‹ Écrits spirituels et historiquesChapitre 102 sur 239 · Le réduction de Sillery · texte numérisé non relu

Le réduction de Sillery

2. Nous reproduisons tous les passages qui suivent tels que nous les lisons dans RJ, quoique par endroits le P. Le Jeune donne l’impression de substituer sa prose au texte de l’original.

Marie de l’Incarnation

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CORRESPONDANCE

prenaient un plaisir indicible quand on les instruisait sur cet adorable mystère, se rendant extraordinairement attentives. Il semble qu’elles concevaient cette amoureuse vérité par-dessus leur âge, car elles n’ont pas plus de douze ans. Elles voulurent jeûner la veille de leur communion, coutume qu’elles ont gardée depuis, autant de fois qu’elles se sont approchées de la sainte Table.

Comme le P. Pijart instruisait ces trois séminaristes, une des plus petites, âgée d’environ six ans, se présenta, demandant la sainte communion avec les autres. Le Père lui dit qu’elle était trop petite : « Hé ! mon Père, disait-elle, ne me rebutez pas pour être petite ; je deviendrai grande aussi bien que mes compagnes. » On la laissa écouter. Elle retint si bien tout ce qu’on expliquait de cet adorable mystère et en rendait par après si bon compte, qu’elle ravissait ceux qui l'en interrogeaient. On ne lui accorda pas néanmoins cette viande des forts. Sa mère l’étant venue voir pendant ces jours-là, cette enfant se mit à l’instruire des mystères de notre foi, qu’elle expliquait par des images ; elle la fit prier Dieu, et puis lui montrait les lettres alphabétiques dans un livre pour lui témoigner le désir qu’elle avait de savoir lire. Cette bonne femme était si ravie qu’elle faisait l’enfant avec son enfant, proférant les lettres après sa petite fille, comme si elle eût répété sa leçon : « A la mienne volonté, disait-elle aux religieuses, que j’eusse connu Dieu aussitôt que vous ! Je suis extrêmement contente de voir ma fille avec vous autres. Quand nous la retirerons, elle nous instruira, son père et moi ; nous avons tous deux un grand désir d’être baptisés ; elle nous enseignera à prier Dieu »...

(Nos séminaristes) sont fort reconnaissantes de l’amour qu’on leur porte et du bien qu’on leur procure. Voyant certain jour que nous avions de la peine d’apprendre leur langue : « O que volontiers, nous vous donnerions nos langues ! » disaient-elles. Si Madame de la Peltrie les mène en quelque endroit, elles la suivent avec plus d’amour que les enfants ne suivent leur vraie mère...

(De Québec, été 1640.) 3

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