Celle de
17. Depuis la grande illumination du 24 mars 1620 qui avait à tout jamais détaché la Vénérable Mère des biens de ce monde ( Écrits II, pp. 182-187).
CORRESPONDANCE
ce qui me fait espérer que Dieu vous donnera la persévérance. Il ne se passe jour que je ne vous sacrifie à son amour sur le Cœur de son bien-aimé Fils. Plaise à sa bonté que vous soyez un vrai holocauste tout consommé sur ce divin Autel18 !
Il est vrai ce que vous dites, mon très cher fils, j’ai trouvé en Canada tout autrement que j’en pensais, mais en un divers sens que vous n’avez pensé. Les travaux m’y sont doux et si faciles à porter que j’y expérimente ce que dit Notre-Seigneur : Mon joug est doux et mon fardeau léger 19. Je n’ai pas perdu mes peines dans le soin épineux d’une langue étrangère qui m’est maintenant si facile que je n’ai point de peine d’enseigner nos saints mystères à nos néophytes, dont nous avons eu grand nombre cette année : plus de cinquante séminaristes, plus de sept cents visites de Sauvages et Sauvagesses que nous avons tous assistés spirituellement et temporellement. La joie que mon cœur ressent dans le saint emploi que Dieu me donne essuie toutes les fatigues que je peux prendre dans les occasions ordinaires.
Je supplie notre Révérende Mère Françoise de Saint- Bernard de vous envoyer une copie du récit que je lui fais du progrès de notre séminaire 20.
18. Dom Claude Martin, à qui l’on a cru devoir reprocher sa timidité à l’endroit de la dévotion au Sacré-Cœur, reproduit ici littéralement le texte capital de sa mère, alors que partout ailleurs dans tout le cours de cette lettre il n’a hésité devant aucune retouche ou suppression même inutile.