Ibid., Lettre du 19 octobre, 1688, fol
INTRODUCTION GÉNÉRALE
de Nicole, et on peut encore la voir aujourd'hui dans ses papiers à la Bibliothèque Mazarine1. En 1690, faute de matière, la distribution s’arrêta. Tous ces dons procédaient du plus pur esprit de désappropriation. Mais que cette charité, si bien intentionnée, était donc mal ordonnée ! Disons à sa décharge, que Dom Claude Martin ne pouvait prévoir tout le parti que les contemplatifs et les historiens de l’avenir tireraient des écrits de sa mère. Les ouvrages parus, il a considéré qu’ils suffiraient à tout. Il ne partageait point, d’ailleurs, notre culte moderne de l’autographe.
La publication des écrits de Marie de l’Incarnation pose la question de la fidélité des imprimés. Question inévitable quand on réfléchit aux libertés que les éditeurs du XVIIe siècle prenaient avec les manuscrits des auteurs spirituels contemporains. Ici, Dom Claude Martin nous rassure. Il n’aurait rien changé, nous déclare-t-il, ni à l’ordre, ni aux pensées, ni même aux paroles de sa mère, sauf « quelques-unes qui (lui) semblaient moins claires et moins propres pour exprimer sa pensée. » Les autographes de Marie de l’Incarnation retrouvés dernièrement, et dont nous avions déjà le texte imprime, nous permettent de voir ce que vaut cette protestation de fidélité. Dans l’ensemble, avec des réserves qui varient selon les temps et les écrits, il semble bien qu’on puisse la prendre au pied de la lettre. Nulle part, dans les endroits où le contrôle est possible, on ne constate de modifications substantielles. Des interpolations plus ou moins étendues, des coupures maladroites et arbitraires ne constituent pas, en effet, des remaniements de fond appréciables : de ceux, du moins, qui altèrent et déna-