XXXIV] XII
Les connaissances que Notre-Seigneur m’a données sur l’Écriture sainte ne me sont pas venues en la lisant, mais dans l’oraison : ce qui a beaucoup servi à la direction de ma vie tant intérieure qu’extérieure. Car cette parole sainte est une nourriture céleste qui m’a donné et me donne encore la vie par l’Esprit-Saint, qui m’en donne l’explication. Ce que vous en avez vu en divers endroits est émané de là sans milles recherches, de sorte que je n’ai point examiné si j’ai retenu ou oublié ce que ce divin Esprit m’en a appris, parce que j’estime qu’il ne veut pas que je me charge de ce soin ni de cette étude, puisqu’il me fournit dans les occasions ce qu’il lui plaît pour mes besoins : ce que j’expérimente soit en psalmodiant, soit en priant, soit enfin en lisant l’Écriture sainte pour obéir à la règle qui nous oblige à faire des lectures spirituelles, car il est rare que j’en fasse ailleurs. Enfin, tout ce que je vous puis dire est que notre grand Dieu est si bon qu’il n’ôte pas les dons qu’il a conférés aux pauvres et aux petits qu’il veut nourrir et élever en son école.