ET EN VOUS DONNANT TOUTE A LUI
Qui diligunt Dominum conservabunt viam eius.
Ceux qui aiment le Seigneur garderontsavoie.(Eccli.,2, 18.)
Il s’est présenté à mon esprit un grand nombre de passages de l’Écriture sainte qui traitent des divins commandements, particulièrement du Psaume 118, où il est incessamment parlé de la loi de Dieu. Je les ai regardés d’une simple vue, sans raisonnement et sans recherche, me contentant qu’il s’agissait des commandements de mon grand Dieu, à qui il faut obéir à l’aveugle et sans raisonner.
Ma volonté en a été si fort embrasée, que pour me soulager et donner de l’air à mon cœur, je répétais
LES RELATIONS ü’ ORAISON
plusieurs fois les passages qui me venaient à l’esprit.
Bien loin d’en être soulagée, ces sentences si souvent répétées m’échauffaient encore davantage, et elles étaient comme des souffles de vent qui augmentaient le feu.
Je me suis sentie portée à me prosterner à terre pour renouveler les vœux que j’ai faits au baptême de garder les divins préceptes.
Je l’ai fait, et dans cette action, j’ai ressenti un nouveau feu s’allumer dans mon cœur qui a duré jusqu’à la fin de l’oraison. Je ne puis exprimer ce que mon âme a ressenti et connu des voies de Dieu, de ses justices, de sa sainteté, de ses jugements, de ses témoignages, de ses justifications, de ses ordonnances ; car, sous tous ces noms différents, je comprenais une même chose, savoir, les commandements de mon grand Dieu.
Ce sont ses voies, parce que c’est par ces divins préceptes que nous devons aller à lui ; ce sont ses justices, parce qu’ils sont équitables et l’équité même ; ce sont sa sainteté, parce qu’ils nous sanctifient, et qu’ils sont les règles fondamentales de tout bien ; ce sont ses jugements, parce que ce sont les articles sur lesquels nous serons jugés ; ce sont ses témoignages, parce qu’en les gardant, nous témoignons que nous nous reconnaissons ses sujets ; ce sont ses justifications, parce qu’ils nous justifient en sa présence quand nous les pratiquons, et qu’ils justifieront Dieu même quand il donnera sentence contre ceux qui les méprisent ; ce sont enfin ses ordonnances, parce qu’ils mettent le bon ordre partout, soit en nous, soit hors de nous, et que n’étant pas gardés, tout est désordre et confusion 1.
Durant tout ce temps-là, les mouvements de mon cœur étaient si violents que je ne pouvais même en parler à sa divine Majesté. Mais, sans rien dire et par un regard simple et amoureux, je lui témoignais qu’elle savait tout ce que je voulais dire, et qu’elle ne pouvait ignorer les désirs de mon cœur pour accomplir ses divins préceptes et ses adorables volontés.
i. Tout ce paragraphe est vraisemblablement un développement de l’éditeur.
POUR LE VIIIe JOUR. DIEU ÉPOUX
le MÉDITATION (22)
Les pensées que Dieu a eues de toute éternité