‹ Écrits spirituels et historiques (volume 3)Chapitre 49 sur 65 · Année 1627 ou 1628 ou années du noviciat · texte numérisé non relu

Année 1627 ou 1628 ou années du noviciat

ment en lni-même, me charmant par des retours redoublés, sans cesser de me caresser, que mon âme semblait le vouloir contraindre de rompre les liens qui la tenaient attachée à la nature corruptible, dont elle a plus d'horreur que de l'enfer, à cause de ses malices. Mais, au même temps qu’elle faisait ses instances d'amour, l'Amour la changeait pour ne vouloir ni vie ni mort, mais, cédant en toutes choses aux volontés de celui à qui elle est toute, elle s'offrait de supporter la vie en patience jusques au jour du Jugement, s’il en devait être davantage glorifié, bien qu’en tout ce temps, elle ne fît autre chose que d’apprendre à quelque petite âme à servir la très sainte Vierge. Les effets qui se sont ensuivis de ce transport ont été grands, mais je me réserve à vous les dire.

Sur l'état sublime de l’ame parvenue a l’union

TRANSFORMANTE.

Vie, p. 154.]

L’âme 1 étant parvenue à cet état, il lui importe fort peu d’être dans l’embarras des affaires ou dans le repos de la solitude. Tout lui est égal, parce que tout ce qui la touche, tout ce qui l’environne, tout ce qui lui frappe les sens, n’empêche point la jouissance de l’amour actuel. Dans la conversation et parmi le bruit du monde, elle est en solitude dans le cabinet de l’Époux, c’est-à-dire, dans son propre fond, où elle le caresse et l’entretient sans que rien puisse troubler ce divin commerce. Il ne s’entend là aucun bruit. Tout est dans le repos, et je ne puis dire si, l’âme étant ainsi possédée, il lui serait possible de se délivrer de ce qu’elle souffre, car alors, il semble qu’elle n’ait aucun pouvoir d’agir, ni même de vouloir, non plus que si elle n’avait point de libre arbitre. Il semble que l’Amour se soit emparé de tout,

1. Année 1628. Dernière phase de l’itinéraire mystique de Marie de l’Incarnation. Voir dans la première Relation le fragment 52.

LETTRES DE CONSCIENCE

lorsqu’elle lui en a fait la donation par acquiescement dans la partie supérieure de l’esprit, où ce Dieu d’amour s’est donné à elle, et elle réciproquement à Dieu. Elle voit seulement ce que Dieu veut et que Dieu la veut en cet état. Elle est comme un ciel, dans lequel elle jouit de Dieu, et il lui serait impossible d’exprimer ce qui se passe là-dedans. C’est un concert et une harmonie qui ne peut être goûtée ni entendue que de ceux qui en ont l’expérience et qui en jouissent. Il faut que ce secret soit réservé ; aussi surpasse-t-il toute expression, et tout ce qui s’en dit semble bas et défectueux, en comparaison de ce qui en est. Le corps même, n’étant pas capable de si grandes choses, succombe, lorsque de l’esprit on les veut faire passer par les sens pour les faire connaître au dehors, ainsi qu’elle l’expérimente, lorsque pensant lâcher une parole et commençant quelque discours sur ce qu’elle ressent dans l’intérieur, l’esprit attire aussitôt tout à soi ; il fait mourir les sens et, rappelant l’âme à son union, il l’absorbe dans des plaisirs et dans des charmes qui surpassent tout ce que l’esprit humain se peut imaginer. Elle est si élevée au-dessus des créatures, que tout ce qu’il y a de riche et d’éclatant dans le monde ne lui paraît que comme un petit point et comme une poussière méprisable ; et bien qu’elle soit d’une condition assez basse \ la grandeur néanmoins où elle se voit élevée fait qu’elle s’estime plus heureuse que tout ce qui se peut imaginer de grand et de pompeux sous le ciel. Dieu n’a point acception des âmes. C’est lui qui les fait ce qu’elles sont. Il y en a qu’il se plaît d’élever du fumier sur le trône, et cela ne le déshonore point, mais plutôt c’est sa gloire. Je suis contrainte de me taire, car je ne crois pas que toutes les langues des Anges et des hommes unies ensemble puissent jamais expliquer ce qui se passe en cette sublime communication 1 2.

1. Allusion à ses origines familiales. Pat les termes mêmes qu elle emploie, Marie donne bien à entendre que sa famille ne se confondait pas avec le peuple. Voir plus haut l’Introduction générale, p 17.

2. Il ne se peut rien dire de plus solide, ni qui explique mieux la nature et les circonstances de ce suprême état de la vie spirituelle (1 union transformante) . Il y a

Vie, p. 424.] Elle était entrée si avant dans les intérêts de la pureté de Dieu contre elle-même, que quand il lui refusait ses grâces et ses

dons, elle en avait de la joie et l’en remerciait* 1 . Ce n’est pas qu’elle

ne fît beaucoup d’estime des dons de Dieu, mais elle voulait témoigner qu’elle aimait mieux n’en point avoir.que d’en avoir et de s’y attacher par quelque goût ou par quelque complaisance. Si Dieu ouvrait sa main pour l’en enrichir — ce qu’il faisait avec une effusion toute libérale et proportionnée au sujet qui les recevait — c’était comme s’il ne lui en eût point donné du tout, parce que sans y avoir égard et sans s’y arrêter, elle se jetait à la source, hors de laquelle tous les dons ne lui étaient rien, et de la sorte les grâces de Dieu se conservaient dans leur pureté. Ce qu’elle faisait, elle le conseillait aux personnes spirituelles, car son père directeur, qui était alors assez éloigné d’elle, lui ayant écrit que Dieu lui communiquait un don de larmes qui causait en son âme une consolation toute céleste, mais qu’il ne voulait point s’y attacher, de crainte que l’amour-propre ne l’empêchât d’aller purement à Dieu, elle approuva sa conduite, et lui fit cette réponse pleine de bon sens et d'instruction.

Marie représente [ à son directeur ] avec une respectueuse liberté que pour parvenir à une parfaite nudité d’esprit, il ne se faut point attacher aux dons de Dieu, particulièrement à celui des larmes.

[Mon Révérend Père,] 2 Vie, p. 424.]

Je crois que Notre-Seigneur 3 vous veut conduire par la voie d’un grand dénuement, et je suis extrêmement consolée de la disposition intérieure où il vous met touchant les larmes 4 ; car bien que ce soit un don,

un si grand sens dans ce peu de paroles .. qu’il se trouve des mystiques qui on font des livres entiers. Vie, p. 155.

Dans tout ce fragment, Marie parle généralement d’elle comme d'une tierce personne.

1. Voir Relation de 1633, fragment 31. 2. Année incertaine. Mais cette let¬

tre est probablement antérieure à l’entrée de Marie aux Ursulines. Elle est

reproduite dans les Lettres imprimées. Voir : Lettre II, p. 2. Le sommaire est

de Dom Claude Martin. 3. L : que Dieu. 4. L : le don des.

LETTRES DE CONSCIENCE

si est-ce pourtant que la nature s’y peut prendre, en tant que cela lui plaît en quelque façon 1. Or l’esprit épuré de toutes choses, sans s’arrêter aux dons, s’élance 2 en Dieu par un certain transport qui ne lui permet pas de s’arrêter 3 à ce qui est moindre que cet Objet pour lequel il a été créé, et c’est en cela que consiste la parfaite 4 nudité. Une fois que j’étais bien fort5 unie à cette divine Majesté, lui offrant, ainsi que je crois, quelques âmes qui s’étaient recommandées à mes froides prières, cette parole intérieure me fut dite : « Apportemoi des vaisseaux vides. » Je reconnus qu’elle voulait parler des âmes vides de toutes choses qui, comme saint Paul, courent sans cesse 6 au but afin d’y arriver, et que c’est dans ces âmes-là que Dieu réside 7 volontiers, et qu’il prend plaisir de se familiariser. Et quand il nous dit : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Matth. V, 48), il nous instruit que 8, comme il est un et éloigné de la matière, ainsi il veut que les âmes qu’il a choisies pour arriver à une haute perfection soient unes, c’est-a-dire, dépouillées de toutes choses, et de l’affection même de ses dons 9, afin qu’étant attachées à lui seul, elles soient faites un même esprit avec lui et qu’elles puissent dire avec le Prophète : J’ai vu la fin de toute consommation (Ps. 118, 99), c’està-dire, de l’anéantissement de toutes nos propriétés et attaches par lesquelles la nature pourrait prendre quelque part aux dons de Dieu, et les souiller parade certaines appropriations, attributions attaches a ces choses-là, qui enfin amusent l’âme, et s’il faut ainsi parler, appesantissent ses ailes pour l’empêcher de voler si haut. Je bénis notre Bien-facteur de ce que son amour

1 l remanient et paraphrasent : la nature néanmoins s'.y peut prendre, parce que.

ces sortes de larmes délectent en quelque façon, en ce qu’elles sortent . d’un cœur pique dans la vue d’un Dieu offensé et aimé. 2. L: un esprit épuré de toutes choses

ne s’arrête pas aux dons, mais il s’élance. 3 ■ L : de s’attacher. 4. L . a vraie.

- L : fortement. 6. L : sans relâche et sans empêchement. 7. L : fait sa

demeure. 8. L : ne nous instruit-il pas que. g. L : c'est-à-dire, simples,

pures, dégagées de l’affection de toutes choses et même de celle de ses dons. 10. L :

c’est-à-dire: j’ai vu l’anéantissement de toutes les appropriations. 11. L : omet

ces deux mots, qui ne sont vraisemblablement dans la Vie qu’une addition de

Dom Claude Maxtin. 12. V : attentes.

vous ouvre cette voie, à laquelle il est bon de consentir, car c’est une aimable liaison qui rendra l’âme semblable à celui qui l’attire, si elle se rend fidèle. Mais, pardon, pour l’amour de notre cher Jésus, si je suis si téméraire de m’avancer à parler de la sorte 1* *.

Vie, p. 425.] Il semblait que Dieu prît plaisir à l'élever sans cesse et à ne point mettre de bornes à la pureté qu’il désirait d’elle. Et elle a été si fidèle à seconder ses desseins, qu’à moins d’être un esprit entièrement dégagé de la matière, il serait difficile de trouver une âme plus pure et plus éloignée des défauts qui peuvent tant soit peu ternir la beauté de l’intérieur. Car, quand je dis qu’elle était si jalouse des intérêts de la pureté de Dieu et si zélée pour mettre la sienne propre à couvert des plus légères impuretés, je ne veux pas seulement parler de ces défauts qui sont évidemment péchés, mais encore de tous les sentiments et de toutes les inclinations qui n’étaient pas tout à fait de Dieu.

En voici des exemples assez remarquables. Dieu l’ayant affligée par des abandonnements sensibles des plus extrêmes, sans néanmoins que son union intime et ses familiarités ordinaires fussent interrompues, les sentiments de la partie inférieure qui souffraient le plus cherchaient à se soulager par des consolations sensibles ; mais son esprit, qui veillait toujours sur soi-même, découvrit aussitôt cette ruse de l’amour-propre, et elle entra tellement dans le dessein de Dieu, qu’elle en évitait les occasions avec une très grande fidélité, ne voulant ni consolation ni soulagement qui vînt d’une autre source que de Dieu, et qui fût le moins du monde contraire à la pureté de son union. Elle était fort exacte à découvrir à sa supérieure la disposition de son intérieur, suivant l’usage des religions bien réglées, d’où elle retirait un grand soulagement, selon la bénédiction que Dieu donne ordinairement à cette pratique. Mais, s’étant aperçue que l'amour-propre se portait à découvrir ses peines à cause de la consolation qu’il en recevait, elle retrancha cette impureté si délicate et si imperceptible, demeurant quelque temps sans parler de ses peines à sa supérieure, lorsqu’elle l’entretenait de son intérieur, parce que ce qu’elle souffrait n’était pas une tentation où il y eût du péril.

1. L ajoutent : à celui que Dieu m’a donné pour père et pour maître, et de qui, par conséquent , je dois être la très obéissante plie et la très humble servante.

* Dans cette lettre se vérifie la remarque de la Vie, que Dom Raymond de Saint-Bernard, malgré les épreuves auxquelles il soumettait sa pénitente, en était vite venu à la considérer comme son maître dans les voies spirituelles.

LETTRES DE CONSCIENCE 365

mais une affliction que Dieu voulait qu elle souffrit dans sa pureté, et sans aucun mélange de consolation1.

C’est une chose bien remarquable qu’il n’y avait qu une seule chose dans le monde d’où elle tirât quelque satisfaction, c était cette déclaration qu’elle faisait de son intérieur à sa supérieure, et neanmoins, par l’amour qu’elle portait à la pureté, elle s’en privait, afin de demeurer entièrement sans plaisir et sans consolation. Il semble, certes, que ces paroles du Prophète n’aient ete écrites que pour elle . Le Roi sera jaloux de vous rendre toute belle et toute pure. (Ps. XLIV, 12.) Car, il ne me serait pas facile de dire combien Dieu s est montre exact à éloigner de son âme tout ce qui ne lui était pas entièrement agréable, ni avec combien de fidélité elle s est rendue souple à son opération divine. Elle le dit elle-même dans une lettre où elle rend compte à son directeur de ses dispositions intérieures.

Lettres, p. 5.]

Marie se plaint d’une manière respectueuse [ à son directeur ] de ce qu’il semblait la vouloir priver de sa direction. D où elle prend occasion de lui dire jusqu’à quel point Dieu mortifiait ses inclinations propres, quoique innocentes, pour l’élever à la parfaite pureté de l’âme.

Mon très Révérend Père, Votre sainte bénédiction ,

L’on m’avait fait espérer qu’à la fin de votre chapitre, vous viendriez faire un tour en cette ville. Mais me voyant privée de cette consolation, je me suis résolue de vous dire par écrit ce que je m’étais disposée de vous déclarer de vive voix, si pourtant vous eussiez voulu m e-

j Voir : la première Relation. Supplément , fragment 4- 2 Voir Lettres, p. 5 ; lettre IV. Le sommaire est de Dom Claude Martin.

La date est incertaine. Mais si le chapitre dont il est parle au début meme de la lettre désigne le chapitre triennal des Feuillants, ce qui est a croire, ce ne pourrait être que le chapitre de 1631 ou celui de 1634. Les allusions que Marie fait aux directeurs d’occasion, auxquels l’absence prolongée d®h Raymond l’a obligée de recourir, nous font pencher pour 1634. Le chap géniral des Feuillants se tint cette année-là, aux confins de la Touraine à Celle en Berry (Selles-sur-Cher). Cf. Histoire... de l’Abbaye royale de N. D. de en Berry Archives départementales du Loir-et-Cher, Sene H et B. M ., ms 1760 Dom Raymond de Saint-Beinard, prieur de Feuillant depuis 1631, y fut élu prieur du monastère royal de Paris. Tours était sur son chemin.

coûter. J’ajoute cette condition, n’osant plus me rien promettre de votre part. Car, je vous dirai, mon Révérend Père, dans la candeur avec laquelle j’ai coutume d’agir envers vous, que j’ai été fort surprise du procédé dont vous avez usé envers celle qui, depuis le premier jour qu’elle a eu l’honneur de votre connaissance et de votre direction, a été très fidèle à vos avis. Il n’y a que Dieu qui sache l’estime qu’elle en a faite, et s’il est arrivé quelque rencontre où j’aie été obligée de communiquer avec d’autres, ç’a été à cause de votre absence et dans une très grande nécessité. J’avais donc cru, et je m’y étais disposée, ainsi que quelques autres ont fait, que je vous rendrais compte, dans la dernière visite que vous avez faite ici, de tout ce qui m’était arrivé depuis votre départ. Mais votre abord si froid envers moi seule me ferma la bouche, outre le commandement que vous me fîtes par deux ou trois fois de me retirer, après vous avoir dit deux ou trois mots. Le respect que je vous dois ne me permit pas de vous résister, mais je vous obéis avec la même soumission que j’ai toujours fait dans les choses qui m’ont été les plus agréables. Il est vrai que je me trouvai comme congédiée, de sorte qu’encore que vous fussiez demeuré ici près de trois mois, je n’eus pas l’assurance de vous demander. Je ne sais si c’est le mauvais usage que j’ai fait de vos conseils qui me cause cette privation.

Vie, p. 426.]

Si Dieu me veut soustraire cette consolation, je plie sous son châtiment — je ne puis nommer cela autrement — je l’aimais trop, et il me l’ôte, ainsi qu’il fait toute autre chose où je me pourrais satisfaire h Bien que j’agrée toutes ses dispositions, elles me coûtent, d’autant que je vis, ou plutôt je meurs d’une mort si longue et si

1. L : Si cela est, j’adore la justice de Dieu et je plie sous son châtiment, car je ne puis donner un autre nom à cette privation. Peut-être aussi que j’affectionnais trop votre conduite et qu'il me l’a voulu ôter, ainsi qu’il fait toutes choses dans lesquelles je.

LETTRES DE CONSCIENCE

sensible, si forte et si dure 1 à la partie inférieure, que j’ose vous dire 2 avec vérité, que j’expérimente généralement la soustraction de tout ce qui me peut donner quelque contentement 3, de sorte que je ne me puis voir que comme une étrangère, ou plutôt comme une personne à qui l’on ôte tout 4.

Souvenez-vous 5 de cette lumière que Notre-Seigneur me donna au commencement de ma conversion, savoir, que j’avais 6 toutes les choses créées derrière moi, et que je courais nue à sa divine Majesté. Cela se fait tous les jours aux dépens de mes sentiments. Je pensais dès ce temps-là que ce fût fait, parce que j avais 7 toutes choses sous les pieds. Mais, hélas ! je ne connaissais 8 pas encore ce qui était en moi de superflu, et c’est ce que le divin Jésus ôte tous les jours 9. Ce n’est pas tout. Il me fit voir une âme nue et vide de tout atome d’imperfection, et il m’enseigna que pour aller à lui, il me fallait ainsi être toute pure. Comme il m’unissait à lui si fortement 10, je pensais qu’en vertu de sa divine union il me rendait 11 telle qu’il me l’avait fait connaître, qu’il 12 ne m’en coûterait pas davantage, et que j’aurais le tout à un si bon marché 13. Mais l’amour m’aveuglait et m’empêchait de voir ce que j’avais à souffrir pour arriver à la parfaite nudité 14. Mais il faut que je vous avoue 15, que plus je m approche de Dieu, plus je connais que j’ai encore quelque chose 16 qui me nuit et qu’il me faut ôter. Quand je vois 17 l’importance de cette admirable vertu, je crie sans cesse à ce divin Époux 18 que, sans pitié, il m’ôte 19 tout ce qui me pourrait nuire. Il le fait donc 20, mais, comme je vous ai dit,

1 L • d’autant que je vis encore, et une mort si longue et si sensible est dure a. 2.

L • Te vous le dis. 3- L : peut me donner quelque satisjaction 4- L para¬

phrasent • comme une étrangère pour qui l’on n'a que de l indifférence ou plutôt

comme une personne dégradée à qui l’on ôte tout. 5- L : vous souvenez-vous

6 L : par laquelle je voyais. 7- L : je voyais. 8. L : voyais 9. L . re¬

tranche continuellement. 10. L : or, comme je lui étais unie très fortement il.

L • rendrait. 12. L : et qu‘. 13- L omettent cette phrase. M- L aJou

tent ■ j’étais bien éloignée du terme que je croyais tout proche. 15. L : car Ie vous

avoue 16. L : plus je vois clair qu’il y a encore quelque chose en moi. 17. x^ .

je considère. 18. L ajoutent : et le conjure. 19. L : d’ôter sans pitié. 20.

L omettent ; donc.

c’est un martyre qui m’est continuel, tant dans l’intérieur que dans l’extérieur, et ce que j’aimais le plus, c’est ce qui me fait souffrir davantage 1. Or, bien que cette disposition soit crucifiante, si est-ce que je ne la voudrais pas changer 2 pour toutes les délices imaginables, parce qu’elle me conduit à mon céleste Époux que je veux 3 par-dessus toutes choses.

Lettres, p. 7.]

Vous plaît-il, mon Révérend Père, lui demander pour moi la grâce et la force de supporter ses rigueurs amoureuses ? Je vous supplie encore d’user en mon endroit de vos sévérités ordinaires. Je les tiens à faveur, parce que je crois que c’est mon Jésus qui vous fait agir, et qui se sert de vous comme d’un instrument de son amour à mon égard. Si ma nature immortifiée m’a fait dire ou penser quelque chose contre le devoir, je vous en demande un très humble pardon. Je vous estime si bon que je me l’ose déjà promettre.

Sur une contemplation très haute de la suprême Hiérarchie des Anges et une union extatique

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