‹ Écrits spirituels et historiquesChapitre 137 sur 239 · Qui, ce qui · texte numérisé non relu

Qui, ce qui

6. Sur le point d’entrer à Sainte-Ursule, la Vénérable Mère avait reçu de Claude Guyart, sa sœur aînée, au service de qui elle avait passé neuf ans, l’assurance qu’elle prendrait à sa charge les frais de l’éducation et de l’établissement de Claude

Marie de l’Incarnation

CORRESPONDANCE

Lorsque je passai par Paris, il m’était facile de vous placer. La Reine, Mme la duchesse d’Aiguillon et Mme la comtesse de Brienne7, qui me firent l’honneur de me regarder de bon œil, et qui m’ont encore honorée de leurs commandements cette année par leurs lettres 8, ne m’eussent point refusé ce que j’eusse désiré pour vous. (Je remercie9 Mme la duchesse d’Aiguillon du bien qu’elle a voulu vous faire). Mais la pensée qui me vint pour lors fut que si vous étiez avancé dans le monde, votre âme serait en danger de se perdre. De plus, les pensées qui m’avaient autrefois occupé l’esprit, pour ne désirer que la pauvreté d’esprit pour héritage pour vous et pour moi, me firent résoudre de vous laisser une seconde fois entre les mains de la Mère de bonté, me confiant que, puisque j’allais donner ma vie pour le service de son bien- aimé Fils, elle prendrait soin de vous10. Ne l’avezvous pas aussi prise pour Mère et pour Epouse lorsque vous entrâtes dans sa Congrégation, le jour de la Purification11 ? Vous ne pouviez donc attendre d’Elle qu’un bien pareil à celui que vous possédez. C’eût été quelque

Martin ( Écrits II, p. 273). Mais en février 1639, Claude Guyart, fâchée du départ de sa sœur pour le Canada, avait par-devant notaire dénoncé cet engagement. Le jeune homme était donc resté sans appui ( Écrits II, p. 247).

7. « Lorsqu’elle fut arrivée à Paris, la reine voulut la voir. Elle fut aussi visitée de la plupart des dames de la cour, mais principalement de Mme la comtesse de Brienne et de Mme la duchesse d’Aiguillon, nièce de M. le cardinal de Richelieu, laquelle sachant qu’elle avait été mariée et qu’elle avait un fils, s’offrit d’en prendre soin et de le pousser dans le monde » (M p. 12).

8. Lettres détruites dans le premier incendie du monastère, en 1650.

9. V p. 448 : que j’ai remerciée. Variante qui repose sur une faute de lecture ou sur une interprétation erronée du temps de l’original. Comme ses contemporains, Marie de l’Incarnation orthographiait le présent de l’indicatif et le passé défini de la ire conjugaison de la même façon, la seule différence étant que le passé défini portait un accent aigu sur l’e final. Dans l’original, cet accent fait défaut. Nous sommes donc bien en face du présent et non du passé. Il ne s’agit pas des remercîments que la Mère de l’Incarnation offrit à la duchesse d’Aiguillon en 1639, mais de ceux qu’elle lui adressait dans la lettre qu’elle venait de lui écrire pour la faveur qu’elle avait voulu témoigner à Claude.

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