‹ Écrits spirituels et historiques (volume 2)Chapitre 29 sur 81 · PAS DE CARESSER VOTRE ÉPOUX DANS LES DÉLICES DE · texte numérisé non relu

PAS DE CARESSER VOTRE ÉPOUX DANS LES DÉLICES DE

l’union, mais qu’il faut encore lui signaler votre AMOUR PAR L’ACCOMPLISSEMENT DE SES VOLONTÉS ET PAR LA PRATIQUE DES BONNES ŒUVRES

le MÉDITATION (52)

Servus qui cognovit voluntatem dommi sui et non fecit secundum voluntatem eius vapulabit multis.

Le serviteur qui sait la volonté de son maître et qui ne la fait pas sera battu et recevra beaucoup de coups. (Le.,

JE me suis adressée à Notre-Seigneur, comme j’ai coutume de faire, sans faire aucun acte que de m’anéantir en sa divine présence, en la vue de sa grandeur et de mon néant.

Considérant ensuite d’un simple regard quelle était cette volonté à laquelle je suis obligée d’obéir, il m’est venu dans l’esprit qu’il n’y a qu’une volonté de Dieu, mais qu’il y a diverses opérations ; qu’en regardant la volonté de Dieu en Dieu, elle est Dieu même, et qu’en la regardant hors de Dieu, ce sont ses saintes lois qui nous ont été manifestées par les paroles de Jésus-Christ et par ses vertus tant intérieures qu’extérieures ; que ses actions aussi bien que ses paroles nous tiennent lieu de loi, puisque la volonté de Dieu y est également enfermée, car c’est lui qui par la bouche de son prophète a fait cette déclaration : Il est écrit de moi, ô mon Dieu,

que j’accomplisse voire volonté (Ps. 39, 8), que, par conséquent, tous les chrétiens, et particulièrement les personnes religieuses, sont appelés non seulement pour pratiquer ce qu’il dit, mais encore pour imiter ce qu’il a fait ; et si nous avons des répugnances à ces hautes vertus, il fortifie nos faiblesses par la répugnance qu’il avait dans le jardin où il nous a fait leçon du parfait dépouillement que nous devons avoir de notre volonté, parce que, ressentant en lui une volonté qui ne s’accordait pas avec celle de son Père, il la quitta disant : Que votre volonté soit faite et non la mienne (Le., 22, 42) ; et il avait dit déjà auparavant : Je ne suis pas venu au monde pour faire ma volonté, mais pour faire celle de mon Père (Jo., 6, 38).

Je voyais encore qu’à l’imitation du prophète, nous devons estimer les paroles et les actions de Notre- Seigneur plus que l’or et la topaze (Ps. 118, 127) et plus que tout ce qu’il y a de précieux dans le monde, car, comme il dit lui-même, elles sont esprit et vie (Jo., 6, 64) : d’où vient qu’en pratiquant les unes et imitant les autres, nos actions sont véritablement spirituelles et vivantes.

Que si nous sommes tièdes, il nous vomira, selon les menaces qu’il en a faites dans l’Apocalypse, c’est-àdire qu’il nous rejettera avec dégoût. La paresse et la tiédeur sont la même chose. Dieu ne veut donc point d’âmes lentes et paresseuses. Qu’il faut donc que toutes nos actions soient ferventes et animées de son esprit, en sorte que nous puissions dire dans la sincérité de notre conscience avec celui que nous imitons : Je fais toujours le bon plaisir de mon Père (Jo., 8, 29).

Je me suis sentie toute émue 1 à accomplir les volontés de ce grand Dieu et à me soumettre pour jamais à ses saintes et divines lois. Mais, comme sa Bonté ne m’a jamais conduite par des motifs de crainte, celui-ci n’a pu faire d’impression dans mon esprit : Que celui qui sait la volonté de son maître et qui ne la fait pas sera battu et chargé de coups. Mais je me suis sentie portée à faire

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