ÉLÉVATIONS
Vie, p. 144.] Si c’était une invention de cet Amour qu’elle nommait son délicieux tyran de récompenser la pénitence par l’amour, en voici une, qui ne vient pas moins de son génie ; car il n’y a rien de si inventif que l’amour divin. On peut dire qu’il est le père des adresses et que c’est lui qui les inspire à ses amants. Ces paroles de l’Apocalypse : Oculi eius tamquam flamma ignis ( Ap ., I, 14), lui étant un jour tombées dans l’esprit et l’ayant fortement occupé, elle se tourna toute vers son Époux, et l’industrie que l’amour lui inspira fut de lui
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adresser ses aspirations en forme de lettre, afin de le fléchir par cette nouvelle manière d’entretien1.
Vie, p. 144.]
A mon très chaste Amour, le sacré Verbe Incarné, dont les yeux sont comme les flammes de feu.
Qu’est ceci, ô mon cher Amour, vos yeux purs et divins sont comme des flammes de feu 2, et 3 ce sont eux qui font tant de blessures dans les cœurs que vous vous êtes assujettis ? O mon adorable Époux, ne guérissez jamais ces plaies 4, mais plutôt augmentez 5 cet heureux martyre par les regards de vos yeux, et par les flammes qui en sortent. Mon cher Amour, que vos impressions sont charmantes quoique crucifiantes ! Oh ! qui pourrait voir ce qui se passe 6 quand on ressent 7 vos ardeurs, celui-là brûlerait des mêmes flammes, ou son cœur serait plein de démons 8. Vos desseins adorables sur les âmes que vous aimez sont de les faire mourir et remourir sans cesse, et tout ensemble 9 vous vous plaisez de 10 les retenir dans la prison de leurs corps, qui est le purgatoire où vous voulez purifier les désirs trop ardents qu’elles ont d’aller se consommer éternellement en vous. O grand abîme de feu ! Le tempérament que vous donnez à cette grande croix, c’est 11 que vous leur ôtez le pouvoir de rien vouloir du tout que 12 leur aimable martyre, et regardant 13 vos desseins 14, elles tiendraient à gloire de leur céder, non seulement pour une heure, mais encore pour toute l’éternité, parce que vous êtes leur Amour 15 très digne d’avoir l’empire sur vos bien-aimés 16,
1 Cette élévation à Jésus-Christ a été reproduite à la tete des Lettres avec ce sommaire de Dom Claude Martin : Que Jésus-C hrist par ses regards allume dans les cœurs le leu de V amour : Oue cet amour est une espece de martyre, et que ce martyre quoique crucifiant ne laisse pas d’etre ddineux.
2 L • vos yeux sont purs et pénétrants comme la flamme du jeu. 3- L : aussi.
, L a mutent : les plaies que vous avez faites dans le mien. 5- E: renforcez.
6. L ajoutent : dans l’âme. 7 ^ - l’°n V- 8' L Paiap£rasent : . ou son
cœur serait plus froid et plus insensible que le marbre. 9- L ■ « pourtanL
T . . ri L • est. 12. L : de rien désirer que. 13- L ■ eUes regardent.
î°' L ajoutent : avec amour et. i5- L omettent ces deux mots. 16. L : sur
ceux qui vous aiment.
et eux 1, très heureux d’être vos captifs et d’être 2 retenus dans vos liens : dans vos liens 3 que j’adore, puisqu’ils ne sont autres que votre Esprit-Saint qui les charme et les enivre en mille manières. O mon suradorable 4 Amour ! Cent fois mon Amour ! Mille fois mon Amour ! Infinité de fois mon Amour 5 ! Il 6 faudrait voir mon cœur à nu pour voir 7 le doux commerce de votre amour et de son agréable captivité. Vous le savez, ô mon grand Dieu ! cela me suffit, et je demeure collée pour jamais 8 à mon grand Amour, le sacré Verbe Incarné, de qui je suis la très humble esclave.
Vie, p. 72.] Depuis (que Notre-Seigneur par une grâce particulière lui eut pris son cœur pour l’enchâsser dans le sien) son cœur demeura éternellement esclave de celui de Jésus, ne le considérant plus comme sien, mais comme appartenant à celui qui l’avait si saintement ravi et anéanti dans le sien. La mémoire de cette grâce lui fut si douce, qu’elle ne pouvait plus penser à sa servitude qu’avec complaisance, et tout ce qui y avait du rapport lui en réveillait aussitôt la pensée et le plaisir. Un jour, méditant sur ces paroles : Ascendens Christus in alturn captivant duxit captivitatem (Psal., 67, 19), elle les appliqua à son esclavage9, et son cœur qui n’était plus son cœur expliqua sa passion par ces paroles :
Vie, p. 72.]
Lorsque le sacré Verbe Incarné m’appellera à soi, me détachant de ce corps, il emmènera la captivité captive , parce que, dès lors qu’il a pris mon cœur et qu’il lui a fait l’honneur de l’enchâsser dans le sien, il a toujours été captif sous les lois de son amour, et quand il m’aura tirée de cette vie, je serai encore éternellement sa captive. Ne dois-je donc pas aimer ma bienheureuse servitude,
1. L : et ils. 2. L : et de se voir. 3. L ajoutent : dis-je. 4. L omettent
cet épithète. 5. L ajoutent : et toujours mon très chaste et suradorable Amour.
6. L ajoutent : ah! il. 7. L : connaître 8. L : pour jamais collée.
g. La première partie de ce préambule figure déjà comme conclusion du
fragment 27 de la Relation de 1633, la Vie ayant rattaché la présente élévation
à ce même fragment.
EXCLAMATIONS ET ÉLÉVATIONS
puisqu’elle m’est glorieuse envers mon bien-aimé Jésus, non seulement pour le temps, mais encore pour l’éternité.
Vie, p. 75.] Si, avant (que Dieu lui eût révélé les secrets de 1 Incarnation de Notre-Seigneur), elle avait un amour si tendre pour (lui), ce fut encore tout autre chose, depuis qu’(il) lui eut (fait cette grâce, et) qu’il lui eut fait voir les trésors infinis qui étaient enfermés dans son âme sainte. Elle ne se pouvait lasser de louer le Père qui lui avait donné son F.ls, ni le Fils qui s était donné soi-même. C est ce qu’elle fit paraître un jour, dans un transport où elle rendait ses reconnaissances à l’un et à l’autre. Car ce passage de 1 Écriture . Dieu est juste et équitable en toutes ses œuvres (Psal.,144, 17), lui étant tombé dans l’esprit, lorsqu’elle pensait à ce mystère adorable, elle s’écria disant :
Vie, p. 76.]
Vos œuvres, ô divine Bonté, sont de faite justice. Mais, que dis-je, justice ? Je ne vois que miséricordes. Appelez-vous justice, ô mon grand Dieu, 1 excessive profusion de tant de grâces et de faveurs ? Il est dit que vous rendez à chacun selon ses œuvres (Matth., 16, 27}- Mais, ô Bonté ineffable, si vous rendiez à ce néant, si vous rendiez à mon âme selon ses œuvres, elle serait déjà dans les enfers. Je ne pensais pas à vous lorsque vous me cherchiez ; et mon cœur se partageait dans les créatures lorsque vous le poursuiviez, afin qu il fût tout à vous. Ce sont là vos œuvres, ô mon grand Dieu ; je n’y vois que des miséricordes, et vous les appelez justices! O secrets adorables ! comment pourrai-je subsister à la vue de vos abîmes ? Il n’y avait donc point de justice. Mais vous m’avez donné votre Fils, sur lequel vous l’avez exercée dans l’étendue de sa rigueur. Il n y avait sur la terre que corruption et misère, nous nous étions faits des vases d’injustice, nous avions corrompu nos voies et souillé vos œuvres. Si donc, vous nous eussiez rendu selon nos œuvres, où serions-nous . Mais, ce doux Amour, le Verbe Incarné, a payé pour nous.
Marie de l'Incarnation.
Et vous, ô mon grand Amour, vous l'avez témoigné, lorsque votre Précurseur ne voulant pas vous baptiser, reconnaissant qui vous étiez, vous avez dit : Ne savezvous pas qu’il est dit de moi que je dois accomplir toute justice? (Matth., 3, 15.) Vous me ravissez, ô mon Sauveur, quand j'entends sortir ces paroles de votre bouche sacrée. Et puisque vous avez payé pour moi, je m’adresserai à vous, et vous parlerai en toute confiance. Mais qui suis-je, ô mon Dieu, et qui êtes-vous ? Pour moi, je ne suis rien, et votre Apôtre dit de vous : En lui habite toute la plénitude de la Divinité (Coloss., 2, 9), comme dans son propre corps. Mais votre grandeur me doit-elle abattre ? Non, ô mon très doux Amour, car vos attraits sont si puissants qu'ils font quitter toute crainte. Je veux donc m’unir à vous, à vous qui êtes mon Amour. Donnez-moi votre esprit. Changez ma vie en votre vie et ce que je suis en ce que vous êtes. Que ce cœur qui est uni au vôtre y demeure anéanti pour jamais 1. Le cœur qui ne vous aime pas ne mérite-t-il pas l’enfer ? Que dis-je, il en mérite plus de mille.
1. Texte souligné ici comme manifestation de la dévotion de Marie de l’Incarnation au Cœur de Jésus.
ENTRETIEN SPIRITUEL SUR L'ÉPOUSE DES CANTIQUES AUX NOVICES DE SAINTE-URSULE DE TOURS.
PRÉFACE
E nouvel écrit spirituel de Marie de l’Incarnation a été publié par Dom Claude Martin, sous le titre de : Exposition succinte du Cantique des Cantiques. Il faisait partie d’un recueil de relations d’oraison de la Vénérable Mère, qui parut en 1682 : les Retraites de la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation, Religieuse Ursuline. Mais aucune dépendance logique ne rattache V Exposition aux Retraites. L’ordre du premier éditeur est dû seulement à des nécessités matérielles de publication.
Nous verrons plus loin, par la Relation de 1654, qu’en 1634, la deuxième année de sa profession, Marie fut donnée comme assistante à la maîtresse des novices. En cette qualité, elle eut à faire aux jeunes sœurs du noviciat, novices proprement dites et professes de première et de seconde année, des instructions sur les mystères de la foi, puis des explications sur les Psaumes et le Cantique des Cantiques.
Des premières, éditées en 1684, sous le titre de : Ecole sainte, nous n’avons rien à dire pour le moment. Les autres sont malheureusement perdues. Ont-elles même jamais existé, au moins en notes ? Dom Claude Martin en doutait : « Je ne sais, disait-il, si (la Mère de l’Incarnation) écrivait ses explications. Il ne s'en est rien trouvé. Peut-être les a-t-elle jetées au feu, comme elle a fait de beaucoup d’autres écrits, quand elle est sortie de Tours pour aller au Canada1.» Ces conférences sur les Psaumes et le Cantique pouvaient bien ne rien avoir du commentaire systématique et tenir seulement de l’entretien de forme très libre où les circonstances fournissaient le sujet et autorisaient toutes les libertés avec le texte. A côté des conférences sur des matières suivies, il y avait place dans l’enseignement de Marie à des causeries familières, mots d’édification, etc. L’improvisation y jouait un grand rôle. L’Écriture sainte — et principalement les Psaumes et le Cantique, ses livres de chevet — y était citée à profusion. On le sait, ce genre ne laisse guère après lui de souvenirs précis. A moins d’une main habile pour les fixer à la volée, les productions en sont éphémères. L'éditeur récent de la Correspondance de saint Vincent de Paul se plaint que des entretiens du saint à ses missionnaires presque rien n’ait été recueilli. Pour les mêmes raisons, aucune des innombrables instructions de Marie de l’Incarnation aux religieuses de Tours et de Québec ne nous a été conservée. La perte est énorme : il s’agit d’une période de près de trente-cinq ans. On en mesurera mieux l’importance si l’on se reporte à ce que 1a. Vie nous dit du succès de ses conférences.
Par nature et par grâce, Marie avait le don de la parole2. « Un torrent de grâces et de lumières, écrit Dom Claude Martin, découlait dans son âme de la source de la Divinité, dans son union continuelle, et du fond de l’Écriture sainte par l’intelligence qui lui en était donnée. » Cette abondance passait dans son discours lui communiquant son feu et son mouvement. Silencieuse par attrait, quand l’obéissance lui commandait de parler, «le
1. Dom Claude Martin. Retraites de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation. Préface.
2. Voir la Vio de la Vénérable Mère Marie dt l’Incarnation, pages 240, et 242, pour les citations de ce paragraphe.
torrent qu’elle retenait en son esprit en sortait avec une impétuosité (irrésistible) et emportait avec une douce violence l’esprit de ceux qui l’écoutaient. » Sous le coup de l’inspiration, « elle s’élevait au-dessus d’elle-même, parce que le zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes se joignant aux talents que la nature lui avait donnés, on n’eût pas dit que c’était une femme qui parlait. » Et « ce qui donnait encore davantage de poids à ses paroles, c’était l’autorité de l’Écriture sainte, dont elle rapportait des passages à la foule, et si a propos qu ils semblaient n avoir été faits que pour le sujet qu’elle traitait. » Les versets du Cantique des Cantiques fleurissaient spontanément ses entretiens. Marie savourait avec prédilection le poème sacré. D’abord, il lui offrait comme l’original sur lequel Dieu avait modelé son propre
itinéraire mystique. Puis, les aspirations brûlantes de 1 Epouse lui fournissaient les expressions toutes naturelles de son colloque intime avec Dieu. Sur ses lèvres, les versets, pourtant si familiers à ses auditrices, devaient paraître des créations nouvelles. Elle leur découvrait des sens imprévus, touchants, dont la vérité eût plus ému encore, si l'on avait su y voir ce qu ils étaient
en effet des confidences à peine voilées sur sa vie intérieure,
car « son âme, ayant l’expérience des secrets qui y sont cachés, il lui était facile de les développer et de les mettre dans tout leur jour. » Sincérité, grâces persuasives mais sans, mièvrerie, force pénétrée d’onction, foi communicative, feu d’amour qui soulève, doctrine solide sous une expression modeste et claire, sens pratique qui contient toutes choses, même les élans, et garde fidèlement le contact avec le réel ; ajoutons — ce que Dom Claude Martin a moins senti, ce qu’il a, en tout cas, trop souvent sacrifié aux exigences du style noble — un goût des franches allures qui ne souffre rien de tendu ni d’artificiel, et qui n’a peur ni des mots ni des tours : c’étaient tous les dons pour plaire, entraîner et éclairer. A Québec, le pays était si dur alors, que les premières compagnes de Marie ne purent être attentives à tout ce qu’il y avait de rare dans cette parole qui se donnait avec tant d’aisance. A leurs yeux, les autres charmes pâlirent devant celui d’un enseignement tout céleste — cette « haute sagesse » dit la Vie — fruit, moins de la science acquise, que du Maître intérieur qui instruit au dedans. A Tours, la douceur relative de l’existence assurait plus de liberté aux esprits. Ils
furent plus sensibles. Fond et forme tout ravit. Ce fut une fête de plusieurs années pour le noviciat. A tel point que les mères anciennes en jalousèrent leurs sœurs plus jeunes ; et plus d’une fois, nous apprend la Vie, en fraude peut-être, elles se mêlèrent à l’auditoire de Marie. Elles aussi « prenaient plaisir à l’entendre et à se nourrir de son esprit. »
C est merveille que de toutes ces instructions de Marie de 1 Incarnation sur le Cantique des Cantiques, une seule nous soit parvenue : j ustement celle qui semble appartenir à la catégorie des entretiens libres. Mais elle forme un ensemble si complet, que c est peut-être à cette particularité qu’elle doit d’avoir survécu. «Cette pièce, écrivait Dom Claude Martin, est complète en ce qu elle contient, et il est évident que ce n’est pas tant un commentaire qu’une espèce d’exhortation, dans laquelle sans suivre l’ordre du texte, (la Mère de l’Incarnation) explique seulement quelques versets qui sont à son dessein. Elle commence par le premiei et finit par le dernier. Et enfin, elle conclut par une morale qui fait assez voir quelle a consommé cette pièce dans une seule action h » Devons-nous même la rattacher au temps où Marie était sous-maitresse des novices ? Il faudrait peut-être remonter trois ou quatre ans plus haut, à l’époque où Marie n’était encore que novice elle-même. Très peu de temps après son entrée a bainte-Ursule, en effet, voyons-nous dans la Relation de 1654, Marie reçut, comme suite à sa troisième vision extatique de la sainte Xrinite, des lumières très élevées sur l’Écriture sainte. Les bontés du divin Époux la transportaient et le Cantique des Cantiques lui remplissait le cœur. «Je ne pouvais me taire, écrit-elle ; et j avais une très grande facilité pour produire mes pensées à mes sœurs qui étaient tout étonnées de m’entendre ainsi parler. Une entre les autres ayant trouvé dans son livre français un passage de l’Épouse des Cantiques, me dit : « Prêchez-nous un peu, sœur Marie ; dites-nous ce que c’est à dire : Qu’il me baise du baiser de la bouche. » Notre maîtresse des novices était présente, laquelle pour me mortifier 2 me fit apporter une chaise.
r. Préface des Retraites.
~. La leçon du manuscrit que nous publierons plus loin porte : fortifier ce qui est plus vraisemblable.
Sans autre cérémonie, je commençai par ce premier mot : Qu’il me baise du baiser de la bouche ! lequel m’emporta dans une suite de discours, en sorte que dès ce mot, 11’étant plus à moi, je parlai fort longtemps selon que l’amoureuse activité me possédait. Enfin, je perdis la parole, comme si l’Esprit de mon Jésus eût voulu le reste pour lui. Je ne me pus cacher en cette rencontre, qui ensuite me donna bien de la confusion, ce qui m’est encore arrivé, par surprise, en d’autres occasions1. » N’aurions-nous pas ici l’entretien même dont la pièce publiée par Dom Claude Martin représenterait pour nous le résumé pris après coup ? Ce n’est qu’une conjecture, mais une conjecture fondée.
Qu'il en soit ainsi, et que cette pièce date des années 1631, 1632 ou qu’elle doive au contraire être reportée aux années 1634, 1636, c’est de toute manière un document considérable, par la conception de la vie religieuse qu’il révèle.
Le titre original est inexact. L’éditeur en a convenu équivalemment : <r Cette pièce, a-t-il observé, n’est pas tant un commentaire qu’une espèce d’exhortation. » Sur plus d’une centaine de versets que compte le Cantique des Cantiques, Marie de l'Incarnation en retient seulement douze, et sur les huit chapitres qui le composent, elle n’en mentionne que cinq2. Ces citations nous mettent loin d’une Exposition et même d’une Exposition succincte du Cantique. Les lecteurs qui s’en rapporteraient au titre de l’imprimé et jugeraient la chose sur le mot, iraient tout droit à une déconvenue.
Dom Claude Martin note encore que dans cet écrit, la Vénérable Mère ne suit pas «l’ordre du texte... Elle explique seulement quelques versets qui sont à son dessein. » Ce dessein, nous croyons le deviner. Les textes choisis ne l’ont pas été uniquement au gré de l’inspiration du moment. Il y a trop de logique dans leur agencement.. Marie a peut-être parlé à l'improviste, mais sur un thème que sa méditation intérieure lui avait rendu familier et dont le poème sacré lui avait déjà fourni l’illustration. L'Epouse des Cantiques, modèle de l’âme religieuse, et très particulièrement