XIX] X
La langueur était causée par de nouveaux écoulements et par des touches divines, par lesquelles l’âme voyait qu’elle ne pouvait pas encore jouir de l’Époux, avec lequel elle prétendait le mariage spirituel, dans une pureté dont il lui avait fait connaître qu’elle devait être ornée. Elle n’avait pas encore cette pureté, et cependant les traits de l’amour de l’Époux, qui sont ses touches intérieures, augmentaient sans cesse, ce qui la faisait languir jusques à un tel point qu’elle n’en pouvait plus. Je crois que c’est ce que le Saint-Esprit faisait dire à l’Épouse des Cantiques : Soutenez-moi de fleurs, appuyez-moi de pommes, parce que je languis d’ amour b. Mon âme avait en vue les beautés ravissantes de l’Époux; elle voyait qu’on la préparait au mariage ; mais le temps prolongé la faisait mourir sans mourir. Tout ce qu’elle pouvait, c’était de faire des respirs qui disaient ces mots en leur signification : « Ah ! mon Amour ! Ah ! mon Bien-Aimé ! Ah ! mon Amour ! Ah ! mon Bien-Aimé ! » Les mois entiers se passaient de la sorte, et ce peu de mots disait beaucoup à l’Époux, qui se plaisait à purifier sa future Épouse dans cette langueur qui, comme j’ai dit, est une mort sans mort et un purgatoire amoureux
». Voir dans le Vol. I, p. 379, la pièce intitulée : Exclamations. b. Cantique des cantiques, II, 5.
où il la tient pour la purger de ses propres opérations, appropriations et autres restes de défauts.