‹ Écrits spirituels et historiquesChapitre 100 sur 239 · LXII. — Madame de la Peltrie au P. Paul Le Jeune · texte numérisé non relu

LXII. — Madame de la Peltrie au P. Paul Le Jeune

RJ 1640 (Q 46-47 ; C XIX, 46-48), fragment.

. Il ne m’est pas possible de laisser passer cette occasion, sans

vous raconter la joie que nos enfants font paraître de ce qu’on leur a accordé la sainte communion pour le Jeudi saint. Vous auriez une consolation bien sensible si vous voyiez avec quelle attention elles écoutent les instructions que le Père Pijart leur fait tous les jours une fois, et notre Mère deux ou trois fois, pour les bien disposer à recevoir un tel Hôte : ce sont des ferveurs qui ne sont pas croyables. Quand on leur demande pourquoi elles ont un si grand désir de communier, elles répondent que Jésus les viendra baiser au cœur et qu’il embellira leurs âmes. Souvent on aperçoit le visage de ma filliole1, Marie Négabamat, dans un épanouissement de joie tout extraordinaire. Si vous lui en demandez le sujet : « C’est, dit-elle, que je communierai bientôt ! » Je vous confesse, mon Révérend Père, que j’ai le cœur tout ravi de les voir dans de si belles dispositions, de sorte que quand il plaira à la divine Providence de me retirer de ce monde, je suis satisfaite, puisque sa divine miséricorde commence à reluire sur nos petites séminaristes et qu’il semble agréer nos petits travaux...

(De Québec, mars 1640.) 2

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