle connue , ce qui revient périodiquement, ou, en général, une conséquence qui peut être calculée à priori , mérite bien moins encore d’être considéré comme objet historique. Si l’on voulait parler d’une histoire de la nature, dans le sens propre du mot histoire , on devrait représenter la nature comme étant évidemment libre dans ses productions, comme ayant produit toute leur multiplicité successivement , par de conslantes déviations d’un seul principe originel , et ce serait alors une histoire, non des objets de la nature (ce

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