Archives départementales d’Indre-et-Loire, Série D. i
2 Cependant Marie fait une fois allusion aux vœux de son baptême {Méditation 21), et une autre à la grâce de ce même sacrement (. Méditation 23), mais jamais elle ne mentionne sa profession religieuse, tout comme si la première Retraite eût été antérieure à cet événement.
nous savons d’ailleurs nous le garantit, ses additions ont été plus nombreuses que considérables, portant presque uniquement sur le détail. Mais enfin, avec ses interpolations, il en a fait comme il le prétendait, des manières de méditations. Par là, en dépit de ses louables intentions, il en a gravement altéré la physionomie. Les notes d oraison de Marie sont des mémoires spirituels, des documents psychologiques au même titre que ses grandes Relations, bien que sur un point particulier. Elles ne sont que cela, et c’est avec cette optique qu on doit encore aujourd’hui les envisager, si l’on veut éviter dans leur lecture un contresens qui serait très préjudiciable à leur intelligence. Elles nous intéressent infiniment plus par le jour qu’elles jettent sur l’âme de Marie pendant son oraison que par les considérations, fort élevées parfois, dont elles sont remplies.
Dernièrement, M. Henri Bremond* 1 ne s’y est point trompé.
« Ce petit livre des Méditations, plus utile — à son avis — que vingt traités de mystique », lui a fourni quelques-uns des éléments principaux de son essai sur la psychologie spirituelle de Marie de 1 Incarnation. Les Retraites sont, en effet, capitales dans la série des écrits autobiographiques de la Vénérable Mère. S’il y a profit pour les âmes à les lire et à s’en inspirer pour leurs méditations personnelles, elles doivent d’abord nous servir à nous approcher aussi près que possible de Marie de l’Incarnation, au moment privilégié de son oraison actuelle. Plus que tous les autres, les textes de ce précieux recueil nous donnent d’observer «une grande âme en prière2». C’est justement ce qui en fait l’importance majeure et la gravité.
Ailleurs, dans les traités théoriques ou didactiques, le fait mystique nous apparaît à l’état abstrait. Ici, nous le saisissons dans sa réalité concrète et vivante. Nulle abstraction ni généralisation, nulle théorie. La sainte Ursuline a simplement, mais soigneusement, décrit toutes les attitudes de son âme durant son heure régulière d’oraison. Elle l’a fait pour elle-même en toute objectivité et indépendance. Le jeu normal de son
I. Histoire littéraire du sentiment religieux en France... T mystique. Marie de l’ Incarnation... chap. v. La vie intense des
1 expérience et la doctrine de Marie de l’Incarnation.