‹ Écrits spirituels et historiques (volume 3)Chapitre 38 sur 65 · scene, fameuse e,l c ’ 1C1 . à ia journée du Guichet. Cela pour mettre · texte numérisé non relu

scene, fameuse e,l c ’ 1C1 . à ia journée du Guichet. Cela pour mettre

Zi de pair’la grandeur décrié de .-Incarnation. La ,o.,„ée d„ G.icM ne Int pas une scène d’adieux, mais de séparation (8).

APPENDICE

(i) Les Carmélites occupaient tout près de la Loire, dans le vieux Tours, a proximité de l’ancienne église Saint-Saturnin, l’Hôtel de 1 Ange-Gardien — — maison, dont on voit encore des restes au n° 17 de la rue Banchereau. — Malgré des débuts assez pénibles, les vocations étaient venues : il avait fallu agrandir l’hôtel, puis construire une chapelle, dont la première pierre avait été posée le 29 mars 1616, par la reine-mère, Marie de Médicis. La Mère Anne de Saint- Barthélemy, qui, comme on l’a dit, avait fait la fondation en 1608, avait quitté Tours quelques années après. En 1615-1616, le monastère, déjà florissant, avait eu pour prieure une femme de grand nom, religieuse de grande sainteté, Madeleine du Bois de Fontaine-

Maran, plus connue sous le nom de Madeleine de Saint- Joseph,

une tourangelle, elle aussi, — que l’admiration de ses contemporains gratifia du titre de seconde Thérèse et que les actes de son procès de béatification ont proclamée la propagatrice de l’Ordre des religieuses carmélites déchaussées dans le royaume de France. Malgré tout ce qui pouvait l’attirer de leur côté, Marie ne parle jamais des Carmélites. Elle ne semble pas les avoir connues personnellement. Cela même appuierait l’hypothèse que la famille Guyart, dès les premières années de Marie, peut-être avant 1608, avait quitté Saint-Saturnin pour aller se fixer sur Saint-Pierre-des-Corps, à l’extrémité est de la ville. Du reste, la chapelle provisoire des Carmélites n’avait pas dû attirer beaucoup de monde. Au moment où l’église définitive se bâtissait, Marie se mariait. Apres son veuvage, elle vécut dans la retraite, puis, bientôt, se mit sous la conduite des Feuillants. Désormais, son eglise de prédilection sera 1 oratoire de leur couvent, tout proche de sa paroisse. C’est par la lecture de sainte Thérèse surtout qu’elle s’est fait une idée des Carmélites et de leur existence. En 1622, cependant, leur nom avait rempli toute la cité. Cette annéelà, elles célèbrent solennellement, avec la participation du Corps de Ville, la canonisation de leur sainte Mère. Le Maréchal de S ouvré, gouverneur de la ville, fait tirer le canon, « les grosses pièces d’artillerie, les boètes et les couleuvrines. » Les Carmélites font faire un feu de joie dans 1 île de la Loire, dont la ville fournit le bois. A cette occasion, la réjouissance est générale. Voir: Abrégé chronologique

et historique de la Mairie de Tours, par L. Benoît de la Grandiere. Bibl. de Tours, ms. 1245. (Manuscrit publié par G. et G. Collon. Mém de la Société arch. de Touraine, t. LU, 1925.) Mais quelles qu’aient pu être les réflexions de Marie à ce moment, son petit Claude était en bas âge ; ce n’était pas encore l’heure de penser à le quitter.

(2) Les Ursulines furent établies à Tours, sous 1 épiscopat de Mgr Bertrand d’Eschaux, qui professait pour leur Institut une particulière estime. Installées provisoirement, le 11 août 1622, rue du Cygne, dans un hôtel qui avait servi, au temps de Henri II , de Chambre des comptes, elles faisaient trois ans plus tard, dans ce qu’on appelait le nouvel enclos de la ville, l’acquisition d une maison, la petite Bourdaisière, et d’une propriété donnant sur la rue de Poitou. Cette rue de Poitou — qui devint plus tard la rue des Ursulines, nom qu’elle porte encore aujourd’hui — était justement celle que Marie prenait pour aller a ses affaires. La maison de son père, celle aussi de son beau-frère, se trouvaient sur cette meme rue

ou à proximité. . , . ,,

Le monastère des Ursulines et son enclos ont subsisté jusqu à nos

iours. Ils sont en France l’un des lieux saints chers aux Canadiens- Français, en pèlerinage au pays des ancêtres. Vendus comme biens nationaux sous la Révolution, ils ont fait plus tard partie de la mense épiscopale et ont été affectés au Petit Séminaire diocésain durant tout le XIX^ siècle. En 1907, lors de 1 application de la loi de séparation des Églises et de l’État, ils ont ete de nouv^u confisqués. Il sera encore parlé de ce monastère au cours de la première Relation.

(a) Antoine de Révol (1548-1629), évêque de Dol en Bretagne, de 1604 à 1629, appartenait à une famille originaire du Dauphine. Les liens d’une profonde amitié l’avaient uni à saint François e Sales Son souci le plus constant à Dol fut d’y introduire les Visitan-

dines II y réussit enfin en 1627. . .

Entre 1625 et 1629, les Annales de l’Année sainte de la Visitation

sainte Marie, t. II, (Notice sur la Mère Jeanne Marguerite Chahu, première supérieure de Dol,) complétées par l 'Histoire chronologique

Vdes fondations de tout l’Ordre de la Visitation... (Bibliothèque Mazarme, fondation ^ fondation de Dol), ne nous font connaître

que deux séjours de M. de Ré vol à Pans : l’un, durant 1 hiver 1624- ?625 où il traite avec la Mère Catherine de Beaumont supérieure de la Maison de Paris, de la fondation de Dol ; 1 autre, la fondation faite de décembre 1627 à mai ou juin 1628. Ni V Année sainte, ni YHistiïre chronologique, n’avaient à mentionner tous les de M de Révol. Cependant, vu son âge, et le voyage qu il fit à Nantes en juin et juület 1626, pour y présider la députation du cierge aux

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États de Bretagne, (Cf. Barthélemy Pocquet, Histoire de la Bretagne, La Bretagne province, t. V) on peut croire que le séjour du prélat à Paris, en 1627-1628, fut le dernier qu’il y fit. Il devait mourir en juillet de l’année suivante, 1629, octogénaire. Il n’est guère vraisemblable, en tout cas, que s’il a encore passé l’hiver de 1628-1629 à Paris, il soit cette année-là rentré à Dol, en faisant l’immense crochet de Tours. Le passage de M. de Révol à Tours ne peut se fixer qu'en 1628. A ce moment là, en effet, Dom Raymond de Saint-Bernard s’était enfin prononcé sur la vocation religieuse de Marie. Or, il ne l’a fait qu’assez tard, vu le bas âge de Claude. En 1628, l’enfant avait neuf ans. Marie pouvait penser à prendre sa liberté.

(4) Claude n’était pas d’âge ni d’humeur à se faire une raison, et il devait sentir assez tôt le vide affreux qui s’était fait autour de lui. Marie ne prit pas avec son enfant l’affaire par cet aspect si sublime. Elle y alla plus simplement, plus humainement, comme une mère. On 1 imagine, d apres certaines paroles que la Vie nous a conservées, et qui, celles-là, rendent un son vrai, expliquant à Claude les prépaiatifs dont il commençait à s inquiéter, essayant de le rassurer sur leur séparation : un changement de maison, en somme, puisqu’elle restait dans la même rue. Tout cela entremêlé de conseils... et de sourires, qui consolaient 1 affliction de l’enfant. Est-il naturel aussi, comme l’a observé M. Bremond, que Marie ait, à cette heure-là’ demandé un consentement en forme et qu’elle se soit justifié à elle-même sa conduite par le oui évasif et un peu extorqué de Claude ? Mais elle aura dit, avec un enjouement un peu forcé : Vous le voyez bien, je ne vous quitte pas. Vous pourrez venir me voir, quand vous voudrez. Nous serons porte à porte. Je prierai beaucoup pour vous le bon Dieu, beaucoup plus que si j’étais restée ici. Alors vous voulez bien que j’entre au couvent. Dites-moi que vous le voulez bien ? Dites-moi . oui. Et Claude aura dit : oui, de la tête, au moins, mais le cœur gro.s, tout de même. Sur ce consentement, Marie ne pouvait se tromper. Surtout, tenons pour certain quelle ne l’a pas arraché par surprise, et par l’essai d’intimidation que la Vie rapporte. Plus tard, Dom Claude Martin, assistant du Supérieur général de Saint-Maur, un peu lourd par tempérament, et solennel par fonction, se sera bien souvenu de cette scène, mais il aura laissé le souci d édification en altérer les éléments. Les hagiographes ont, de tout temps, pris de ces libertés. Erreur ! La scène de 1631, telle que nous l’entrevoyons, est beaucoup plus émouvante pour nous, dans sa simplicité. Marie y fut beaucoup plus grande. Son sens maternel lui suggéra, à ses dépens, les paroles et le sourire qu’il fallait à son pauvre petit orphelin. Marie est ici aussi touchante qu’admirable.

(5) On ne saurait assimüer le cas de Marie à ceux d’autres mères qui, dans le même temps, se séparèrent aussi de leur famille, mais

dont la vocation religieuse ne datait cependant pas du lendemain de leur veuvage. Celles-ci ne devaient quitter leurs enfants qu une fois en âge, et déjà établis ou sur le point de l’être. Ainsi, la BSl Jeanne de Lestonnac, fondatrice de la Compagnie Marie Notre-Dame, et la Bse Louise de Marillac, fondatrice des Filles de la Charité. Pour ces mères et pour leurs enfants, la partie allait être égale ou presque. Elles n’eurent pas, au même degré que Marie, à préparer 1 avenir de longue date et à se mortifier, dès le début, par le sevrage des marques sensibles de leur tendresse maternelle, en vue de la séparation. Elles ont un jour quitté leurs enfants, Marie seule a abandonne le sien. De très bonne heure — Claude n’avait pas encore un an elle s’est trouvée face à face avec la pensée de cet abandon, bien des années avant qu’il fût grand garçon, et surtout homme fait. Des ce moment, elle prit la résolution inouïe de lui préparer une detense contre elle-même, et de lui affermir le cœur. Certes, elle 1 entoura de la plus tendre sollicitude ; mais c'était, volontairement, une affection sans caresses, et, en apparence, plutôt celle dune parente que d’une mère. L’enfant, nous le verrons, ne s est point trompe sur le sens de l’amour qui lui était porté, et Marie setonnera naïvement de lui inspirer tant d’affection. Preuve que Claude se sentait près d’elle profondément aimé et qu’elle fut, seule, la victime de son industrieuse prévoyance: une prévoyance que son cœur ui avait dictée ! Même avec la singularité de sa resolution, Marie demeure pour nous, une mère au grand cœur.

(6) Marie laissait son enfant sans appui, ni famille, ni ressources, pour suivre ce qu’elle croyait être l’appel de Dieu. Des moralistes n’ont pas manqué de soumettre à leur examen une pareille decision. Nous n’avons pas à insister sur les intentions connues de Marie, toutes surnaturelles, ni sur son héroïsme. Tout ce a reste compatible avec l’illusion et même la présomption. En fait, la moralité de son acte dépend de toutes les circonstances immédiates de cet acte meme, et particulièrement de l’obéissance de Marie à ses directeurs. Si on cherche une apologie décisive de sa conduite, elle est dans la mise en ligne de toutes les autorités religieuses, qui, sollicitées par elle de l’éclairer sont alors intervenues pour la rassurer, l approuver et l encourager ’ dans son dessein. Dom Raymond de Samt-Bernard pouvait lui répondre qu’elle n’obéissait pas à un enthousiasme aveugle Ce n’est qu’après une étude approfondie qu’il s est prononce et au moment de^e faire, il n’avait plus personnellement d interet a la chose puisque Marie venait de renoncer aux Feuillantines. Mais ü ne fut pas R seul. Comme lui, le Général des Feuillants, qui Doû Dom Jean de Saint-François ou Dom Charles de Saint-Paul. M de Révol l’évêque de Dol, les supérieurs ecclésiastiques des Ursuhnes et enfin sans doute, le sage Dom Eustache de Saint-Paul, que Marie avait consulté quelque temps auparavant sur sa vie intérieure,

ont été affirmatifs. Nulle part, on n’entrevoit d’opposition. Il en sera de même plus tard — pour le dire en passant — quand la question se posera de nouveau, lors du départ pour le Canada. Les Ursulines, elles aussi, que le cas intéressait doublement, puisque Marie devait, en outre, entrer chez elles, sans dot, n’ont pas élevé la moindre objection. Enfin, l’Archevêque de Tours, prélat d’une certaine intransigeance, si l’on en croit sa réputation, et sans qui l’on ne pouvait rien conclure, a donné son consentement de grand cœur. Pour un parti aussi extraordinaire que celui-là, la prudence humaine n’avait pas été négligée et toutes ses voix avaient fait une même réponse.

(7) La seconde Relation nous apprend que l'Archevêque de Tours avait voulu voir Marie avant son entrée aux Ursulines et lui donner sa bénédiction.

L’archevêque de Tours était alors, depuis 1617, Bertrand d’Eschaux. D’une vieille famille de la Bigorre, Bertrand d'Eschaux, né en 1556, était parent d’Henri IV et de Louis XIII. A Bayonne, dont il avait d’abord été évêque, il s’était distingué par son zèle à ramener les réformés à l’Église. Il y avait aussi protégé Jansénius et Jean du Vergier de Hauranne, le futur abbé de Saint-Cyran, encore jeunes étudiants l’un et l’autre. Une intrigue l’éloigna du cardinalat. Après cette disgrâce, il se consacra tout entier à son diocèse. La chronique rimée des archevêques de Tours le loue de sa libéralité pour les pauvres. Cf. Histoire des Illustrissimes Archevêques de Tours, par Ollivier Cherreau, Tourangeau, M DC LIV. C’est sous son épiscopat que la renaissance religieuse prit son essor définitif à Tours ; il se dévoua à en favoriser les progrès. De 1617 à 1641, date de sa mort, les Ursulines, les Visitandines, les Capucines, les Filles du Calvaire s’établirent dans la cité. Les Ursulines fondèrent même dans le diocèse, à Loches, à Amboise, à Montrichard, d’autres maisons. Grâce à sa bienveillance, les Jésuites, après plusieurs insuccès, ouvraient enfin à Tours, en 1637, leur collège. En 1630, âgé et paralytique, il se fit nommer un coadjuteur dans la personne de Victor le Bouthillier, l’oncle du futur abbé de Rancé. Bertrand, d’Eschaux sera, avec François de Harlay â Rouen, le premier des évêques de France à donner à des religieuses une obédience pour les missions du Canada.

(8) Le 25 septembre 1609, à l’abbaye de Port-Royal des Champs, la Mère Angélique Arnauld, commençait sa réforme par un coup d’éclat, refusant d’ouvrir la porte de clôture à sa famille et ne consentant à la recevoir qu’à la grille du parloir. Devant la colère et la poignante émotion de son père, elle tombait en pâmoison, mais ne cédait point. Cette journée du 25 septembre 1609, « on la baptisa solennellement dans les fastes de Port-Royal — écrit

Sainte-Beuve — la Journée du Guichet, comme on dit dans 1 histoire de France, la Journée des Barricades, la Journée des Dupes ». Mais il n’y a pas que les amis de Port-Royal qui se soient pris d’enthousiasme pour cette «mémorable » Journée du Guichet, si pleine effectivement de conséquences. «Sans ce qu’on appelle la Journée > des , Dupes, continue Sainte-Beuve, Richelieu ne triomphait pas et c’en était fait du futur équilibre de l’Europe : sans notre Journée du Guichet, cette réforme (celle que projetait la Mère Angélique), depuis si fameuse et si fertile, avortait en naissant, et il n y avait pas de Port-Royal, c’est-à-dire, il n’y avait pas quelque chose dans le monde et dans le XVIIe siècle, de tout aussi important que Richelieu. » Port-Royal, Liv. I, c. v. L’historien exagère. Il y aurait eu la Visitation que l’annee suivante 1610, Madame de Chantal allait fonder, en passant pardessus le corps de son fils ; il y aurait eu les œuvres de M. Vincent, et toute cette floraison d’âmes contemplatives et d instituts religieux qui remplirent la première moitié de notre XVIIe siècle français. Port-Royal n’est qu’un cas isolé, et non le plus intéressant de tous. Les auteurs de la réédition documentaire du Port-Royal de Sainte Beuve, remarquent avec une sage modération, au sujet de la fameuse Tournée: «Beaucoup de vocations monastiques ont nécessite par leur principe même des sacrifices et des événements dont la J ournee du Guichet est une assez faible illustration.» Cf.: C.-A Saine Beuve Port-Royal, Liv. I, p. 76, Origines et renaissance de Port- Royal. Édition R.-L. Doyon et C. Marchesné. 1926.

La scène des adieux de Marie à son enfant n’a pas eu dans notre histoire et dans notre littérature le retentissement de la Journée du Guichet; mais dans les fastes de la Nouvelle-France, elle peut et doit être inscrite parmi les quelques très grandes dates de la préparation providentielle de l’Église et de la patrie canadiennes Sans la force d’âme que cette scène silencieuse nous revele, 1} n y aurait pas eu de Marie de l’Incarnation, ni huit ans plus tard de départ d’Ursulines pour le Canada. La Nouvelle-France aurait ete pnvee de l'une de ses Mères spirituelles, la plus héroïque de toutes. L histo r de Québec, son histoire religieuse et civile au XVII et au X\ siècles en eussent peut-être pris un autre tour. Il lui eut manque, en tout cas son plus noble fleuron. Et cela fait peut-etre de cette matinée du 25 janvier 1631, à la porte des Ursulines, où les corps demeurèrent droits comme les âmes, ou tout fut simple et se avec... un sourire, un événement de plus haute portée que la trop

célèbre Journée du Guichet.

Après cela les réflexions qui suivent de Sainte Beuve sont parfaitement justes et il n’y a qu’à les étendre, par delà la personnalité de la Mère Angélique, aux autres héroïnes religieuses de la génération de Louis XIII, dignes aussi de les avoir inspirées. En les lisant, on pourra penser d’abord à Marie de l’Incarnation. Son cas, plus quePcelui dhiucune autre de ses émules, semble les appeler . « Que

si l’on envisage le côté pathétique et profond, la valeur morale de cette scène, la grandeur et la sincérité des sentiments en présence, ce combat de la nature et de la grâce, et le triomphe de celle-ci, il me semble qu’il y a lieu de sortir du privé et du domestique, de ce qui n’est que du cloître..., d’en sortir ou plutôt de s’en emparer librement, pour embrasser le fond même et la source, pour se porter à toute la hauteur des plus dignes comparaisons. ...Le Polyeucte de Corneille n’est pas plus beau à tous égards que cette circonstance réelle... et il n’émane pas d’une inspiration différente. C’est le même combat, c’est le même triomphe ; si Polyeucte émeut et transporte, c’est que quelque chose de tel était et demeure possible encore à la nature humaine secourue. Je dis plus : si Polyeucte a été possible en son temps au génie de Corneille, c’est que quelque chose existait encore à l’entour, (que Corneille le sût ou non) qui égalait et reproduisait les mêmes miracles. » Op. cit., pp. 76 et 77. Mais, cette comparaison même, pourtant si noble, est-elle adéquate ici ? L’histoire vraie, dans sa simplicité, n’est-elle pas plus dramatique que la fiction portée à la scène, et Marie de l’Incarnation, la mère abandonnant son petit enfant, ne dépasse-t-elle pas tous les héroïsmes que la grande âme de Corneille a conçus ?

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