R : je voyais. 2. R ajoutent : et glorifié
* La Vénérable Mère a parfaitement senti ce qu’il y avait d’étrange au premier abord dans l’état dont elle vient de parler. « C’est peut-être, observe la Vie, sur des expériences semblables qu il se trouve des mystiques qui soutiennent que la volonté peut quelquefois aimer sans le secours de l’entendement. » (Vie, P- 131-) Dom Claude Martin reviendra plus tard sur ce phénomène. Rappelons seulement ici, pour prévenir toute fausse interprétation, qu’il n’y a pas d’amour sans connaissance préalable. Et ce n’est pas contre cette vérité d’expérience que s’élève la Vie (Voir plus haut la note de la Méditation 33, p. 75). Mais dans la contemplation surnaturelle, il n’est pas nécessaire, comme le remarque saint Jean de la Croix, « qu il y ait d’abord une connaissance distincte ni que l’âme fasse œuvre intellectuelle, car Dieu, en un même acte, lui communique à la fois lumière et amour». Le saint ajoute encore que dans ces communications délicates il arrive parfois « que Dieu se fait connaître et impressionne plus une puissance que l’autre. Tantôt, dit-il, c’est l’intelligence qui est plus active, tantôt c’est l’amour... Même il s adresse uniquement à l’intelligence sans aucun amour, puis l’amour se fait sentir en dehors de toute intelligence... Quand l’âme pose des actes naturels par 1 entendement, elle ne peut aimer sans comprendre, mais il n’en est pas ainsi pour (certaines) infusions divines : Dieu peut séparer les puissances et agir sur l’une en négligeant l’autre. Il peut enflammer la volonté par la touche ardente de sou amour alors que l’entendement ne saisit rien, comme une personne peut éprouver la chaleur d’un foyer sans voir le feu. » (Saint Jean de la Croix. La Vive Flamme d‘ Amour, Str. m, vers ni, paragr. x. — Traduction Hoornaert.) L’expérience de Marie est ainsi susceptible d’une double explication.