‹ Écrits spirituels et historiques (volume 3)Chapitre 28 sur 65 · Dom Claude Martin, l. c. préface · texte numérisé non relu

Dom Claude Martin, l. c. préface

(avaient) eu qu’il travaillait à (la) Vie (de sa vénérable Mère). » La Vie parue, le document fut sans doute retourné à ses propriétaires. En tout cas, on perd alors définitivement sa trace, et aujourd’hui, il n’est plus représenté que par les extraits qui ont pris place dans l’imprimé.

Nous connaissons déjà les principes qui ont dirigé Dom Claude Martin dans son travail. C’est surtout à l’occasion de la Relation de 1633 que nous voyons sa méthode à l’oeuvre, et que nous en saisissons sur le vif le défaut.

Les deux autobiographies que nous a laissées Marie de l’Incarnation ont entre elles de nombreuses ressemblances. Elles ont un fonds commun. Marie, de plus, y a suivi l’ordre chronologique. Mais, sauf la symétrie des récits et l’identité du sujet, tout le reste, occasion et circonstances de leur composition, préoccupations de l’auteur, destinataires, y est différent. La Relation de 1654 n’est point pour ses trente-trois premières années une simple réplique de la Relation de 1633. Celle-ci à son tour, ne saurait être considérée pratiquement comme un supplément de celle de 1654. Le mémoire de 1633 est, on vient de le dire, un compte-rendu complémentaire de la confession fait à un directeur de conscience : celui de 1654, une communication intime et libre d’une mère à son fils. Mais cette communication, nouvelle différence, a pour fonds une expérience et une réflexion beaucoup plus riches. Ce n’est plus une dirigée qui hésite encore sur elle-même et soumet son cas à l’examen d’un directeur spirituel ; c’est une âme sûre de ses voies, qui les expose humblement, mais avec confiance, qui parle et même enseigne à l’occasion. En outre, si les deux relations ont été écrites l’une et l’autre à vive allure, celle de 1654 est néanmoins composée selon un plan tracé d avance, plan qui, dans l’ensemble, a été suivi. Le mémoire de 1633, tel que nous pouvons l’imaginer, puisque nous ne l’avons plus en entier, ne devait pas avoir cette précision de lignes. Là, pas d’harmonie préétablie. Son but, d’ailleurs, n’était pas d’étager les plans successifs de l’itinéraire spirituel que Marie avait parcouru, mais de faire la description, la plus objective et complète

possible, de son intérieur. En fait, à en juger par quelques-uns de ses fragments, il contenait sur la vie de la Vénérable Mère un détail bien plus nombreux et circonstancié que le mémoire de 1654. Cela, non seulement parce qu’il était plus voisin des faits, que le souvenir de Marie en était plus frais, mais parce que ce détail était justement ce qui lui était demandé. Aussi, Dom Claude Martin nous a-t-il dit de ce document, que c’était « une pièce fort exacte. » Chacune des deux Relations s’éclaire donc de sa lumière propre. Plus éditeur de textes, et surtout plus psychologue, Dom Claude Martin ne les eût point confondues.

Encore qu’il s’agisse d’hagiographie, sa méthode ne sera point suivie dans la présente publication. De même, nous devons y renoncer à la méthode préconisée récemment pour les deux Relations, par l’historien du Sentiment religieux en France : « la reproduction intégrale et parallèle de ces deux textes incomparables1. » Nous avons, au surplus, pour la Relation de 1654, un manuscrit qui doit faire l’objet d’une présentation spéciale. Ajoutons que la Relation de 1633 ne peut pas être séparée de son contexte littéraire et historique : les autres écrits spirituels de la série tourangelle.

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Dans son état présent, la Relation de 1633 n’existe plus que démembrée en 86 fragments au cours des 757 pages de la Vie. Exactement, le premier fragment commence à la page 42 et le dernier finit à la page 698.

Voici comment ces fragments se répartissent. Dans le tableau ci-dessous, le premier chiffre de chaque colonne se rapporte au

fragment, le second à la page

de la Vie où il figure 2.

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