‹ Écrits spirituels et historiques (volume 2)Chapitre 77 sur 81 · XX · texte numérisé non relu

XX

La privauté avec Notre-Seigneur a quelque chose de plus que la parole intérieure. L’âme a une certitude de foi et une expérience certaine que non seulement Dieu lui est présent, mais encore qu’il habite en elle et qu’il y agit par son saint et divin Esprit qui la meut et lui fait tenir le langage qu’il lui plaît, car elle se perd toute en lui et n’a plus d’opération que par son mouvement. Et il faut remarquer que dans cet état de privauté, l’âme agit avec Dieu suivant ce que Dieu fait pour lors en elle, soit en qualité de souveraine Majesté, soit en qualité d’ Époux, soit en qualité de Juge des vivants et des morts, et enfin selon l’état par lequel il se manifeste à elle. Mais il y a un certain état foncier et permanent dans lequel l’état d’épouse prévaut à tout. Et quoique l’âme voie son état d’épouse et qu’elle voie en même temps d’une façon spirituelle les souveraines qualités de son Époux, la privauté marche toujours d’une même manière : elle a toujours le rang d’épouse partout.

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