‹ Écrits spirituels et historiques (volume 3)Chapitre 27 sur 65 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

c. vi, p. 222.

en tout cas, put le remettre au P. de la Haye, quand celui-ci, son Carême prêché, regagna Orléans.

Ainsi que Marie vient de l’écrire, le mémoire contenait deux parties : une confession et un récit de ses grâces. La confession ne lui avait pas été demandée ; mais elle avait tenu, par humilité, à la faire : « J’étais contente, dit-elle, puisqu’il m’était permis d’écrire tous mes péchés, afin que l’on pût voir s’ils étaient compatibles avec de si grandes miséricordes, et que l’on vînt à connaître celle qui avait fait un si mauvais usage des grâces de son Dieu... ; il me semblait que j’eusse été hypocrite de dire le bien qu’on désirait savoir et de taire le mal qui était en moi, et je fus même contrainte d’écrire mes péchés les premiers, afin de ne tromper personne L » De ces deux parties, le P. de la Haye supprima la première, qui ne lui était d’aucune utilité, mais « il conserva l’autre adroitement1 2. »

Cette Relation a une histoire assez singulière, si l’on songe qu’il s’agissait d’affaires de conscience sur lesquelles Marie n’eût pas manqué de demander le secret, comme elle le fit plus tard pour sa Relation de 1654. Le P. de la Haye ne se tint pas de la communiquer à quelques intimes : ce qu’il pouvait faire d’ailleurs en lui gardant son anonymat. Quelque temps avant sa mort enfin, — il mourut en 1652, — il en faisait don, avec les renseignements nécessaires sur son auteur, aux Ursulines de Saint-Denis en France. Celles-ci avaient dû être invitées à s’en taire, jusqu’à la mort de Marie. Elles gardèrent fidèlement la consigne, si fidèlement même que Dom Claude Martin qui connaissait l’existence de cette pièce la chercha vainement de 1652 à 1672. « Lorsque je travaillais à cet ouvrage, dit-il dans la préface de la Vie, j’ai heureusement recouvré la première relation que (la Mère de l’Incarnation écrivit) en l’année 1633... C'est une pièce fort exacte que j'avais cherchée plus de vingt ans sans la trouver. 3 » Après la mort de Marie de 1 Incarnation, arrivée en 1672, le silence n’avait plus de raison d’être. Dom Claude Martin trouva alors la pièce sans la chercher, les Ursulines la lui ayant « envoyée fort obligeamment sur l’avis qu’elles

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