A bon escient, tout de bon
12. Pour entretenir une conversation ; mais déjà elles pouvaient enseigner
CORRESPONDANCE
Adieu, chère Sœur, je crains de vous être ennuyeuse. Je vous embrasse dans le Cœur de notre aimable Jésus, où je vous prie de me regarder souvent, m’offrant à ce même Jésus et le priant qu’il accomplisse en moi ses saintes volontés et me fasse la grâce de vivre et de mourir en son amour. Je ferai toujours le même pour vous, puisque je suis de cœur et d’affection pour le temps et pour l’éternité, Ma très honorée Sœur,
Votre très humble et très affectionnée sœur et servante en Notre- Seigneur.
Sr. Anne de Ste-Claire 13.
Du Séminaire de St- Joseph, aux Ursulines de Québec, ce 2 septembre 1640 14.
les Sauvagesses. Puis, au rapport de Le Jeune, Français et Sauvages se servaient dans leurs relations courantes, d’un « baragouin » qui n’était ni d’une langue ni d’une autre, mais que tous avaient vite fait d'apprendre. RJ 1633 (Q 8 ; C V, 112-114).
13. Anne Le Bugle de Sainte-Claire avait trente-trois ans, à son entrée dans la Nouvelle-France. Elle appartenait à une famille de bonne bourgeoisie parisienne. Sa mère, demeurée veuve avec plusieurs enfants, s’était remariée à M. Levesque, personnage influent, dont nous ne connaissons que la démarche qu’il fit près de l’Archevêque de Paris, pour arrêter le départ de sa belle-fille. Novice à 21 ans, professe à 23, Anne de Ste-Claire, qui avait dû faire ses vœux en 1630, avait donc déjà dix ans de vie religieuse au moment de son arrivée au Canada. Elle désirait depuis longtemps cette mission. Le refus de sa mère, gravement malade, de la laisser partir, faillit un instant compromettre le succès de son dessein. Mais enfin, le consentement désiré lui fut accordé et elle put prendre le chemin de Dieppe. Durant 38 ans, elle soutint à Québec avec une générosité merveilleuse l’exercice de sa vocation. Elle mourut cinq ans après Marie de l’Incarnation, en 1677.
14. Le P. Ménard avait écrit sur le bateau deux longues lettres : l’une pour la duchesse d’Aiguillon, où il avait consigné jour par jour tous les incidents de la traversée, comme dans un journal de bord ; l’autre, achevée dix lieues avant d’arriver à Tadoussac, pour la supérieure des Ursulines du Couvent du Faubourg Saint-Jacques, et dans laquelle il promettait un complément de récit à son arrivée à Québec. Cette dernière lettre est perdue, comme le mémoire envoyé à la duchesse d’Aiguillon et « la quantité de lettres » que les religieuses durent écrire une fois rendues à destination. La lettre du P. Ménard à la supérieure de Paris, a été insérée dans les Annales manuscrites du Couvent des Ursulines du Faubourg Saint-Jacques et imprimée dans les Chroniques de l’Ordre des Ursulines (Tome I, PP- 385-387)-
DE MARIE DE L’INCARNATION