Dom Claude Martin, l. c. p
du premier ? Elle l’aurait écrit après 1635 et, sans doute, l’aurait encore adressé au même jésuite. La Relation de 1633 comprendrait donc en fait deux mémoires indépendants l’un de l’autre. Passés tous les deux en la possession des Ursulines de Saint-Denis, ils seraient arrivés sous un titre unique à Dom Claude Martin, qui les reproduisit indistinctement sous la date de 1633. Notons, pour appuyer cette hypothèse, que le mémoire de 1633 n’avait pas à faire le récit détaillé d’une épreuve dont il avait été abondamment parlé dans les entretiens avec le P. de la Haye: c’était seulement sur la période antérieure que ce dernier désirait un supplément d’informations. Le mémoire de 1633 devait, sans doute, s’arrêter en 1631, juste au moment où allait commencer l’épreuve en question. Dans l’imprimé de la Vie, les deux documents sont étroitement rattachés l’un à l’autre. Ce raccordement pourrait bien être ici, comme ailleurs où la preuve est patente, un remaniement de l’éditeur. Quoiqu’il en soit, il faut choisir entre deux difficultés, et ce n’est pas le raccordement fort explicable des textes qui crée la plus forte.
Dans la réédition actuelle, les deux mémoires continueront d'être désignés sous la dénomination traditionnelle de Relation de 1633, ou, Première Relation : le deuxième mémoire sera seulement publié comme supplément ou appendice au premier.
Avec la part de conjectures qu’elle comporte nécessairement, voici la restitution de la Relation de 1633, telle que l’examen des pièces et le travail de classement exposés ci-dessus permettent de la proposer. Dans ce nouveau tableau, le premier chiffre de chaque colonne désigne le numéro d’ordre des fragments dans notre réédition, le second, leur numéro d’ordre dans la Vie, et le troisième, la page de la Vie où ils sont insérés. Les chiffres romains de la quatrième colonne se rapportent aux fragments du Supplément1 2 1.
1. Comme dans le tableau précédent les astériques désignent les fragments d'origine douteuse. A l'occasion, et quand l’affaire en vaudra la peine, leur rattachement à la Première Relation pourra être justifié.
144 LES écrits spirituels de tours
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Quatre fragments du premier tableau ne sont plus représentés dans celui-ci : les fragments 65, 68, 69 et 75. Ce n'étaient que des doublets. C'est ce qui explique que le tableau ne donne plus que 82 fragments au lieu de 86.
La Relation de 1633 ainsi reconstituée devait garder son aspect fragmentaire. Toutefois les extraits ne sont pas restés absolument sans liaison. Les additions de la Vie, d’où ils ont été tirés, étaient là pour leur servir encore de cadre.
Des écrits de sa vénérable Mère, Dom Claude Martin disait en les publiant : « Je serai obligé, en certaines rencontres, d’y donner quelque éclaircissement, tant pour distinguer les différentes sortes d’union, qui se rencontrent dans la contemplation éminente et surnaturelle, que pour aider ceux qui n’auraient pas encore assez d’expérience et de lumière pour pénétrer dans ces hauts secrets de la vie spirituelle1. » Ce que le premier éditeur a cru